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Le New York Times a déclaré qu’une journaliste, animatrice d’un balado sur le terrorisme, a été arnaquée par un Ontarien accusé d’avoir prétendu être un terroriste de Daech.
Le balado, intitulé Caliphate, a présenté en 2018 l’expérience d’un Canadien qui affirmait avoir combattu pour Daech. Shehroze Chaudhry, un homme de Burlington, en Ontario, y a raconté s’être rendu en Syrie et avoir rejoint les rangs de Daech en 2014.
L’homme est accusé d’avoir inventé l’histoire de toutes pièces.
Il y affirmait avoir emprunté le nom de guerre Abu Huzaifa al-Kanadi (Abu Huzaifa le Canadien). Il avait de plus raconté à la journaliste Rukmini Callimachi avoir reçu un entraînement de combat et vu des plans d’attentats terroristes.
Il y a également décrit les meurtres de civils de manière très détaillée.
En septembre, les autorités canadiennes ont accusé M. Chaudhry, 25 ans, d’incitation à craindre des activités terroristes.
Suite au dépôt de ces accusations, le New York Times a mené sa propre enquête sur la qualité du journalisme ayant mené à ce que l’histoire de l’accusé y soit racontée. Le résultat de cette enquête a été publié vendredi matin.
Il s’agit d’un échec institutionnel
, a déclaré Dean Baquet, rédacteur en chef du Times, dans un épisode spécial de Califat publié vendredi.
Je pense que ce type […] est un escroc qui a inventé la plupart sinon tout ce qu’il nous a dit. […] Chaudhry a trompé des gens à plusieurs reprises, a fourni de fausses informations d’une manière qui, pour être honnête, aurait dû nous faire douter de son histoire.
Le procès de M. Chaudhry n’a toujours pas débuté.
L’équipe du Times affirme qu’elle n’a pu corroborer nombre des affirmations de M. Chaudhry.
Par exemple, ils affirment que l’une des photos que M. Chaudhry avait fournies comme preuve de son voyage en Syrie – qui montre la silhouette d’un homme armé – avait en fait été prise par une agence de presse russe à Alep et avait été largement diffusée par Getty Images.
Une note de la rédaction a été placée sur le site web du balado vendredi, indiquant que le travail journalistique sur l’histoire de M. Chaudhry ne répondait pas aux normes du Times et n’était pas suffisamment rigoureux
. Le New York Times n’a cependant pas supprimé les épisodes mettant en scène M. Chaudhry.
M. Baquet a déclaré que le reportage n’avait pas fait l’objet d’un examen éditorial suffisant avant sa publication. Je n’y ai pas personnellement accordé assez d’attention
, a-t-il déclaré.
Controverse au Canada
M. Chaudhry a affirmé être rentré au Canada en 2016.
La publication du balado en 2018 avait suscité la controverse à Ottawa. Les conservateurs, membres de l’opposition, avaient alors demandé comment le Canada pouvait permettre à un prétendu terroriste d’errer librement dans le pays.
En fait, les autorités canadiennes enquêtaient sur M. Chaudhry depuis 2016 en raison de ses déclarations sur les médias sociaux.
Dans l’un des épisodes du balado du New York Times, M. Chaudhry décrit sa participation à deux exécutions. Cependant, dans une interview ultérieure à CBC News, il nie avoir joué un quelconque rôle dans ces meurtres et a admis les avoir inventés. Il affirme également que la GRC lui avait fait passer un test polygraphique.La GRC a déclaré vendredi n’avoir aucun commentaire à ajouter.
Dans un courriel adressé à CBC News, l’avocat de M. Chaudhry, Nader Hasan, a déclaré que son client a été accusé d’un délit pénal très grave dont il n’est pas coupable
, et qu’il a l’intention de se défendre vigoureusement
.La prochaine audience de M. Chaudhry est prévue pour le 25 janvier.
La journaliste s’excuse auprès des auditeurs
Rukmini Callimachi, l’hôte du balado, a publié sa propre déclaration vendredi sur Twitter.
Je suis extrêmement fière des histoires que j’ai publiées au sujet de Daech. Mais en tant que journalistes, nous exigeons la transparence de nos sources, nous devons donc l’attendre de nous-mêmes
, a-t-elle déclaré.
Le sujet de ce balado nous a menti et je lui ai demandé des explications au sujet de certains aspects. Certains autres mensonges m’ont échappé et ça n’aurait pas dû se produire. […] À nos auditeurs, je présente mes excuses pour ce que nous avons manqué et pour nos erreurs.
Mme Callimachi sera réaffectée à la couverture d’autres sujets pour le New York Times.Avec les informations de CBC News