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À quelques jours de la reprise des négociations sur le nucléaire iranien à Vienne, les États-Unis et les monarchies du golfe Persique lancent un appel à Téhéran pour s’engager dans la voie diplomatique en faveur d’une désescalade dans la région.
Certains pays du Golfe, comme le Qatar et Oman, sont souvent considérés comme des canaux utilisés par les États-Unis pour communiquer avec l’Iran.
Ces monarchies ont informé
Washington de leurs efforts pour bâtir des canaux diplomatiques efficaces avec l’Iran
afin de favoriser une désescalade des tensions, avec l’appui de la dissuasion militaire américaine.
Tous les participants ont exhorté le nouveau gouvernement iranien à saisir l’occasion diplomatique
liée aux négociations de Vienne pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien afin de prévenir un conflit et une crise
, ont déclaré Washington et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) dans un communiqué commun, à l’issue d’une réunion à Riyad de leur groupe de travail sur l’Iran.
Tout en lançant cet appel à la diplomatie, les signataires du communiqué ont adressé une mise en garde à la République islamique d’Iran, accusée de provoquer une crise nucléaire
et de déstabiliser le Moyen-Orient avec ses missiles balistiques et ses drones.
L’Iran a franchi des étapes qui ne répondent à aucun besoin civil, mais qui pourraient s’avérer importantes pour un programme d’armes nucléaires
, ont déploré les représentants américains et d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, de Bahreïn, d’Oman et du Koweït.
Au-delà du nucléaire, les missiles et les drones

Un tir de missile lors d’un exercice de la marine iranienne.Photo : AFP / Ebrahim Noroozi
Par ailleurs, les participants ont aussi condamné les politiques agressives et dangereuses
attribuées à Téhéran, dont la prolifération et l’utilisation directe de missiles balistiques avancés
et de drones.
Le soutien de l’Iran à des milices armées dans la région et son programme de missiles balistiques représentent une menace claire pour la sécurité et la stabilité
, ont-ils prévenu.
Le texte fait référence au soutien iranien aux rebelles houthis du Yémen qui ont multiplié les attaques, ces dernières semaines, contre la coalition menée par l’Arabie saoudite dans ce pays.
L’Iran est également accusé d’appuyer des milices irakiennes ainsi que le Hezbollah libanais.
Les participants à la réunion ont fait miroiter à la République islamique les avantages d’une amélioration des relations avec ses voisins arabes et d’une levée des sanctions américaines en cas de succès des négociations de Vienne.
Le stock d’uranium enrichi démultiplié
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait état mercredi d’une nette augmentation du stock d’uranium enrichi par l’Iran.
Après le retrait américain de l’accord sur le programme nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions, Téhéran s’est affranchi progressivement des engagements pris dans le cadre de ce pacte.
Cette photo publiée par l’AIEA montre des centrifugeuses à la centrale de Natanz, en Iran.Photo : La Presse canadienne / AP/AIEA
Selon un rapport de l’instance onusienne consulté par l’AFP, la quantité d’uranium accumulée dépasse désormais de plus de 12 fois la limite autorisée : elle était ainsi estimée début novembre à 2489,7 kg.
L’Iran a également dépassé le taux d’enrichissement de 3,67 % fixé par l’accord, montant d’abord à 20 % : il dispose maintenant de 113,8 kg, contre 84,3 kg fin août.
Puis il a franchi le seuil inédit de 60 %, se rapprochant des 90 % nécessaires à la confection d’une bombe : il en a produit 17,7 kg, contre 10 kg il y a trois mois.
Ce rapport sera examiné au Conseil des gouverneurs de l’AIEA prévu la semaine prochaine.
Le patron de l’AIEA, Rafael Grossi, se rendra en Iran lundi pour tenter de reprendre le contact, rompu depuis septembre, avec les autorités iraniennes.
Celles-ci ont imposé des restrictions aux inspecteurs de l’agence onusienne après l’adoption par le Parlement iranien d’une loi visant à limiter les activités de l’AIEA.