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AFP
La guerre en Ukraine a de graves conséquences sur l’agriculture du pays, prive par ailleurs le monde de céréales et d’engrais et fait flamber les prix. Le risque d’une crise alimentaire mondiale sera au centre des discussions des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne qui se retrouvent lundi à Luxembourg. L’UE se dit prête à travailler avec l’ONU pour éviter le pire.
Dans un article publié samedi sur son blog officiel, le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell, met en garde sur les risques de famine dans le monde causé par la guerre en Ukraine, dont l’une des conséquences est une flambée des prix des céréales, des huiles de cuisson, des carburants et des engrais.
Le chef de la diplomatie européenne a assuré que l’Union européenne (UE) était prête «à travailler avec l’ONU pour prévenir tout impact indésirable de nos sanctions sur la sécurité alimentaire mondiale ».
« Il est impératif de permettre la reprise des exportations ukrainiennes par bateau. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’ONU et nous espérons qu’une solution pourra être trouvée dans les prochains jours. Ne pas le faire risque de provoquer une catastrophe alimentaire mondiale », met-il en garde.
Josep Borrell dénonce aussi « le choix politique conscient de la Russie de « militariser » les exportations de céréales et de les utiliser comme un outil de chantage contre quiconque s’oppose à son agression » en l’Ukraine.
« La Russie a transformé la mer Noire en zone de guerre, bloquant les expéditions de céréales et d’engrais en provenance d’Ukraine (…) et applique également des quotas et des taxes sur ses propres exportations de céréales », souligne-t-il.
Les sanctions imposées par l’Union européenne « n’interdisent pas à la Russie d’exporter des produits agricoles et des semences, ni de les acheter, à condition que les personnes ou entités sanctionnées ne soient pas impliquées » dans ces opérations, rappelle-t-il. Et d’ajouter : « Nous sommes pleinement conscients qu’il y a une +bataille de récits+ autour de cette question » des sanctions.
D’après la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le recul des exportations de blé et d’autres produits alimentaires de base en provenance de Russie et d’Ukraine menace de famine 11 à 19 millions de personnes de plus dans le monde, sur la période 2022-2023, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Les pays les plus touchés sont ceux de la région Proche-Orient/Afrique du Nord, étant donné leur forte dépendance aux importations, notamment de blé, en provenance de ces pays, mais aussi d’huile végétale, d’huile de tournesol. Certains pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie, comme le Bangladesh et l’Indonésie, sont également « fortement affectés », selon Boubaker BenBelhassen, directeur de la Division des marchés et du commerce de la FAO.
La France a acheminé 31 tonnes de semences vers l’Ukraine
Pour tenter de contrer les « effets désastreux de l’invasion russe sur la sécurité alimentaire de l’Ukraine », la France, première productrice agricole de l’UE, a acheminé 31 tonnes de semences potagères en Ukraine, après avoir fourni entre avril et mai quelque 600 tonnes de plants de pommes de terre, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères.
Le président Emmanuel Macron a indiqué jeudi que la France aidait la Roumanie pour y faire transiter les grandes quantités de céréales bloquées en Ukraine, en l’absence d’accord permettant de les faire sortir par la mer Noire à cause du blocus russe.