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campagne américaine de 2016, Donald Trump, FBI, Israël, Roger Stone

Roger Stone à la sortie du tribunal fédéral qui vient de le condamner à 40 mois de prison.
Contraint de publier les documents par une action en justice intentée par plusieurs médias américains, le FBI met en lumière, malgré des informations censurées, des échanges ayant eu lieu entre mai et août 2016, quelques mois avant l’élection du candidat républicain, entre Roger Stone et une ou plusieurs personne(s) dont l’identité est tenue secrète.
«Des documents du FBI suggèrent que Roger Stone […] avait un ou plusieurs contacts de haut-rang dans le gouvernement israélien, souhaitant aider [Donald Trump] à remporter l’élection présidentielle», écrit la chaîne de télévision i24 sur son site.
Roger, bonjour de Jérusalem. Du nouveau ? Il va être battu, à moins que nous n’intervenions. Nous avons des informations cruciales.
Un élément qui n’empêche pas l’ancien ministre de démentir tout lien avec Roger Stone ou l’équipe de Donald Trump. Et de préciser au journal israélien qu’il n’avait «jamais entendu parler ou connu l’existence» de Roger Stone avant la publication des différents articles sur cette affaire.
La «surprise d’octobre»
«TRUMP EN CHUTE LIBRE», écrit un interlocuteur inconnu à Roger Stone le 9 août, «LA SURPRISE D’OCTOBRE ARRIVE».
Si le gouvernement américain vous poursuit, je ferais s’écrouler tout ce château de cartes
Le 20 août, toujours selon la description du FBI, Jerome Corsi dit à Roger Stone «qu’ils doivent s’entretenir avec [nom masqué] pour déterminer « ce qu’Israël envisage de faire et si [Israël envisage de faire quelque chose] en octobre »».
Outre ces échanges, les archives du FBI montrent que le compte Twitter de Roger Stone a écrit des messages privés le 4 juin 2017 (plusieurs mois après l’élection de de Donald Trump à la tête du pays) à celui de Julian Assange. «En tant que journaliste, peu importe où vous obtenez de l’information pourvu qu’elle soit exacte et authentique», écrivait Roger Stone citant en exemple une décision de la Cour suprême de 1971 jugeant légale la publication par le New York Times des «Pentagon Papers», des documents classifiés sur la guerre du Vietnam.
Procès d’#Assange : sa défense déplore les «mensonges» américains et son traitement en détention#JulianAssange #Wikileaks
Roger Stone, lobbyiste fantasque qui connaît Donald Trump depuis près de 40 ans, a quitté officiellement son équipe en 2015 mais aurait continué à agir officieusement pour le compte de celui-ci. L’ancien avocat de Donald Trump Michael Cohen (par ailleurs condamné à trois ans de prison en 2018 pour divers délits), l’a accusé devant la justice d’avoir informé à l’avance Donald Trump de la diffusion des courriels de l’équipe d’Hillary Clinton par WikiLeaks, information qu’il aurait tenue directement de Julian Assange, selon les dires de Michael Cohen. A contrario, Roger Stone a toujours clamé son innocence et est resté fidèle au président des Etats-Unis.
Après la diffusion des documents du FBI, le collaborateur s’en tient toujours à sa ligne de défense. Dans des propos rapportés par le Times of Israel, Roger Stone assure : «Je n’ai aucune inquiétude quant à leur diffusion puisqu’ils confirment qu’il n’y avait pas d’activité illégale et certainement pas de collusion russe par moi durant l’élection de 2016.» Et d’ajouter : «Il n’y a, à ce jour, aucune preuve que j’avais ou connaissais la source ou le contenu des révélations de WikiLeaks avant leur diffusion publique.»
Ils condamnent donc Roger Stone pour mensonge et veulent l’emprisonner pour des années à venir
Après une arrestation rocambolesque, digne «de la Gestapo», selon ses propres dires en 2019 et un procès marqué par les incidents, Roger Stone a été reconnu coupable d’avoir exercé des pressions sur des témoins et menti sous serment au Congrès sur ses liens présumés avec l’organisation WikiLeaks. Les réquisitions, très lourdes, allant de sept à neuf ans de prison contre lui, ont scandalisé le président américain : «Ils condamnent donc Roger Stone pour mensonge et veulent l’emprisonner pour des années à venir. Et Hillary la corrompue, Come, Strzok, Page, McCabe, Brennan, Clapper, Shifty Schiff, Ohr et Nellie, Steele, tous les autres, y compris même Mueller lui-même ?», a-t-il tweeté le 15 novembre.
So they now convict Roger Stone of lying and want to jail him for many years to come. Well, what about Crooked Hillary, Comey, Strzok, Page, McCabe, Brennan, Clapper, Shifty Schiff, Ohr & Nellie, Steele & all of the others, including even Mueller himself? Didn’t they lie?….
Roger Stone a finalement écopé de 40 mois de prison le 19 février. La juge fédérale Amy Jackson a reconnu en rendant son jugement, que la réquisition initiale de sept à neuf ans n’aurait sans doute pas été appliquée en raison de l’âge de l’accusé. A 67 ans, l’ancien conseiller de Donald Trump n’a toujours pas été incarcéré en raison de la crise du coronavirus, qui a par ailleurs permis à Michael Cohen de bénéficier d’une libération anticipée et de purger le reste de sa peine à domicile. Le président américain quant à lui continue de soutenir son ancien conseiller et n’a pas exclu d’user de son droit de grâce dans cette affaire.
Lucas Léger et Louis Maréchal
Source : RT France

