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DUBAI (Reuters) – Deux jours après la destruction en vol d’un drone de l’US Navy près du détroit d’Ormuz, qui ravive le risque d’une confrontation directe entre les Etats-Unis et l’Iran, Téhéran a multiplié samedi les mises en garde à Washington en promettant de réagir avec fermeté à toute agression américaine.

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Deux jours après la destruction en vol d’un drone de l’US Navy près du détroit d’Ormuz, qui ravive le risque d’une confrontation directe entre les Etats-Unis et l’Iran, Téhéran a multiplié samedi les mises en garde à Washington en promettant de réagir avec fermeté à toute agression américaine. /Photo d’archives/REUTERS/Leonhard Foeger

“Nous n’autoriserons aucune violation des frontières iraniennes. L’Iran fera face avec fermeté à toute agression ou menace de l’Amérique”, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Mousavi, à l’agence de presse Tasnim.

Donald Trump a dit vendredi avoir renoncé in extremis à des frappes aériennes contre l’Iran en représailles à la destruction du drone.

Selon Téhéran, l’engin de surveillance, un Global Hawk, a été abattu par un missile dans l’espace aérien iranien, ce que dément Washington.

En dépit des déclarations de Donald Trump affirmant qu’il ne souhaite pas une guerre avec la République islamique, les risques de conflit, déjà latents depuis des semaines, ont été exacerbés par l’incident.

Cité par l’agence iranienne Irna, le chef de la force aérospatiale des gardiens de la Révolution, la force d’élite du régime islamique, a prévenu samedi que l’Iran agirait à nouveau de la même manière en cas de nouvelle violation de son espace aérien.

“C’est notre réponse à une violation de l’espace iranien et si cette violation se reproduit, notre réponse sera la même”, a averti le général Amir Ali Hajizadeh.

“TOUTE ERREUR METTRAIT LE FEU À UNE POUDRIÈRE”

“Toute erreur des ennemis de l’Iran, en particulier l’Amérique et ses alliés régionaux, mettrait le feu à une poudrière qui détruira l’Amérique, ses intérêts et ses alliés sur place”, a quant à lui averti Abolfaz Shekarchi, porte-parole des Forces armées, cité par Tasnim.

Les gardiens de la Révolution avaient auparavant assuré que les bases militaires américaines au Moyen-Orient et le porte-avions Abraham Lincoln, dépêché récemment dans le Golfe, étaient à portée de leurs missiles.

L’armée américaine s’apprête à évacuer de la base militaire irakienne de Balad, 80 km au nord de Bagdad, près de 400 employés de Lockheed Martin et Sallyport Global travaillant comme contractuels pour le Pentagone, en raison de “menaces potentielles”, a-t-on appris par ailleurs de sources irakiennes.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué samedi un représentant diplomatique des Emirats arabes unis pour dénoncer le fait que le drone abattu jeudi ait décollé d’une base militaire américaine aux Emirats, rapporte l’agence Fars.

La compagnie émiratie Etihad Airways a annoncé dans le même temps la suspension des survols du détroit d’Ormuz et du golfe d’Oman, via l’espace aérien iranien. Les vols concernés suivront désormais d’autres itinéraires, a précisé un porte-parole.

Un diplomate arabe de haut rang a jugé essentiel d’éviter une confrontation dans le contexte actuel. “Quoi que nous puissions penser de Trump ou de l’Iran, une confrontation serait désastreuse pour tout le monde”, a-t-il dit à Reuters.

La chancelière allemande Angela Merkel a également exhorté la communauté internationale à chercher une solution politique à la crise. “C’est ce à quoi nous travaillons”, a-t-elle dit devant le rassemblement annuel des églises protestantes à Francfort.

“DÉSESCALADE URGENTE”

Andrew Murrison, secrétaire d’Etat britannique pour le Moyen-Orient, se rendra en Iran dimanche, où il plaidera pour une “désescalade urgente”, a annoncé le Foreign Office.

Décidés à sauver l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, que les Etats-Unis ont dénoncé l’an dernier, les signataires européens ont promis la mise en place d’un dispositif nommé Instex, censé compenser les sanctions américaines, mais le programme a pris du retard et Téhéran juge leurs efforts insuffisants.

Le 8 mai, la République islamique leur a donné 60 jours pour mettre leurs promesses en oeuvre, faute de quoi elle menace de ne plus respecter les dispositions de l’accord.

Selon des sources diplomatiques, France, Grande-Bretagne et Allemagne préparent une nouvelle initiative pour tenter de préserver le texte durement négocié avec Téhéran.

Des discussions sont par ailleurs prévues le 27 juin à Paris avec Brian Hook, responsable du dossier iranien au département d’Etat américain.

Donald Trump exige pour sa part une renégociation totale avec l’Iran, sur son programme nucléaire mais aussi son programme de missiles balistiques.

Selon des sources iraniennes, le président américain a prévenu les autorités iraniennes de l’imminence d’une attaque dans la nuit de jeudi à vendredi, tout en leur faisant part de sa volonté de dialoguer.

Dans une interview à NBC vendredi, le chef de la Maison blanche s’est dit prêt à dialoguer avec Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution islamique, ou avec le président Hassan Rohani, sans obtenir pour l’heure de réponse.

“Je ne cherche pas la guerre”, a déclaré Trump sur NBC, soulignant toutefois qu’en cas de conflit avec Téhéran, il y aurait un “anéantissement jamais vu auparavant”.