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Depuis les élections présidentielles, Emmanuel Macron fait preuve d’une discrétion qu’on ne lui connaissait pas. Après avoir été élu à l’issue d’une non-campagne, le voilà qui réitère pour aborder les deux tours des élections législatives des 12 et 19 juin.
Le silence présidentiel permet :
de ne pas insister sur le programme qu’il compte mettre en œuvre au plus vite, dont la réforme des retraites portant l’âge de départ à 65 ans diminuant le montant des pensions et l’assurance chômage ne sont qu’un aperçu.
de ne pas avoir à traiter les réalités politiques dérangeantes qui en quelques jours sont apparues dans un silence étourdissant, mettant à jour la véritable nature du macronisme. Tous les secteurs sont concernés, sociaux, économiques, politiques, moraux, nationaux, étrangers…
a/ l’assassinat d’Alban Gervaise, médecin militaire, égorgé au nom d’Allah à Marseille devant ses enfants, sans que nul politique ne dise un mot de la barbarie, de sa nature, réduisant ainsi ce drame au rang de simple fait divers, banal et banalisé.
b/ l’épisode « stade de France » qui en tout et pour tout a donné lieu aux mensonges répétés de Darmanin, de Lallement, et au silence du président, notamment sur les agressions subies par des ressortissants anglais et espagnols de la part de bandes organisées, et des policiers faisant usage de la force contre des supporters sidérés et apeurés…
c/ la crise inévitable, l’inflation, la vie impossible, et les mesures dérisoires mises en avant, du chèque alimentation à la limitation à des prix de l’énergie à des niveaux déjà inouïs…
d/ la signification du gouvernement Borne, avec notamment une reconnaissance du wokisme, du communautarisme et du radicalisme à travers la nomination à l’éducation de Pap N’diaye…
e/ la grève des diplomates du ministère des Affaires étrangères contre la suppression de leur corps auquel le président élu préfère, sur fond de situation ukrainienne, dans la foulée de la volonté américaine et de l’OTAN, le poids des armes à l’efficacité des mots.
f/ la création d’un « conseil national de la refondation », un CNR en référence à celui créé en 1944 et mis en place par De Gaulle, véritable déni des élections législatives et de l’Assemblée nationale, du scrutin démocratique, de la décision des Français.
g/ l’échec de la présidence européenne et du fameux projet de « défense européenne », placée en réalité sous domination américaine avec l’OTAN, et la décision du réarmement de l’Allemagne qui pour l’occasion passe commande aux entreprises américaines…
h/ l’Ukraine, les sanctions à répétition qui visiblement ne règlent rien, sinon les conséquences que les citoyens français auront à payer, et les risques de déflagration généralisée…
…
Tout cela confirme la parole de Machiavel et la seule conclusion qu’on puisse en tirer. « En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ». Le pire se nomme Macron et sa politique, voilà le seul constat possible.
Durant les élections présidentielles, la logique exigeait la défaite inconditionnelle de Macron.
Les députés qui seront élus les 12 et 19 juin auront à soutenir ou pas la politique macronienne. S’opposer à cette politique doit donc conduire, inconditionnellement, circonscription par circonscription, à battre les candidats macroniens déclarés ou camouflés, les LR, future force d’appoint à la macronie en crise, les PS qui attendent leur tour, les zemmouristes qui ont participé par leur présence à l’élection de Macron, les écolos compatibles ou autres candidats de groupuscules créés à cette occasion qui attendent leur tour.
Il reste donc à chacun à faire le tri dans sa circonscription et à choisir le candidat le mieux placé pour défaire les macroniens. Il ne s’agit pas là de choisir un prétendu premier ministre dont la personnalité pourrait pousser à préserver Macron du vote des électeurs. Non, il s’agit de défaire Macron, tout simplement.
Cette élection est l’occasion de rendre le pouvoir jupitérien minoritaire en voix, d’atteindre sa légitimité, et minoritaire en siège, de réduire ses capacités.