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De la manifestation contre le théâtre ou se trouvait le président de la République et son épouse, qui fait la une de nombreux journaux, et son traitement médiatique, quelques leçons se dégagent:
- L’indignation politico-médiatique et la place donnée à l’incident sont excessives: il y a eu un rassemblement et des huées comme cela arrive souvent, mais pas que l’on sache de tentative d’agression physique.
- Le manque de respect envers le chef de l’Etat est certes scandaleux. Cependant, dans une République, il n’est pas plus scandaleux que le manque de respect envers n’importe quel citoyen. Le chef de l’Etat, en République, est un homme comme un autre. Il en serait tout autrement dans une monarchie ou un empire. Mais nous sommes en République. Sa soirée gâchée vaut strictement autant que la soirée gâchée de n’importe quel citoyen.
- Que la soirée du président de la République et de son épouse ait été perturbée est certes inadmissible. Mais ce n’est pas plus inadmissible que tous les désagréments, toutes les souffrances qu’endure chaque Français, individuellement, dans une société de chaos et d’anarchie: agressions, insultes, entassement dans les transports…
- Les chefs de l’Etat successifs sont personnellement responsables des manifestations de manque de respect dont ils font aujourd’hui l’objet: ils payent leurs provocations verbales, des « sans dents » aux fainéants, réfractaires ou ceux qui ne sont rien, etc.
- L’attitude des manifestants anti-macron est plus stupide qu’autre chose: comment mieux le re-légitimer qu’en le victimisant? On imagine les croquants indignés devant leur écran de télévision qui s’identifient à la (supposée) victime…
- Dans des circonstances analogues, face aux mêmes manifestants – témoignage vécu – un autre président serait sorti sans protection policière pour aller s’expliquer avec les perturbateurs, qui auraient fini par l’applaudir, non pour sa politique, mais pour son aplomb et pour son courage physique.
- La prise à partie d’un chef de l’Etat est un signe: elle est la réponse au syndrome de l’enfermement derrière les murailles de l’Elysée, de l’éloignement, de la déconnexion, de l’abîme séparant la classe dirigeante du peuple, d’un état d’esprit révolutionnaire.
- L’ensauvagement de la société, la stupéfiante banalisation d’une violence et d’un chaos devenus chroniques (dont cette anecdote n’est qu’un symptôme mineur), sont le fruit de l’abolition de la démocratie française, depuis élections tronquées de 2017 à l’invraisemblable micmac électoral autour des élections municipales. Quand plus personne ne peut croire au suffrage universel comme mode de règlement des désaccords, seules restent la colère, la rue et la violence.

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