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«Le problème, ce n’est pas la laïcité»

« Le problème, ce n’est pas la laïcité« , a déclaré le chef de l’Etat. « La laïcité en République française, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire. La possibilité d’exercer son culte à partir du moment où l’ordre public est assuré. La laïcité, c’est la neutralité de l’Etat et en aucun cas l’effacement des religions dans la société, dans l’espace public. La laïcité, c’est le ciment de la France unie.« 

«Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste»

« Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste », a indiqué Emmanuel Macron. « C’est le cœur du sujet », a-t-il même appuyé. Le président a affirmé que cet « islamisme radical » a « une volonté revendiquée, affichée, une organisation méthodique, pour contrevenir aux lois de la République et créer un ordre parallèle ». Selon lui, le « but final » de cette « idéologie » est de « prendre le contrôle complet » de la société, et de « rejeter la liberté d’expression, la liberté de conscience, le droit au blasphème ».

« Je veux qu’il n’y ait aucune confusion ni aucun amalgame »

« Je veux qu’il n’y ait aucune confusion ni aucun amalgame« , a déclaré le chef de l’Etat. « Aucune de ces réalités ne doit être écrasée l’une sur l’autre. Mais force est de constater qu’il y a un islamisme radical qui conduit à nier les lois de la République (…). Ce qui est aujourd’hui notre défi, c’est de lutter contre la dérive de certains au nom de la religion, en veillant à ce que ne soient pas visés ceux qui veulent croire en l’islam et sont pleinement citoyens de notre République et au fond, depuis des années. »

L’islam vit « une crise profonde » partout dans le monde

S’il ne veut pas viser l’islam, Emmanuel Macron estime que cette religion vit « une crise profonde » partout dans le monde. Il rappelle les « tensions » entre « les fondamentalismes » qui bâtissent des « projets religieux ou politiques » et qui conduisent « un durcissement très fort, y compris dans des pays où l’islam est la religion majoritaire ». Le chef de l’État prend notamment l’exemple de la Tunisie où « il y a trente ans, la situation était radicalement différente dans l’application de cette religion ».

« Nous avons nous mêmes construit notre propre séparatisme »

« Nous avons nous mêmes construit notre propre séparatismes« , a déclaré le chef de l’Etat. « C’est celui de nos quartiers. C’est la ghettoïsation. (…) Nous avons construit une concentration de la misère et des difficultés et nous le savons très bien. Nous avons concentré les populations souvent en fonction de leur origine, de leurs milieux sociaux. Nous avons concentré les difficultés éducatives, économiques dans certains quartiers de la République. Nous n’avons pas pu suffisamment recréer la mixité. Et surtout, nous n’avons pas réussi à aller aussi vite que ce phénomène en termes de mobilité éducative et sociale. Nous avons créé des quartiers où la promesse de la République n’a plus été tenue.« 

Le «passé colonial» de la France a créé «des traumatismes»

Emmanuel Macron estime que certains « traumatismes » du « passé colonial » de la France n’ont « toujours pas été réglés ». « Nous voyons des enfants de la République, parfois d’ailleurs, enfants ou petits enfants, de citoyens aujourd’hui issus de l’immigration et venus du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, revisiter leur identité par un discours post-colonial, colonial », a-t-il déploré. Il juge que certains jeunes « tombent dans le piège méthodique de certains qui utilisent ce discours » et qui forment une « haine » contre la République.

«Affronter», «reconquérir», et «revenir sur nos propres traumatismes»

« Il nous faut affronter avec beaucoup de détermination les formes inacceptables et radicales« , a déclaré le chef de l’Etat. « Aujourd’hui, à court terme, il nous faut reconquérir tout ce que la République a laissé faire et qui a conduit une partie de nos citoyens à être attirés par cet islam radical. Et il nous faut aussi revenir sur nos propres traumatismes et nos propres insuffisances pour en quelque sorte, ouvrir ce livre.« 

Obligation de neutralité étendue aux entreprises délégataires de service public

« Au sein de nombreux services publics exercés par des entreprises, en particulier les transports en commun, nous avons aussi vu ces dernières années se multiplier les dérives« , a déclaré le chef de l’Etat. « Et souvent, elles sont constatées avec une forme d’impuissance parce qu’il y a un contournement de la loi. Des contrôleurs qui refusent à des femmes l’accès aux bus en raison de leur tenue ; les demandes de port de signes ostentatoires d’agents qui exercent des services déléguées par la commune, par le département, par l’Etat et donc qui portent ces signes dans le cadre de leur mission. (…) Ce texte de loi permettra de faire que l’obligation de neutralité sera applicable aux agents publics, mais surtout, elle sera étendue aux salariés des entreprises délégataires, ce qui n’était pas clairement le cas jusqu’alors.« 

Les motifs «de dissolution» des associations seront étendus

Les associations suspectées d’entrisme islamique sont également dans le viseur d’Emmanuel Macron. « Il sera permis de dissoudre les associations et assumer que, en vertu de nos principes républicains et sans attendre le pire, on puisse dissoudre des associations dont il est établi qu’elles portent des messages qui contreviennent à nos lois et nos principes », a affirmé le chef de l’Etat. « Les associations doivent tenir la nation et pas la fracturer, et nous ne céderons rien sur ce principe », a souligné Emmanuel Macron. 

Financement plus contrôlé des associations

« Toute association sollicitant une subvention auprès de l’État ou d’une collectivité territoriale devra signer un contrat de respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société, pour reprendre la formule du Conseil constitutionnel« , a déclaré le chef de l’Etat. « Si le contrat est rompu, ses responsables devront rembourser, car il est nécessaire que l’argent public ne serve pas à financer les séparatistes.« 

«L’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République»

« Parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République et non celle d’une religion, former des citoyens, non des fidèles« , a déclaré le chef de l’Etat. « Les écoles hors contrat, qui sont davantage contrôlées grâce à la grande avancée que constitue la loi dite Gatel, feront l’objet d’un encadrement encore renforcé.« 

«L’instruction à domicile sera strictement limitée» pour faire face «aux dérives»

C’est une petite révolution concernant l’enseignement scolaire. Emmanuel Macron a certifié que « l’instruction à domicile » sera désormais « strictement limitée, notamment aux impératifs de santé ». « C’est une nécessité », a annoncé le chef de l’Etat. Il s’oppose par là aux élèves déscolarisés et parfois intégrés dans « des structures qui ne sont nullement déclarées » où des prières ont lieu à la place des cours.

Aider l’islam à «se structurer»

« Le quatrième axe de la stratégie que nous entendons conduire consiste à bâtir enfin un islam en France qui puisse être un islam des Lumières« , a déclaré le chef de l’Etat. « Je ne pense pas qu’il faille une forme d’islam gallican. Mais il nous faut aider cette religion dans notre pays à se structurer pour être un partenaire de la République pour ce qui est des affaires que nous avons en partage. »

«Nous allons nous-mêmes former nos imams en France»

« La première influence qu’on a décidé de réduire en concertation avec les pays, c’est l’organisation même de l’islam consulaire« , a déclaré le chef de l’Etat. « Nous avons décidé de mettre fin à ce système de manière totalement apaisée avec les pays d’origine et en transition, c’est à dire sur quatre ans en moyenne. Nous allons nous-mêmes former nos imams en France. L’islam consulaire nourrit des rivalités, des dysfonctionnements, mais surtout il continue de faire porter ce surmoi post-colonial que j’évoquais par ailleurs avec énormément d’ambiguïtés. Et il ne permet pas à la structuration de cette religion dans notre pays d’avancer comme il faut.« 

Développer les études islamiques «de haut niveau»

« Nous soutiendrons à hauteur de 10 millions d’euros les initiatives qui seront prises par la Fondation pour l’islam de France en matière de culture, d’histoire et de sciences« , a annoncé le chef de l’Etat. « Je pense en particulier au développement des études islamiques de haut niveau à l’université. J’ai décidé que nous allons créer un institut scientifique d’islamologie. Nous créerons des postes supplémentaires dans l’enseignement supérieur pour continuer le travail en matière de recherche sur la civilisation musulmane, mais aussi sur le bassin méditerranéen et l’Afrique.« 

«Enseigner davantage la langue arabe à l’école»

Emmanuel Macron veut « enseigner davantage la langue arabe à l’école ou dans un périscolaire que nous maîtrisons ». Le chef de l’État veut en finir avec les jeunes qui « vont l’apprendre dans des associations qui leur proposent le pire et qui sont manipulés ». « L’arabe, mais aussi beaucoup d’autres langues sont la richesse même de nos enfants, de leurs familles », a-t-il souligné. « Nous devons savoir, dans notre République, les reconnaître, les exalter, les faire vivre, dans le cadre républicain de manière extraordinairement décomplexée », a indiqué le président.

«Trois quart des propositions» de Borloo «ont été mises en place»

Emmanuel Macron a tenu à saluer Jean-Louis Borloo qui lui avait remis, à l’été 2018, un plan pour les banlieues. Si le chef de l’Etat avait semblé le balayer d’un revers de main à l’époque, il a assuré aujourd’hui que les « trois quarts des propositions ont été mises en place ». « Je veux saluer son travail, son implication et ses idées », a-t-il ajouté. 

«Assurer une présence républicaine au bas de chaque immeuble»

« Notre horizon est simple, c’est assurer une présence républicaine au bas de chaque tour, au bas de chaque immeuble« , a déclaré le président de la République, en annonçant « des investissements supplémentaires » « avec sur le terrain des magistrats, des greffiers, des juges, parfois des volontaires qui viendront aider dans des tâches de proximité« , mais aussi « des policiers et des gendarmes« .

« Là où nous avions reculé, il faut revenir« , a déclaré le chef de l’Etat. « On doit redonner du sens collectivement en permettant à notre justice de retrouver les moyens de répondre vite, de manière adaptée, pour que tout retrouve un sens, pour la victime comme pour le fauteur de troubles, comme pour nos forces de sécurité. »