Traitement, conservation ou encore effacement des données… Dans une délibération du 24 septembre 2021, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a demandé au ministère de l’intérieur de revoir sa gestion du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED).
Le fichier de police judiciaire d’identification recense, en 2018, près de 6,3 millions d’empreintes digitales et palmaires de personnes mises en cause dans des procédures pénales. © peterschreiber.media – stock.adobe.com
Fichier de police judiciaire d’identification, le FAED recense en 2018 près de 6,3 millions d’empreintes digitales et palmaires de personnes mises en cause dans des procédures pénales et 240 000 « traces » d’empreintes relevées sur les scènes de crime ou de délit.
Dans sa délibération publiée sur Légifrance le 30 septembre 2021, la Cnil relève divers types de manquements à la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978. Face à cette situation, la Commission a prononcé un rappel à l’ordre ainsi qu’une injonction de mise en conformité au plus tard le 31 octobre 2021 (sauf pour la suppression du fichier manuel qui devra intervenir d’ici le 31 décembre 2022).
Des manquements à la loi de 1978
Ainsi, lorsqu’il est mis en œuvre par le ministère de l’intérieur, le fichier automatisé des empreintes digitales doit respecter certaines dispositions de la loi de 1978.
Toutefois, des manquements ont été constatés. Ils concernent :
- le traitement de données qui excèdent le cadre légal fixé (notamment le nom de la victime ou le numéro d’immatriculation d’un véhicule) ou qui ne sont pas prévues par les textes (comme le fichier manuel au format papier) ;
- la conservation des données au-delà d’une durée maximale de 25 ans à compter de l’établissement de la fiche ;
- les modalités d’effacement des données après certaines étapes de la procédure judiciaire (acquittement, relaxe, non-lieu ou classement sans suite) ;
- le niveau de sécurité de données « sensibles » insuffisant en raison d’un mot de passe peu robuste ;
- l’absence d’information des personnes, en particulier pour demander la rectification ou l’effacement des données à caractère personnel ou pour introduire une réclamation auprès de la Cnil.