Étiquettes

, ,

Surtout bien préserver les intérêts israéliens et américano-israéliens avant de quitter le gouvernement, tel a bien été l’objectif de la dernière tournée à l’étranger du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo… Ce dernier doit prochainement occuper plusieurs sièges de choix dans différents conseils d’administration (la retraite ça se prépare…).

En effet, après la France, la Turquie, la Géorgie et Israël, Mike Pompeo s’est rendu – le 20 novembre dernier – aux Émirats arabes unis. Le secrétaire d‘État américain est ensuite passé par le Qatar, puis l’Arabie saoudite où il doit clôturer aujourd’hui sa dernière visite dans le Golfe.

Fidèle – à la lettre – au Pacte du Quincy (signé en février 1945 entre le président Roosevelt et le roi Ibn Séoud), l’administration Trump a entretenu d’excellentes relations avec les monarchies du Golfe, leur livrant les plus grandes quantités d’armements jamais vendues à l’étranger…

Au Qatar, Mike Pompeo doit rencontrer des négociateurs des Taliban et du gouvernement afghan. Les pourparlers de cessez-le-feu marquent le pas, mais pourraient se débloquer à cette occasion. Mais c’est surtout « l’unité du Golfe » qui sera le principal sujet de discussion à Doha.

Depuis juin 2017, le petit émirat gazier est accusé par les autres pays de la région d’entretenir une trop grande promiscuité avec l’Iran et la Confrérie des Frères musulmans, les deux ennemis jurés de l’Arabie saoudite.

Si Doha est donc prêt à faire des concessions, celles-ci seront ensuite rapportées au crédit du prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane. Le chef de la diplomatie américaine terminera en effet son voyage en Arabie saoudite. Il devrait aussi plaider pour la poursuite d’une normalisation des relations avec Israël. Dans le contexte de cette transition difficile, l’arrivée du gouvernement Biden peut-il rebattre les cartes ?

À voir les messages de félicitations des pays du Moyen-Orient affluer avec plus ou moins d’empressement pour saluer la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, on se doute que l’arrivée de ce démocrate à la Maison Blanche ne fait pas les affaires de toutes les capitales de la région. Car le vainqueur du scrutin a bien l’intention de se démarquer de son prédécesseur, outre son style, par un changement de cap politique.

FIN DE PARTIE POUR RIYAD ET TEL-AVIV 

L’Arabie saoudite, qui espérait vainement une victoire du milliardaire américain, a attendu plusieurs jours après la proclamation officielle des résultats, pour « féliciter » Joe Biden. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui patienté quelques heures avant de tweeter ses félicitations. Message dans lequel il n’a d’ailleurs pas mentionné les termes de « victoire », ni même de « président élu », préférant recourir à un langage diplomatique plus policé pour assurer qu’il avait « hâte de travailler » avec lui et sa nouvelle vice-présidente, Kamala Harris.

Avec le retour de Biden au premier plan sur la scène internationale, les Israéliens redoutent que les démocrates ne leur tiennent rigueur eu égard aux hostilités du passé. « Certains craignent notamment que les démocrates n’aient pas oublié la virulente charge portée par Benjamin Netanyahu le 3 mars 2015, devant le Congrès américain, au nez et à la barbe de Barack Obama [le Premier ministre israélien avait alors fustigé la tentative d’accord sur le nucléaire iranien à laquelle travaillaient les États-Unis] », souligne Itamar Rabinovich, ancien ambassadeur d’Israël à Washington et professeur émérite d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Tel-Aviv.

UN ESPOIR PALESTINIEN 

A contrario, Palestiniens et Iraniens – enchantés par le verdict des urnes américaines – n’ont pas attendu pour féliciter Joe Biden, percevant son arrivée au pouvoir comme autant d’espoir. « J’ai hâte de travailler avec le président élu et son administration pour renforcer les relations palestino-américaines et instaurer la liberté, l’indépendance, la justice et la dignité pour notre peuple », s’est empressé de déclarer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.  

Source: https://prochetmoyen-orient.ch/