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Défense, Emirats arabes unis, engagement de la France, Florence Parly, Les pays du Golfe, Moyen-Orient, retrait des américains
Au cours d’une tournée à Bahreïn, Abu Dhabi et ce lundi au Qatar, la ministre des Armées, Florence Parly, a insisté sur l’engagement français, et européen, dans la région face au retrait progressif américain. Elle a aussi poussé pour le choix d’Abu Dhabi comme base de l’opération de surveillance maritime du Golfe actuellement en discussion entre Européens.

Florence Parly, ministre de la Défense, fait le tour du Golfe pour rappeler l’engagement de la France pour la stabilité dans la région. AFP
En tournée dans les Etats du Golfe persique, à Bahreïn, aux Emirats arabes unis et ce lundi au Qatar, la ministre française des Armées a rassuré ses partenaires sur la pérennité de l’engagement français dans la région, face « au désengagement graduel et délibéré des Etats-Unis ». Dimanche, elle a notamment annoncé que le poste de commandement européen pour la surveillance maritime dans le Golfe sera installé au sein de la base navale française d’Abou Dhabi aux Emirats arabes unis (EAU).
Le poste de commandement de la mission européenne de surveillance maritime est armé. Sur notre base navale d’Abou Dabi, nous sommes prêts à accueillir les pays ayant confirmé leur participation. Je remercie les Emirats arabes unis pour leur accueil. Plus de détails bientôt.🇦🇪🇪🇺🇫🇷 pic.twitter.com/uyEQPODMbT
— Florence Parly (@florence_parly) November 25, 2019
A la suite des immobilisations de pétroliers par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, les Européens ont décidé de combiner leurs flottes pour participer à la surveillance des eaux du Golfe, sans toutefois s’aligner sur la mission des Etats-Unis . Les discussions entre ministres de la Défense européens se poursuivent, mais la constitution d’une coordination européenne pour « rendre la navigation maritime dans le Golfe la plus sûre possible » est actée. La date à laquelle ce poste de coordination (une quinzaine d’officiers au maximum) sera opérationnel n’est pas encore connue, a admis la ministre, certains pays (Allemagne, Pays-Bas…) ayant besoin de l’aval de leur parlement.
L’accord de défense entre la France et les EAU fête ses dix ans
Néanmoins, Florence Parly qui fêtait le week-end dernier les 10 ans de la base française des Emirats arabes unis, a insisté sur la solidité de l’engagement français au Moyen-Orient et a souligné les efforts accomplis pour amener ses partenaires européens à oeuvrer aussi pour la stabilité de la région. A cet égard, la ministre a reconnu que, depuis quatre ans, le paysage sécuritaire des Emirats avait été bouleversé. Qui aurait prédit l’envoi depuis la mer Caspienne de missiles de croisière en Syrie ? L’absence de réaction américaine à l’emploi d’armes chimiques ? Ou le mutisme qui a suivi l’attaque des bases pétrolières saoudiennes par des missiles et des drones le 14 septembre dernier ?
« Nous avons observé un désengagement progressif et délibéré des Etats-Unis », a ainsi déclaré la ministre, en ajoutant que si Washington regarde ailleurs, « il est temps de réinventer une nouvelle grammaire de la dissuasion ». Un discours qui cadre avec l’avertissement lancé par le président Emmanuel Macron sur l’absence de vision politique de l’Otan . Alors que les EAU tentent de se désengager du conflit au Yémen et poussent Riyad vers des négociations de paix, Paris veut mettre en valeur son appui à Abou Dhabi. Depuis la signature d’accords de défense en 2009, l’armée française emploie quelque 700 militaires dans l’émirat, qui opèrent à la fois une base navale, laquelle peut le cas échéant accueillir le porte-avions « Charles-de-Gaulle », et une base aérienne sans compter un groupement blindé.
Paris met à disposition de Ryad un radar
Sur fond d’incertitudes, de violences exacerbées et de recul du multilatéralisme, notamment sur le dossier du nucléaire iranien, la ministre a insisté sur la continuité de l’action de la France, notamment dans la lutte contre Daech. Mais aussi sur son indépendance, soulignant que la France parle avec tous, « y compris l’Iran ». Paris va notamment installer un radar de détection des drones et des missiles dans l’Est de l’Arabie saoudite pour améliorer sa défense anti-aérienne après l’attaque du 14 septembre dernier sur ses installations pétrolières.
Aux Emirats, la modernisation de la flotte d’avions de chasse Mirage 2000-9 par Dassault vient d’être confirmée au Dubai Airshow . Au Qatar, un des principaux clients de l’armement français, avec la commande de 12 avions Rafale en sus des 24 déjà commandés, et celle de 28 hélicoptères européens NH90, la ministre a visité le Centre de commandement interallié pour les opérations aériennes de la base d’Al-Oudeid. C’est la plus grande base américaine du Moyen-Orient qui inclue des soldats français pour la lutte contre Daech au Levant. Au Qatar, Nexter espère vendre près de 500 véhicules blindés VBCI, mais la lettre d’intention signée en 2017 n’est pour l’heure toujours pas mise en vigueur.