Étiquettes

, , ,

Cette condamnation virulente de ce qui est ni plus ni moins une « trahison » d’abord et avant tout contre le peuple marocain, puis contre les peuples maghrébines, le Hezbollah l’a faite quelques heures après l’annonce par Rabat de sa décision de normaliser avec l’entité sioniste en échange selon certains « de la reconnaissance US du Sahara marocain » selon d’autres « de quelque trois milliards de dollars de prêts plus quatre drones RQ ». Ces analystes font remarquer aussi que les pressions de Riyad et des Emirats y ont été aussi pour quelque chose et que la cour marocaine qui entretient « depuis 60 ans des liens avec Tel-Aviv » devrait ouvrir la voie à Riyad. Mais cette normalisation pourrait bien cacher après tout une crainte celle qui a fait le jour avec l’enlisement imprévu de Rabat à Guerguerat dans la foulée d’une résistance armée sahraouie qui pourrait bien chambouler les plans US-Israël.  Le ton du communiqué du Hezbollah est bien significatif : 

« Les régimes arabes qui acceptent le compromis avec Israël sauront bientôt qu’ils ne gagneront rien d’autre que du désespoir. La signature des accords de normalisation témoigne du déclin des régimes arabes qui ferment les yeux sur la cause palestinienne pour plaire aux États-Unis et au régime israélien et qui croient pouvoir se sauver la tête d’une fin inévitable. Grave erreur, l’axe US-Israël sacrifie d’abord et avant tout ses propres alliés. »

Et le texte d’ajouter : « Le fait que ces régimes ont cédé devant la politique de chantage des États-Unis et du régime israélien en espérant accéder à des intérêts ou se faire lever des sanctions n’est qu’une hallucination et un mirage, ils n’en gagneront finalement rien, pire ils auraient à faire face aux complots tramés dans leur dos voire sur leur territoire américain et israélien. »

Et le Hezbollah d’ajouter : « C’est la nation éprise de la liberté du Maroc dans laquelle nous pouvons placer notre espoir ; la nation qui a résisté, pendant de longues années, face au colonialisme français. Nous plaçons également notre espoir dans la noble Oummah musulmane qui s’oppose à la normalisation sous toutes ses formes, qui rejette tous ces accords de trahison et qui reste le ferme soutien de la nation palestinienne : la nation qui reste campée sur ses positions malgré tous ces accords honteux et qui poursuivra sa lutte jusqu’à la victoire et la liberté définitives de la Palestine », a souligné le Hezbollah.

Mais qu’est-ce qui a mené le Marocain a commettre l’irréparable? Certains observateurs affirment que le roi aurait été menacé et qui l’a mené à ramer à contre-courant de son Premier ministre, le même qui affirmait il y a peu que la normalisation avec Israël est « impossible ». Quoi qu’il en soit, le Maroc vit l’un des moments les plus tragiques de son histoire. En ouvrant, ses portes à Israël, c’est sa propre sécurité qu’il met en jeu. Le front Polisario l’a dit d’ailleurs dans un entretien aux médias russes : « L’enlisement armé du royaume au Sahara se pointe à l’horizon; c’est tout ce qu’Israël apportera au Maroc ».

Dans la foulée, Oubi Bouchraya Bachir, membre de la direction politique du Front Polisario chargé de l’Europe et de l’Union européenne, a réagi à la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Il l’a qualifiée d’un « non-événement » et de « contradictoire » avec le statut de superpuissance des États-Unis, qui en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, devrait […] veiller au respect du droit international, soulignant sa détermination à poursuivre le combat armé.

Selon lui, c’est « un coup d’épée dans l’eau » qui n’aura aucun effet sur l’évolution du conflit entre les deux parties ». Il a par ailleurs fustigé le troc entre le Maroc et les États-Unis à savoir, la « position US sur la question sahraouie en échange de la normalisation de ses relations avec Israël ».

Aussi, M. Bachir a souligné que la démarche de Trump « aura un impact négatif sur l’évolution de la solution politique au conflit au Sahara occidental, car elle va certainement encourager davantage l’occupant marocain à poursuivre sa politique d’obstruction et refuser de manque de coopération avec les efforts onusiens ». « La même politique qui a conduit le 13 novembre à l’effondrement du processus politique et de l’accord de cessez-le-feu de 1991, suite à l’intervention militaire marocaine au passage frontalier de Guerguerat, situé dans la zone tampon ».

« Les causes sahraouie et palestinienne », un même combat

Abordant la question de l’accord entre le Maroc et Israël, le représentant du Polisario a rappelé que depuis des mois des rapports faisaient état d’une intense activité diplomatique du gendre et conseiller du Président américain pour le Moyen-Orient, Jared Kushner, pour conclure un accord tripartite entre Washington, Rabat et Tel-Aviv. Le but était d’obtenir une reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara occidental en échange d’une normalisation des relations entre le régime israélien et le royaume chérifien.

« Cette démarche du Maroc n’est pas du tout surprenante et a le mérite, enfin, de démasquer auprès des peuples marocains, arabes et musulmans l’hypocrisie de 60 ans de fausse solidarité du royaume avec le peuple palestinien et sa juste cause contre l’occupant israélien », a expliqué le diplomate.
« À ce titre, les causes sahraouie et palestinienne se rejoignent parfaitement sur le droit des deux peuples à l’indépendance, à l’autodétermination et à l’édification d’un État souverain et viable dans le cadre du droit international et de la charte des Nations unies, face à deux colonisateurs expansionnistes qui ne reconnaissent pas leurs frontières et qui bafouent le droit des peuples à la liberté et à la dignité ».

Trump a donné « un coup d’épée dans l’eau »

Suite à l’intervention du 13 novembre des Forces armées royales (FAR) marocaines pour prendre le contrôle du passage frontalier de Guerguerat, le Président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Ibrahim Ghali, a signé un décret mettant fin à l’engagement de la RASD à respecter l’accord de cessez-le-feu avec le Maroc signé en 1991 sous les auspices de l’ONU.
Dans ce contexte, Oubi Bouchraya Bachir a affirmé que la démarche américaine « ne changera strictement rien ni au statut et la nature du conflit au Sahara occidental, tel que rappelé par le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, ni à la légitimité du combat armé que mène le peuple sahraoui pour sa liberté sous la bannière du Front Polisario ».

Press TV