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Anticor a déposé, le 5 juin 2019, une plainte auprès du Procureur national financier (PNF) pour corruption, corruption passive, blanchiment et entrave à la justice dans le cadre du volet russe de cette affaire.
Mediapart a révélé qu’Alexandre Benalla avait bénéficié de contrats passés avec des sociétés russes par l’intermédiaire de sociétés écrans, et ce pendant qu’il était en poste à l’Élysée, titulaire de trois passeports diplomatiques et habilité secret défense, ce qui implique normalement des obligations renforcées de loyauté et de confidentialité pour préserver les intérêts fondamentaux de la nation.
Cette affaire a mis en lumière une véritable culture de la corruption. En particulier, des montages financiers ont été mis en place pour dissimuler les faits à l’aide de sociétés écrans nommées « Mars », « Velours » ou « France Close Protection ».
Le seul contrat passé avec Iskander Makhmudov ‒ soupçonné par les autorités judiciaires allemande et espagnole de faire partie d’un groupe mafieux russe ‒ était d’un montant de 980 000 €. Surtout, les sociétés qui devaient être en charge de ces prétendus contrats n’en avaient manifestement pas les moyens : la société Mars disposant d’un capital social de 1 euros et la société France Close Protection disposant d’un capital de 100 euros.
Les contrats de protection n’étaient sans doute que des prétextes et que l’objectif visé était d’acquérir des informations ou d’exercer une influence au sommet de l’État.
Compte-tenu de la gravité des faits dénoncés, Anticor a demandé au Parquet National Financier d’entreprendre toutes les diligences utiles à la manifestation de la vérité en ce qui concerne tous les événements relatifs aux processus de discussions, négociation et conclusion des contrats entre les sociétés Mars, France Close Protection, Iskander Makhmudov et Farkhad Akhmedov, ainsi que sur le rôle d’Alexandre Benalla et de tout autre intervenant proche dans ce dispositif.
Cette plainte s’ajoute aux enquêtes préliminaires déjà ouvertes pour corruption, corruption passive, blanchiment de corruption et entrave dans ce dossier.
Rappel :
Le 22 février 2019, Anticor avait saisi le Procureur de la République suite aux révélations sur l’existence de chargés de mission n’ayant pas transmis leurs déclarations de patrimoine et d’intérêts.
Le 6 mars 2019, Anticor avait saisi le Président du Sénat pour que ce dernier saisisse le parquet des témoignages mensongers de MM. Kohler, Strzoda et Lavergne faite devant la commission d’enquête. Le 28 juin 2019, le procureur de Paris a décidé de ne pas poursuivre les intéressés.

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