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 La cristallisation semble s’être produite. Et alors qu’une immense majorité de Français s’étaient prononcés pendant la majeure partie du quinquennat contre une réédition du second tour de 2017, ce sont ces deux candidats qui semblent devoir arriver en tête dans une semaine, sauf surprise, qui n’est pas à exclure. Même si cela n’est pas satisfaisant, il y a malgré tout des motifs à se réjouir.

Une clarification, aussi incomplète soit-elle

Bien sûr, avec un bilan aussi désastreux, un comportement aussi détestable et un refus de rendre des comptes ou de véritablement faire campagne, on pourrait espérer que Macron soit renvoyé de l’Elysée dès le premier tour. Ce ne serait que justice. A moins d’une heureuse, mais improbable, surprise, cela ne semble pas devoir être le cas. Malgré tout, ici, il est important que tous ceux qui rejettent autant les politiques que la personne se mobilisent le 10 et le 24 avril pour aller exprimer notre opposition à Macron. Pas une voix opposée au résident de l’Elysée ne doit manquer, surtout pour un premier tour où il existe tout de même une palette très large de moyens de voter contre lui ! Le président compte sur l’abstention et l’apathie démocratique de ses opposants : démontrons-lui dans une semaine que sa réélection n’est pas acquise… Il faut que son exposition pendant une campagne rappelle son caractère détestable, telle sa sortie digne d’un pillier de bar en fin d’une trop longue journée sur la vaccination et l’extrême-droite.

Après tout, il n’est peut-être pas inintéressant que cette élection accélère le processus d’affaiblissement du PS et de l’UMP, astres morts aspirés par le trou noir qu’est la macronie, qui a pu afficher une ribambelle de trophés dans la campagne. On ne compte plus les anciens ministres UMP ou PS qui appellent à voter Macron dès le premier tour, préférant soutenir l’exécutif que le candidat de leur camp. Bien sûr, cela est opportuniste, mais après tout, Macron est la continuité de Chirac, Jospin, Sarkozy ou Hollande. Je préfère que tous ces gens qui mènent des politiques si proches ne forment plus qu’un seul camp, ce qui permettra de faciliter l’émergence d’alternatives plus marquées, à défaut d’avoir déjà une alternative correspondant exactement, ou de manière très proche, à mes convictions personnelles.

A défaut, je me réjouis de la poursuite de l’effondrement des prétendus socialistes. Même en l’absence de Taubira, Hidalgo pourrait perdre deux tiers des maigres suffrages obtenus par Hamon il y a cinq ans, ramenant potentiellement ce parti, qui était encore à l’Elysée il y a cinq ans, sous Lassalle et Dupont-Aignan ! Pas sûr qu’après un tel désastre ce qui reste du PS puisse résister aux forces d’attraction qui l’entourent. Et ce sera un bon débarras tant ce parti a trahi tous ses idéaux, sociaux et républicains notamment. Je ne regretterai pas que le parti de Mitterrand finisse enfn dans les poubelles de l’histoire. Et la destination finale de la plupart de ses éléphants, qui choisissent largement la macronie, montre bien que ce parti n’avait de socialiste que le nom, qu’il n’était que l’étiquette de gauche de l’oligarchisme.

Les Républicains pourraient bien, eux aussi, prendre le chemin du PS avec cinq ans de décalage. Le naufrage de la candidature Pécresse et l’émergence de Zemmour montrent bien qu’il y a deux lignes irréductibles au sein de ce parti : une ligne Macron-compatible, incarnée par les transferts d’Estrosi, Woerth ou Muselier, et une ligne plus conservatrice Ciotti-Wauquiez, très proche de Zemmour. La seconde a mystérieusement persisté dans le parti malgré la domination idéologique des modérés ex-UDF ou RPR post-gaullistes, en s’appuyant sur certains discours plus tranchés, qu’avaient tenu Sarkozy ou Wauquiez, malgré les doutes sur leur sincérité. Mais l’échec complet d’une Pécresse s’étant positionnée sur une ligne conservatrice, pourrait accélérer la décomposition de LR, surtout si Zemmour fini devant avec un second tour qui promet de nouvelles fractures au sein du parti entre Macron-compatibles et opposants.

Au global, ce qui est frappant, et qui rejoint l’analyse de David Desgouilles il y a quelques mois, c’est à quel point cette campagne est probablement déterminée par le clivage bloc populaire / bloc élitiste, théorisé par Jérôme de Sainte-Marie. Pécresse n’a pas réussi à remettre en cause la domination de Macron sur le blog élitiste, d’autant plus que la guerre en Ukraine a probablement renforcé le caractère légitimiste de ce bloc tout en réduisant la campagne à sa plus simple expression, ne permettant pas un vrai débat sur le bilan de ce président, qui a pu, comme il fait presque toujours, échapper à la contradiction. Il faut reconnaître aussi qu’elle n’a pas été une bonne candidate, entre bourdes, discours faux et empruntés. Et parce que Zemmour a adopté un discours économique très oligarchiste, il s’est sans doute construit un public proche de celui de Le Pen père dans les années 1980, ne lui permettant pas de remettre en question la domination de Marine Le Pen sur le bloc populaire, que Mélenchon ne conteste qu’imparfaitement.

La toute dernière ligne droite de l’élection, pourtant facilitée par le fiasco des candidats proches, Pécresse ou Hidalgo, n’est guère favorable à Macron, avec la question du pouvoir d’achat, et l’affaire McKinsey, qui lui fait perdre son calme. En quelques jours, il est passé d’une victoire certaine à une vraie inquiétude sur l’issue du second tour. Le #toutsaufMacron devrait être fort le 10 et le 24…

Gaulliste Libre