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L’instabilité géopolitique croissante figure au rang des trois sources d’inquiétude principales des Allemands. Plus d’une personne interrogée sur cinq se sent personnellement menacée par un conflit armé. La Russie est considérée comme la plus grande menace.

Par Ninon Renaud

Deux nouveaux fronts se sont invités dans le trio de tête des craintes exprimées par les Allemands. La forte hausse des prix a fait ressurgir chez 70 % d’entre eux la peur viscérale de l’inflation , désormais en tête de leurs préoccupations. Mais le caractère de plus en plus imprévisible de la situation dans le monde inquiète aussi 62 % d’entre eux, au point de talonner les conséquences de la pandémie pour l’économie du pays, peur que partagent 66 % des Allemands.

Ce sentiment d’instabilité géopolitique croissante, révélé mardi par le rapport annuel sur la sécurité du Centre de stratégie et de management, a fait ressurgir la peur d’un conflit armé. Selon le sondage mené pour l’organisation par l’Institut Allensbach début janvier auprès de 1.090 personnes représentatives de la population, 21 % des sondés se sentent personnellement menacés par une guerre contre 10 % il y a un an.

La Russie et la Chine font peur aux Allemands

Un bond lié au fait que 37 % craignent une implication de l’Allemagne dans un conflit armé. Les tensions à la frontière ukrainienne en sont la conséquence directe : citée par 66 % des répondants, soit un bond de 34 points en un an, la Russie est désormais considérée comme le pays le plus menaçant pour la paix. Pour mémoire, les Etats-Unis occupaient cette place en 2019 , quand Donald Trump était au pouvoir.

En deuxième position, la Chine, citée par 60 % des sondés, fait quant à elle un saut de 14 points en un an. Ces inquiétudes à l’égard de deux puissances hostiles à la démocratie occidentale expliquent le plébiscite allemand en faveur de l’Otan : 72 % soutiennent l’appartenance de leur pays à l’Alliance transatlantique. 79 % plébiscitent par ailleurs l’armée allemande, contre 73 % en 2020.

Oui à l’Otan mais sans engagement militaire

Cette popularité tient à l’engagement de cette dernière dans la lutte contre la pandémie dans le pays. Les Allemands rechignent en revanche dans leur majorité à envoyer leurs troupes en cas de conflit hors de leurs frontières. Seuls 44 % apporteraient ainsi leur soutien militaire en cas d’agression d’un pays membre de l’Alliance. Une position qui fait écho à la retenue d’Olaf Scholz dans le bras de fer avec la Russie.

Dans le cas plus précis d’une attaque des pays baltes (Estonie, Lettonie ou Lituanie), ils ne sont que 39 % dans l’ouest du pays et 20 % dans les anciens Länder de RDA à prôner un engagement de la Bundeswehr. Cette réticence à s’engager se traduit aussi par un soutien mitigé aux interventions de l’armée dans les zones de conflit. Ils sont même 51 % à prôner un retrait des troupes au Mali .

Les Echos