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Sayed Hassan Nasrallah
Hassan Nasrallah

Le secrétaire général du Hezbollah a prononcé, ce mardi 25 mai, un discours à l’occasion de la fête de la résistance et de la libération du sud-Liban de l’occupant israélien le 25 mai 2000 ainsi que de la victoire de la résistance et du peuple palestinien, le 2 mai 2021, lors de la bataille de l’épée d’AlQods.

Voici les principaux points de son discours :

Chers frères et sœurs je voudrais présenter mes félicitations aux Libanais et aux Palestiniens pour les victoires réalisées durant le mois de mai. La fête de la résistance et de la libération du sud-Liban de l’occupant israelien le 25 mai 2000 et la victoire de la résistance à Gaza et de tout le peuple palestinien le 21 mai 2021.

Je voudrais également féliciter les brillants commandants de la résistance ainsi que les Gazaouis qui ont soutenu la résistance et persévéré face aux bombardements et aux agressions israéliens.

Menace existentielle pour l’entité sioniste

Nous avions offert cette victoire à la Palestine qui constitue notre ultime objectif. Cette triomphe a contribué à l’établissement de nouvelles équations. Beaucoup de dirigeants israéliens, dont à leur tête l’ancien Premier ministre Isaak Shamir, avait déclaré à l’issue du retrait israélien du sud-Liban en 2000, que cette défaite israélienne constituera une menace existentielle pour l’entité sioniste.

Décision historique de la résistance à Gaza

Au début, les évènements se limitaient à Al-Qods, l’ennemi insistait à expulser les familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, dans un geste visant à judaïser Al-Qods. Ils interdisaient aux fidèles d’avoir accès à la mosquée d’Al-Aqsa pendant le mois de Ramadan et agressaient ceux qui s’y trouvait et ce, au moment où les colons prenaient d’assaut ce lieu saint.

Al-Qods, ses lieux saints ainsi que les Jérusalémites étaient entrés dans le cercle de la menace, ce qui a incité la résistance à Gaza à prendre sa décision ferme (de venir au secours d’Al-Qods). La résistance a menacé et a tenu ses promesses au moment opportun en tirant des roquettes sur l’ouest d’Al-Qods et en visant les convois israéliens à proximité de Gaza par des missiles de type Kornet.

Le déclenchement de cette guerre relève de la stupidité des dirigeants de l’entité sioniste et de leur sous-estimations envers les Palestiniens. Les dirigeants sionistes ne seront jamais sages, ils cumulent les défaites qui mèneront à la disparition de cette entité et à la restitution de la Palestine à ses vrais habitants.

Ils croyaient que s’ils expulsaient les habitants de Cheikh Jarrah et éloignaient les fidèles d AlAqsa, les Palestiniens se contenteraient de publier quelques communiqués et par conséquent leur projet de la Judaïsation d’Al-Qods passera.

Gaza a surpris l’ami et l’ennemi dans la décision de mettre en œuvre sa menace en réponse aux agressions israéliennes contre Al-Qods. Cette décision constitue une étape historique qualitative dans l’histoire du conflit avec l’ennemi israélien, et cela devrait être énormément apprécié.

L’entrée en action de la résistance à Gaza pour protéger Al-Qods et les Jérusalémites et non pas pour protéger Gaza constitue un développement historique. Bien que la résistance connaissait très bien que sa décision historique augmentera la souffrance des Gazaouis qui ont été à la hauteur de la défense d’Al-Qods et des lieux saints.

Toute atteinte à Al-Qods doit impliquer une guerre régionale.

Les dirigeants sionistes doivent réaliser que toute atteinte à Al-Qods, à la mosquée d’Al-Aqsa et aux lieux saints islamiques et chrétiens, est complètement différente de toutes leurs autres agressions.

Les dirigeants, le gouvernement et l’armée de l’ennemi doivent reconsidérer leurs évaluations sur la base de ce qui s’est passé dans la bande de Gaza. Le fait de nuire à la mosquée d’Al-Aqsa et aux lieux saints ne se limitera à la riposte de la résistance de Gaza. L’équation à laquelle nous devons parvenir dans l’axe de la résistance est la suivante: Al-Qods en échange d’une guerre régionale.

Lorsque l’Israélien se rendra compte qu’il est confronté à cette équation, il saura que toute judaïsation d’Al-Qods entraînera la disparition de son entité.

Quand les lieux saints s’exposent à un réel danger il n’y aura plus de sens aux lignes rouges et aux frontières artificielles.

Résultats de la bataille de l’épée d’Al-Qods

L’unité des Palestiniens de Gaza, de la Cisjordanie, des territoires occupés en 1948 et de la diaspora. Le peuple palestinien agissait d’un seul cœur et d’une seule âme.

La réanimation de la culture et de l’esprit de la résistance comme seul moyen de restituer la terre.

Le renforcement de la confiance en la résistance armée et le soulèvement populaire.

L’assénement d’un coup dur au processus de la normalisation avec l’entité sioniste entamée par certains pays arabes. L’échec de la propagande lancée par leurs médias selon laquelle le peuple palestinien a abandonné sa cause. Le peuple palestinien agissait, par contre, comme le roi des rois des peuples a l’égard de sa cause.

Après cette bataille, nous pouvons dire clairement que le deal du siècle a été avorté. Vient dans ce contexte, les dernières déclarations américaines sur le statut de l’Est d’Al-Qods et sur les habitants de Cheikh Jarrah. Il semble que la nouvelle administration US a renoncé à sa reconnaissance de Jérusalem Al-Qods comme capitale d’Israël, non pas pour des raisons humanitaires, mais conformément à ses priorités.

La mise en relief de l’image cruelle d’Israël assassin des innocents et des enfants et en tant que régime d’apartheid.

Le redressement de la boussole du conflit dans la région, au dépens des conflits confessionnels et des tentatives visant à inventer un nouvel ennemi pour les pays de la région à savoir l’Iran. L’ennemi raciste dans notre région qui commet des massacres n’est autre que l’ennemi sioniste.

Lapid et Reuvlin ont évoqué une menace existentielle pour Israël

Quand nous parlons de cette bataille, nous ne parlons pas d’une guerre de 11 jours entre deux Etats. Mais d’un affrontement opposant l’entité sioniste, qui détient l’une des plus fortes armées dans le monde, à la bande de Gaza sous blocus depuis 11 ans, et d’une superficie de 365 km2 où vit deux millions d’habitants. Les armes de la résistance parviennent à Gaza via une contrebande, ou sont achetées des territoires occupés et fabriquées localement. Nous parlons d’une résistance et d’un peuple sous blocus qui ont réussi à réaliser tous ces exploits.

La sécurité dans l’entité israélienne a été paralysée, ce qui constitue une réalisation militaire sans précédent. La sécurité compte dans un pays artificiel vu qu’elle représente la condition de son existence, faute de quoi cette entité est vouée à l’effondrement. Durant ces derniers jours, les Israéliens, venus des quatre coins du monde, se plaignaient d’insécurité. La communauté israélienne diffère des autres communautés. Il serait plus facile pour eux de plier bagage et de partir en cas d’insécurité.

Nous sommes nés ici, mourront là, et notre décision est de rester dans notre terre.

Le soulèvement des Palestiniens dans les territoires occupés en 1948 a effrayé les dirigeants israéliens. Le Premier ministre désigné Yaïr Lapid et le président Reuvlin ont évoqué une menace existentielle pour Israël.

70 % pour des Israéliens ont été contraints de se réfugier dans des abris sous le retentissement des sirènes d’alarmes.

Cette bataille a mis fin à l’image de l’entité sioniste sûre pour les étrangers et les investisseurs.

Kochavi : pas de victoire sans opération terrestre

Parallèlement, l’entité sioniste a échoué à empêcher les tirs des roquettes dans des heures spécifiées, ce qui implique un échec majeur au niveau des renseignements et de la collecte des informations. Le Dôme de fer s’est avéré défectueux. Selon des dirigeants militaires de l’occupation, ce système anti-missile n’a pu intercepter que 53% des roquettes ayant visé les villes occupées.

L’entité sioniste n’a pas non plus réussi à localiser et à détruire le stock réel et stratégique des roquettes qui n’ont pas été lancées.

Elle n’a également pas été capable d’exécuter ses menaces d’assassiner les commandants de premier rang de la résistance, dont Mohammad Deif.

Les dirigeants israéliens ont eu tort dans leur évaluation de la réponse de Gaza et de la réaction des Palestiniens des territoires occupés en 1948.

Pour démontrer la défaite de l’entité sioniste dans cette guerre, je cite une declaration du chef d’état-major israélien Aviv Kochavi, surnommé le philosophe, en raison de ses théories qu’il avançait de temps à autre.

Selon Kochavi, «il n’y a pas de victoire sans opération terrestre». Tous ses théories sur les stratégies militaires ont volé en éclat face à Gaza qui est sous embargo.

L’esprit de son armée est hanté par la panique d’une opération terrestre à Gaza ou au Liban. Quand la plus puissante armée dans la région craint de mener une opération terrestre cela constitue un échec stratégique et non pas ordinaire.

Al Manar