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En approuvant la décision du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, la maire socialiste ne fait pas l’unanimité dans son camp.
Par Pierre Lepelletier
À contre-courant. Contrairement à une partie de la gauche, Anne Hidalgo soutient la décision de Gérald Darmanin d’interdire les manifestations pro-Palestine à Paris, et notamment celle prévue samedi. Cette décision a été justifiée par le ministre de l’Intérieur pour les «graves troubles à l’ordre public» qui «furent constatés en 2014» dans la capitale. À l’époque, alors que la situation s’embrasait au Proche-Orient, des phrases telles que «mort aux juifs» avaient été prononcées dans les cortèges.
«La situation est très tendue»
«Je pense que nous avons connu en 2014 une manifestation extrêmement violente, très difficile. La situation est très tendue, je pense que c’est une décision sage», a affirmé Anne Hidalgo vendredi matin sur Radio J. «Je soutiens que, compte tenu du contexte difficile, inflammable, de cette tentation que nous connaissons depuis toujours d’importer le conflit israélo-palestinien ici, en France et à Paris, je pense que c’est une décision sage et en tant que maire de Paris je l’approuve», a poursuivi l’édile socialiste. Intéressée par la présidentielle de 2022, Anne Hidalgo a notamment rappelé ces «slogans», prononcés à l’époque, «qui nous avaient choqués, révulsés».
Sa position ne fait pas l’unanimité au sein de sa famille politique, à commencer par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. «Un précédent vieux de sept ans ne peut justifier de contrevenir à la liberté de manifester. Il appartient au gouvernement de veiller avec les organisateurs au bon déroulement», a-t-il de son côté jugé dans un tweet, relayé par plusieurs cadres socialistes.
Ce sont les Insoumis qui se montrent les plus virulents contre la décision de Gérald Darmanin. «La France, seul pays au monde où sont interdites toutes les manifestations de soutien aux Palestiniens et de protestation contre le gouvernement d’extrême droite israélien ! C’est évidemment dans le seul but de provoquer des incidents et de pouvoir stigmatiser cette cause», a voulu dénoncer le candidat de La France Insoumise à l’élection présidentielle.