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A Mulhouse, le chef de l’Etat a dressé mardi les grandes lignes de son plan de lutte contre le communautarisme

Emmanuel Macron à Mulhouse pour une visite consacrée à la question du communautarisme, rebaptisée « séparatisme islamiste », mardi 18 février

Emmanuel Macron à Mulhouse pour une visite consacrée à la question du communautarisme, rebaptisée « séparatisme islamiste », mardi 18 février
© Sipa Press

Quatre-vingt mille enfants sur le territoire ont des enseignants dont la République française ne contrôle pas les cours. C’est le chiffre donné par Emmanuel Macron, en déplacement mardi à Mulhouse pour annoncer son plan de lutte contre le séparatisme. Dans le viseur, les 2000 centres d’enseignement de langue et de culture d’origine (Elco) mis en place dans les années 1970 pour permettre aux enfants d’immigrés de ne pas couper avec leur culture d’origine. Ces Elco font l’objet de peu de pilotage, de peu d’inspections. Les programmes sont souvent calqués sur ceux des pays d’origine. Les professeurs sont formés, mis à disposition et rémunérés par ces mêmes pays, notamment les structures publiques de la Turquie, qui en profite pour faire du prosélytisme et de l’influence politique. A partir de la rentrée de septembre 2020, les Elco seront supprimés et remplacés par des enseignements d’initiation aux langues étrangères (EILE) dispensés aux élèves sur leur temps libre et contrôlés par l’Education nationale.

Le chef de l’Etat a également annoncé la fin de l’islam consulaire, notamment des « imams détachés » envoyés par d’autres pays (Algérie, Tunisie, Turquie) et des psalmodieurs. Le dernier contingent d’imams formés à l’étranger arrivera en 2020 avant que la France, via le Conseil français des cultes musulmans (CFCM), prenne en charge la question de l’imamat.

Le dirigeant français a souligné l’étroit partenariat du royaume du Maroc et de l’Algérie à propos de ces réformes mais a déploré le manque de coopération de la Turquie, pays avec lequel la relation s’est passablement dégradée ces derniers mois. « Nous avons réussi avec tous les pays concernés par les Elco, sauf la Turquie, a-t-il confié. À ce stade, je ne désespère pas. Mais on ne peut pas avoir les règles de la Turquie sur le sol de France. » Le promoteur du séparatisme religieux, politique et sécuritaire a désormais un visage ​: Recep Tayyip Erdoğan.

L’Opinion