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AFP
Deux semaines après l’échec de sa première candidate, Emmanuel Macron a proposé l’actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’Economie, comme nouveau membre français à la Commission européenne
Le PDG du groupe informatique Atos et ex-ministre de l’Economie Thierry Breton, Thierry Breton, 64 ans, a été proposé par Emmanuel Macron pour être le prochain commissaire européen. Il se «consacre dès à présent à la préparation des auditions auprès des commissions compétentes du Parlement européen», a-t-il indiqué jeudi dans une déclaration transmise à l’AFP.
Cette nomination intervient deux semaines après le rejet de Sylvie Goulard par le parlement européen. «Le président de la République a transmis à Ursula von der Leyen, présidente élue de la Commission européenne, sa proposition de nommer Thierry Breton comme membre de la Commission européenne», a indiqué l’Elysée.
Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le Commissaire français – politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace – restera inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, a précisé la présidence. «Ce qui m’importe, c’est le portefeuille! Je me suis battu pour un portefeuille» s’était écrié le chef de l’Etat, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.
Pour laisser le temps à la France, mais aussi à la Roumanie et la Hongrie, dont les candidats à la Commission ont été aussi écartés, de proposer de nouveaux noms, la prise de fonction de la nouvelle Commission a été repoussée d’un mois, au 1er décembre.
Emmanuel Macron n’a donc pas attendu le dernier moment pour trancher, après avoir passé de nombreux noms en revue: du négociateur du Brexit Michel Barnier à son conseiller Europe Clément Beaune, en passant par la ministre es Armées Florence Parly, le chef économiste de l’OCDE Laurence Boone ou l’ex-membre du directoire de la BCE Benoît Coeuré. Parité oblige, l’Elysée aurait préféré une femme mais n’a pas trouvé le profil adéquat.
En revanche, choisir un grand patron comme candidat à la Commission accroît les risques de conflits d’intérêts. D’autant que le groupe Atos est un fournisseur de services informatiques de l’Union européenne.
Mais Thierry Breton est rodé sur ce terrain. Il avait déjà dû répondre à de nombreuses questions de conflits d’intérêt lorsqu’il avait été nommé ministre de l’Economie, après avoir dirigé France Télécom et Thomson. Il avait alors veillé à ce que les dossiers touchant ces entreprises soient traités directement par le Premier ministre.
D’ici fin novembre, le candidat doit convaincre des eurodéputés particulièrement soucieux de transparence.
Il devra d’abord passer devant la commission parlementaire des affaires juridiques, chargée de se prononcer sur les éventuels conflits d’intérêts des futurs commissaires, qui a déjà évincé le Hongrois Laszlo Trocsanyi et la Roumaine Rovana Plumb. Puis il sera soumis, comme avant lui Sylvie Goulard, à l’audition des eurodéputés qui doivent donner leur aval.