PHOTO MARTIN MEISSNER, ASSOCIATED PRESS Scène croquée devant la cathédrale luthérienne d’Helsinki, en Finlande. Le pays scandinave prévoit se joindre à l’OTAN, ce qui lui attire des représailles de la Russie.

Dans un geste qui a toutes les apparences de premières représailles contre la Finlande qui projette de se joindre à l’OTAN, la Russie, par l’entremise de la compagnie de distribution RAO Nordic, coupera l’alimentation en électricité à son voisin à compter de samedi, à 1 h, heure locale.

André Duchesne

Une première en 20 ans, la situation survient en raison de vagues problèmes de paiement évoqués par RAO Nordic. Du côté finlandais, le réseau de distribution Fingrid a indiqué que cette décision ne mettait pas en péril la capacité de distribuer toute l’électricité nécessaire à travers le pays.

La baisse peut être compensée en augmentant les importations d’électricité de la Suède, pays voisin à l’ouest, et en augmentant la production locale.

En temps normal, l’achat de l’électricité russe représente environ 10 % de la consommation de la Finlande.

Rappelons que jeudi, la Finlande et la Suède ont manifesté leur désir de grossir les rangs de l’OTAN. On s’attend à ce que la Finlande, qui partage une frontière de 1340 kilomètres avec la Russie, annonce officiellement dimanche son intention de se joindre à l’organisme de défense mutuelle transatlantique. La question doit cependant être débattue en début de semaine par les parlementaires.

En réponse, la Russie a indiqué qu’elle prendrait des mesures « militaro-techniques » pour faire face à cette « menace à sa sécurité nationale ».

Zelensky relance Poutine

Comme il l’avait fait à plusieurs reprises depuis le début du l’invasion russe, le 24 février, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a tendu la main vendredi à son homologue, Vladimir Poutine, réitérant sa volonté de tenir des pourparlers face à face.

En entrevue à la chaîne italienne Rai 1, M. Zelensky a déclaré : « En tant que président, je suis prêt à parler à Poutine, mais seulement à lui. Sans intermédiaires. Et en adoptant un canevas de dialogue, et non d’ultimatums. »

Le leader ukrainien avertit toutefois qu’il ne fera aucune concession territoriale à la Russie. La base de la discussion devrait être le retrait des troupes russes de l’Ukraine, a-t-il dit.

Un sénateur freine l’aide américaine

PHOTO AL DRAGO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky

À Washington, le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul s’est opposé à un appui unanime du Sénat endossant l’envoi d’une aide de 40 milliards à l’Ukraine. L’initiative du président Joe Biden est largement appuyée tant par les démocrates que par les républicains. Or, Rand Paul a bloqué l’accord unanime du Sénat nécessaire pour accélérer le processus en exigeant des garanties qu’un inspecteur général s’assure que l’argent est correctement dépensé. Sur Twitter, il a reçu l’appui de Donald Trump fils. Le Sénat réessaiera de faire passer la mesure la semaine prochaine.

Moscou expulse dix diplomates roumains

Moscou a annoncé vendredi l’expulsion de dix diplomates roumains et d’un Bulgare. Le Kremlin agit en représailles à une décision annoncée le 5 avril par Bucarest d’expulser dix diplomates russes « dont les activités étaient contraires à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ». La Russie condamne la Roumanie pour ses « tentatives infondées […] de rejeter la faute de crimes de guerre en Ukraine sur la Russie ».

La Presse Avec The Guardian, NBC News, The Washington Post, l’Agence France-Presse, Franceinfo et l’Associated Press