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Agence France-Presse
À seulement 11 jours de la rupture définitive, le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) restaient engagés dimanche dans un éprouvant bras de fer sur la pêche bloquant toute perspective d’accord post-Brexit.
Ces interminables négociations se poursuivent au moment où la pandémie de coronavirus accapare l’attention des Britanniques : le gouvernement vient d’annoncer le reconfinement de Londres et du sud-est de l’Angleterre pour tenter de juguler une envolée des contaminations attribuée à une nouvelle souche.
Je suis sûr qu’un accord peut être conclu, mais il faut évidemment que l’UE fasse bouger les choses
, a déclaré le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, dimanche, sur Sky News. L’UE a malheureusement formulé des exigences déraisonnables
.
À l’issue d’une nouvelle journée d’échanges à Bruxelles concentrée sur la pêche, une source britannique avait déjà réclamé samedi soir un changement substantiel
des positions européennes dans les jours qui viennent, sans quoi un accord restera impossible.
Or un compromis doit être trouvé avant que le Royaume-Uni – qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier – ne sorte du marché unique européen et de l’union douanière le 31 décembre à 23 h, heure locale. Dans le cas contraire, les échanges entre l’UE et Londres se feront selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas, avec de lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.
À la pression du calendrier s’ajoute pour les Européens celle de leur Parlement : les eurodéputés réclament un texte avant dimanche minuit
pour pouvoir l’examiner et le ratifier afin qu’il entre en vigueur le 1er janvier.
Face au risque d’un no deal
, avec ses lourdes conséquences économiques, cette date butoir a cependant toutes les chances d’être dépassée, comme bien d’autres dans la saga du Brexit.
Un accord conclu in extremis pourrait entrer en vigueur provisoirement, option qui semble avoir la faveur des États membres, avec une ratification a posteriori du Parlement européen.
Le secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, n’a d’ailleurs pas exclu samedi une poursuite des pourparlers après la fin de semaine.