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Plusieurs villes ont battu leur record absolu de température mardi avec 42,1°C à Brive, 41,2°C à Bordeaux (40,7°C en 2003), 40,8°C à Châteauroux (40,5°C en 1906), 40,7°C à Angers (39,8°C en 1947), 40,7°C au Mans (40,5°C en 2003) ou 40,1°C à Rennes (39,5°C en 2003), selon Météo-France.

AFP / PHILIPPE DESMAZES Un étang asséché, le 22 juillet 2019 à Villars-les-Dombes, dans l’Ain

Des records étaient déjà tombés mardi matin, avec une nuit qui n’avait jamais été aussi chaude dans le Sud-Ouest: 24,8°C à Bordeaux-Mérignac ou 24,6°C à Toulouse-Blagnac.

Mais le pire est pour jeudi ! Météo-France prévoit ainsi des températures de 37 à 42°C sur une grande partie du pays, avec des pointes à 43°C localement.

Paris devrait battre ce jour-là son record de 1947 (40,4°C). Mais le record absolu pour la France de 46°C, qui date de juin, ne sera en revanche pas atteint.

La baisse des températures sera ensuite « spectaculaire » vendredi sur l’ouest du pays, mais il faudra attendre samedi pour voir la fin de cet épisode sur l’ensemble du territoire.

AFP / Thomas SAINT-CRICQ Records de sécheresse dans plusieurs villes françaises

Les vagues de chaleur, déjà plus fréquentes en France, sont appelées à se multiplier et à s’intensifier sous l’effet du réchauffement provoqué par les activités humaines.

Cet épisode caniculaire s’accompagne d’habituels pics de pollution à l’ozone à Paris, en Rhône-Alpes ou en Alsace, poussant à la mise en place mardi de la circulation différenciée à Lyon et à Paris, où elle a été reconduite pour mercredi. Lille la mettra également en place mercredi et jeudi.

– Le plus sec –

La canicule arrive au moment où 73 départements sont déjà concernés par des restrictions d’eau. Elle « va accentuer l’assèchement des sols superficiels dans les jours à venir », avertit Météo-France, alors que de nombreuses régions connaissent déjà un « déficit de pluviométrie marqué » depuis un an.

« Plusieurs villes connaissent ainsi leur début d’été le plus sec depuis le début des mesures », comme Tours, Melun, Romorantin, Orléans, Rouen et Nantes, entre autres, selon l’organisme.

« Pour l’instant, c’est tendu mais maîtrisé, mais nous devons être très vigilants », a déclaré la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon après la réunion de la commission de suivi hydrologique du Comité national de l’eau. Elle a notamment appelé « au civisme » de chacun pour éviter de gaspiller l’eau, « bien précieux en cette période ».

Sols craquelés, rivières à sec et fourrage introuvable pour les bêtes: depuis l’infernal été 1976, la France a traversé plusieurs sécheresses mémorables comme celle intense et longue de 1989/90 avant l’épisode de cette année.Météo-France qui pointe 2019 comme la septième année la plus sèche depuis 1958, distingue trois types de sécheresse: celle « météorologique » correspond à une faiblesse prolongée des précipitations, la « sécheresse agricole » désigne un déficit en eau des sols tandis que la « sécheresse hydrologique » se manifeste par un bas niveau des rivières, lacs et nappes phréatiques.

Les « sécheresse météorologiques » fluctuent beaucoup depuis le début des relevés des précipitations en France, à la fin du 19e siècle. D’après le relevé des pluies à Paris, l’épisode le plus sévère en 150 ans est la sécheresse de 1921, devant deux épisodes de la fin des années 40 (1945/46 puis 1949/50) et celui de l’été 76.

Les « sécheresses agricoles » sont, elles, calculées depuis 1958. Depuis la fin des années 80, ces phénomènes s’affichent comme « nettement » plus fréquents et intenses, souligne Météo-France.

Rappel des grands périodes d’aridité depuis 50 ans:

– 1976: cauchemar agricole –

Chaleur infernale et absence totale de pluies se conjuguent pour faire de l’été 76 un cauchemar pour l’agriculture française.

« La sécheresse de 76 a été exceptionnelle sur une échelle de temps court en termes de déficits de précipitations », souligne Météo-France dans son rapport Climsec de 2011 sur l’impact du changement climatique sur les sécheresses.

Dès juin 1976, des taxes sont imposées pour empêcher l’exportation de paille et foin et l’armée réquisitionnée pour transporter du fourrage vers les régions sinistrées.

A Tours, la Loire a la taille d’une modeste rivière. Le 30 juin, le président Valéry Giscard d’Estaing parle d’une « calamité nationale » à laquelle doit répondre la « solidarité nationale » .

Le 25 août, le gouvernement annonce une aide de 2,2 milliards de francs pour l’agriculture financée par une majoration exceptionnelle de l’impôt sur le revenu, « l’impôt sécheresse ».

– 1989/90: sécheresse longue et intense –

La sécheresse de 1989/90 est « la plus sévère des cinquante dernières années en termes de déficits d’humidité du sol et de précipitation », selon Météo-France.

Une grande moitié sud-ouest de la France (au sud d’une ligne Caen-Nice) est affectée. Des mesures de restriction d’eau sont prises dans plus de 40 départements durant l’été. Au total près de 70 départements seront sinistrés.

– 2003: canicule et sécheresse –

En plus de ses températures caniculaires, l’été 2003 a été particulièrement sec. A la fin juillet, des restrictions d’eau frappent une cinquantaine de départements. Des aides d’un demi-milliard d’euros sont débloquées fin août pour les agriculteurs, les dégâts de la sécheresse étant estimés entre un et quatre milliards d’euros.

En septembre, des « convois de foin » sont organisés par des agriculteurs du centre-ouest de la France pour venir en aide à des éleveurs sinistrés du sud. L’état de calamité agricole est déclaré pour près de 80 départements.

– 2005: deux tiers de la France –

La sécheresse réapparaît deux ans plus tard en 2005: près de 70 départements sont affectés par des restrictions d’eau en août, en particulier dans la moitié ouest de la France. Les éleveurs et producteurs de maïs du Sud-Ouest sont les plus touchés.

– 2011: sécheresse précoce –

Une sécheresse précoce frappe la France en 2011: des restriction d’eau sont prononcées dès avril dans une dizaine de départements puis s’étendent progressivement en mai à une cinquantaine de départements. Le printemps 2011 est le plus chaud depuis 1900 et le plus sec depuis 50 ans.

– 2018: sécheresse tardive –

Après un printemps 2018 arrosé, la sécheresse s’installe progressivement à la fin de l’été et à l’automne après des températures caniculaires et des pluies insuffisantes.

Les restrictions d’eau touchent une soixantaine de départements à l’automne. La région Grand Est et le Massif central sont les zones les plus touchées.