
Une évolution préoccupante
L’amalgame qui s’effectue insensiblement entre français et “anglais” crée aujourd’hui un véritable flou grammatical qui nuit à la clarté de l’expression, occasionnant une perte de repères susceptible de mener jusqu’à une forme d’insécurité linguistique chez les locuteurs francophones.
Extrait du rapport de l’Académie française
La révolution de l’informatique au XXe siècle, dont certains soutiennent qu’elle est au moins aussi importante que celle de l’imprimerie, a en tout cas considérablement accru la place et le rôle de la communication des institutions les plus diverses, destinée au public en général dans ses différentes composantes humaines et sociales. Ainsi la communication s’est-elle progressivement distinguée du langage privé, mais aussi du discours public, pour concourir, dans des domaines aussi différents que l’informatique, la publicité, le commerce, la recherche scientifique, la culture… à l’échange nécessaire entre un public avide d’information et les institutions qui font partie de son cadre de vie.
Il n’est peut-être pas inutile de rappeler ce qui fait la spécificité de notre langue. Le français est constitutivement une langue écrite, une langue de l’écrit. C’est à partir de la langue écrite qu’il s’est unifié, diffusé et développé, d’abord par la décision de rédiger les textes juridiques en « langage maternel français et non autrement », puis, dès le XVIIe siècle, par l’action des grammairiens et des écrivains, placée sous l’égide de l’Académie.
Actuellement au contraire, l’entrée quasi immédiate dans la vie publique de mots anglais ou supposés tels, via les moyens de diffusion de masse, sans adaptation aux caractéristiques morphologiques et syntaxiques du français, conduit à une saturation, d’autant que nombre d’anglicismes sont employés en lieu et place de mots ou d’expressions français existants avec pour conséquence immanquable l’effacement progressif des équivalents français,