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L’ex-conseiller raconte que lors d’une rencontre en marge du sommet du G20 à Osaka, en juin 2019, Donald Trump avait « détourné la conversation sur la prochaine élection présidentielle, en faisant allusion à la capacité économique de la Chine et en plaidant auprès de Xi Jinping pour qu’il fasse en sorte qu’il l’emporte », selon des extraits publiés par le Wall Street Journal, le New York Times et le Washington Post.
Peter Baker du @nytimes a lu le livre de John Bolton… Édifiant https://www.nytimes.com/2020/06/17/us/politics/bolton-book-trump-impeached.html …
Bolton Says Trump Impeachment Inquiry Missed Other Troubling Episodes
In his new book, John R. Bolton, the former national security adviser, describes instances when the president sought to halt criminal inquiries. He also says President Trump’s loyalists mocked him…
nytimes.com
Le président américain « a souligné l’importance des agriculteurs et de l’augmentation des achats chinois de soja et de blé sur le résultat de l’élection », affirme John Bolton dans son livre intitulé « The Room Where It Happened, A White House Memoir ».
Le livre de John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, est intitulé « The Room Where It Happened, A White House Memoir ». Il doit être publié le 23 juin 2020. [Barnes & Noble]
Durant cette même rencontre de juin 2019 avec le président chinois, Donald Trump a donné son approbation à la construction de camps pour un million de musulmans ouïghours dans le Xinjiang. « Selon notre interprète », écrit John Bolton, « Trump a dit à Xi qu’il devrait poursuivre la construction des camps, car il pensait que c’était exactement la bonne chose à faire ».
Incohérent, fébrile et hésitant
Cet ouvrage fait souffler un vent de panique à la Maison Blanche où John Bolton a passé 453 jours… dix-sept mois.
Selon le Washington Post, le livre dresse le portrait d’un commandant en chef « incohérent » et « non informé de manière à vous couper le souffle ». L’ex-conseiller à la sécurité nationale se souvient que le président a un jour demandé à John Kelly (ndlr. alors secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis) si la Finlande faisait partie de la Russie.
Malgré toutes ses fanfaronnades publiques, John Bolton décrit Donald Trump comme étant « souvent incertain, fébrile et hésitant lors de choix politiques difficiles ».
Les fuites dans la presse (lire encadré) surviennent au lendemain de l’annonce d’une action en justice de l’administration Trump pour tenter de bloquer la parution des 592 pages prévue le 23 juin.
Comme le veut la procédure, lorsque des informations couvertes par le secret peuvent être en jeu, le manuscrit a été transmis à la Maison Blanche pour validation.
Limogé en septembre dernier
Le président américain a brutalement limogé le 10 septembre dernier celui qui était alors l’un de ses principaux conseillers sur fond de désaccords sur la gestion de plusieurs dossiers comme la Corée du Nord, l’Iran, l’Afghanistan et la Russie.
John Bolton a dit avoir des informations sur les interactions de Donald Trump avec l’Ukraine l’été dernier, quand les démocrates ont accusé le locataire républicain de la Maison Blanche d’avoir tenté d’obtenir de l’Ukraine l’ouverture d’une enquête contre Joe Biden, favori de la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de novembre – et devenu de fait, depuis lors, le candidat démocrate. Il a cependant refusé de témoigner sous serment lors de la procédure de destitution.
« Quel crétin ! «
Sans surprise, le locataire de la Maison Blanche a dénoncé sur Twitter un « tissu de mensonges » et « de fausses histoires », en expliquant que John Bolton ne disait « que du bien de lui » avant d’être licencié.
« Un fou ennuyeux qui voulait seulement aller à la guerre et qui a heureusement été jeté. Quel crétin ! », a encore ajouté Donald Trump.
Wacko John Bolton’s “exceedingly tedious”(New York Times) book is made up of lies & fake stories. Said all good about me, in print, until the day I fired him. A disgruntled boring fool who only wanted to go to war. Never had a clue, was ostracized & happily dumped. What a dope!
Avocat de formation, John Bolton est un républicain très conservateur de 71 ans qui est l’un des défenseurs du concept de « guerre préventive ». En 2003, il a ainsi été l’un des fervents partisans de la guerre en Irak. Après avoir servi les présidents Ronald Reagan, George Bush et George W. Bush; de 2005 à 2006, il fut ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies.
Stéphanie Jaquet/agences/ther
Quand Mike Pompeo estimait que Trump « ne raconte que des conneries »
L’épisode décrit remonte au premier sommet entre le président des Etats-Unis et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, en 2018 à Singapour.
A un moment de cette rencontre historique, Mike Pompeo fait passer à John Bolton, alors conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, une petite note se moquant du milliardaire républicain: « Il ne raconte que des conneries », glissait-il, selon un extrait publié par le New York Times.
Un mois plus tard, selon le conseiller limogé en septembre dernier, le chef de la diplomatie américaine étrillait la stratégie de rapprochement avec la Corée du Nord, qu’il n’a eu de cesse de défendre en public, estimant qu’elle n’avait « aucune chance de réussir ».
Et juste avant le sommet de Singapour, après avoir écouté une conversation téléphonique entre Donald Trump et son homologue sud-coréen, Mike Pompeo avait déjà dit à l’auteur du livre avoir « failli avoir un arrêt cardiaque » à cause des propos présidentiels.
Selon le Washington Post, John Bolton assure par ailleurs que le secrétaire d’Etat fait partie des hauts responsables qui ont envisagé de démissionner. Il s’est par moments montré « furieux » de voir le gendre et conseiller du président, Jared Kushner, empiéter sur ses plates-bandes diplomatiques.
C’est la première fois que des propos critiques de Mike Pompeo sur l’hôte de la Maison Blanche filtrent aussi clairement.
afp/sjaq

