Étiquettes

, , ,

https://s3.reutersmedia.net/resources/r/?m=02&d=20190620&t=2&i=1399787620&r=LYNXNPEF5J0YR-OFRTP&w=1280
Un drone américain a été abattu jeudi près du détroit d’Ormuz par l’Iran qui affirme que l’appareil se situait dans son espace aérien, ce que contestent les Etats-Unis, ravivant les craintes de confrontation directe entre Washington et Téhéran. /Photo d’archives/REUTERS/U.S. Navy

Réagissant à l’incident, le président Donald Trump a condamné sur Twitter la “grave erreur” commise par les Iraniens.

Selon les Gardiens de la Révolution islamique, cités par les agences officielles iraniennes, un “drone espion” a été abattu alors qu’il venait d’entrer dans l’espace aérien iranien dans la province côtière d’Hormozgan, dans le sud du pays, mais les autorités américaines assurent qu’il n’a jamais franchi les frontières aériennes de l’Iran.

Pour le capitaine Bill Urban, porte-parole de la Navy, les “informations selon lesquelles le drone survolait l’Iran sont fausses. (…) Il s’agit d’une attaque injustifiée commise contre un dispositif américain de surveillance dans l’espace aérien international”.

Selon une source de Reuters, des débris du drone ont été retrouvés dans les eaux internationales, ce qui pourrait confirmer la thèse défendue par Washington. Le Pentagone n’a toutefois pas précisé où ces débris ont été découverts.

Etats-Unis et Iran divergent également sur le modèle du drone abattu: l’agence Irna affirme qu’il s’agissait d’un RQ-4 Global Hawk tandis qu’une source américaine dit qu’il s’agissait d’un drone MQ-4C Triton de l’US Navy.

Le MQ-4C Triton a un temps de vol, une altitude et un rayon d’action légèrement inférieurs à ceux du RQ-4 Global Hawk. Tous deux sont construits par Northrop Grumman.

Les Gardiens affirment par ailleurs que le transpondeur du drone avait été coupé “en violation des règles de l’aviation” et qu’il volait furtivement lorsqu’il a été abattu.

Leur commandant en chef, le général Hossein Salami, a adressé une nouvelle mise en garde aux Etats-Unis, et considéré que le sort réservé au drone constituait un “message clair” pour les ennemis de la République islamique.

“Notre espace aérien constitue une ligne rouge et l’Iran répondra avec vigueur, comme il l’a toujours fait, à tout pays qui s’aviserait de le violer”, a abondé le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Shamkhani, cité par l’agence Tasnim.

FLAMBÉE DES COURS DU PÉTROLE

Sur le marché pétrolier, le cours du baril de Brent prenait plus de 3,7% jeudi vers 14h30 GMT à Londres à 64,15 dollars, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagnait plus de 4,6% à 56,26 dollars, au plus haut depuis le 31 mai.

Les craintes d’une confrontation directe entre l’Iran et les Etats-Unis s’étaient déjà accrues la semaine dernière lorsque deux pétroliers ont été attaqués dans le golfe d’Oman, près du détroit d’Ormuz.

Les Etats-Unis accusent les autorités iraniennes d’en être responsables, ce qu’elles nient là encore.

Washington a aussi imputé à Téhéran des attaques qui avaient visé le 12 mai des pétroliers au large des Emirats arabes unis, de l’autre côté du détroit d’Ormuz par lequel transite une part importante des exportations pétrolières mondiales.

Les Etats-Unis ont depuis annoncé l’envoi de renforts militaires dans le Golfe.

L’armée américaine avait déjà accusé Téhéran d’avoir tenté d’abattre un de ses drones la semaine dernière. Elle a aussi reconnu que le mouvement yéménite Houthi, soutenu par l’Iran, en avait abattu un le 6 juin au-dessus du Yémen.

L’Arabie saoudite, qui conduit au Yémen une coalition anti-houthis, a déploré jeudi la gravité de la situation dans le Golfe, et a dit se concerter avec ses alliés sur les mesures qui pourraient être mises en oeuvre.

“Je pense que la situation est très grave, à cause du comportement agressif de l’Iran”, a commenté le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al Djoubeir.