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Les critiques occidentales n’ont pas empêché Moscou de poursuivre son offensive dans le Donbass

Ukraine » Les critiques occidentales exprimées à une réunion du G20, que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a quittée à la mi-journée, n’ont pas empêché Moscou de poursuivre son offensive dans le Donbass. L’armée ukrainienne résiste avec plus ou moins de succès.
L’armée russe, après quatre mois et demi de guerre, continue à pilonner la région de Donetsk dans l’intention de s’emparer de l’ensemble du bassin du Donbass, son objectif stratégique depuis qu’elle s’est retirée des environs de Kiev fin mars.
Les frappes russes dans la région de Donetsk ont fait en 24 heures six morts et 21 blessés, a annoncé le gouverneur ukrainien Pavlo Kyrylenko. L’armée ukrainienne a affirmé avoir repoussé une tentative d’avancée russe près de Sloviansk mais reconnu une progression ennemie au sud de Siversk.
Nouvelle aide américaine
Dans la région de Kharkiv (nord-est), la deuxième ville du pays, les bombardements russes ont fait 4 morts et 9 blessés parmi les civils en 24 heures, a indiqué le gouverneur Oleg Sinegoubov.
Dans le sud, Kiev a fait état d’explosions hier matin dans la région voisine de Mykolaïv, d’où partent les tentatives de contre-attaque vers Kherson, ville occupée depuis les premiers jours de la guerre.
Les Ukrainiens vont pouvoir continuer de se défendre. Les Etats-Unis ont annoncé hier une nouvelle aide militaire à l’Ukraine qui va améliorer les capacités ukrainiennes à viser des dépôts d’armes et la chaîne d’approvisionnement de l’armée russe.
Cette aide, d’un montant de 400 millions de dollars, comprend quatre systèmes de lance-roquettes multiple Himars et des munitions, qui ont déjà permis aux forces ukrainiennes d’attaquer des cibles – comme des dépôts de munitions – avec des missiles tirés hors de portée de l’artillerie russe, a précisé un haut responsable du Pentagone.
A Moscou, le pouvoir met en application sa loi visant à sanctionner toute critique de l’opération en Ukraine. Un élu municipal a été condamné à sept ans de prison pour avoir dénoncé l’«agression» contre l’Ukraine, en pleine vague répressive pour faire taire toute critique dans le pays.
Dans le même temps à Bali, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a quitté hier à la mi-journée une réunion avec ses homologues du G20 après un flot de déclarations occidentales condamnant l’invasion de l’Ukraine par Moscou.
M. Lavrov et son homologue américain, le secrétaire d’Etat Antony Blinken, étaient réunis pour la première fois depuis le début de la guerre en février à l’occasion de cette réunion rassemblant les chefs de la diplomatie des 20 plus grandes économies mondiales.
Le sommet, organisé sur l’île de Bali, n’a débouché sur aucune décision concrète mais a donné lieu à une confrontation entre Moscou et les Occidentaux.
Moscou a estimé que les Occidentaux avaient «échoué» dans leur projet de boycotter la Russie, selon la porte-parole du Ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova.
Mais les participants ont «exprimé leurs profondes inquiétudes à propos des conséquences humanitaires de la guerre» en Ukraine, a précisé la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, en clôturant la réunion.
L’effet de la guerre «se fait sentir dans le monde entier, sur l’alimentation, l’énergie et les budgets», a souligné la ministre indonésienne. «Et comme toujours, les pays pauvres et en développement sont les plus touchés.»
Le G20 n’a pas unanimement condamné l’invasion russe, seuls «certains membres» l’ayant fait, a souligné Mme Marsudi. Les Occidentaux ont estimé néanmoins avoir réussi à élargir le front contre la Russie et à attribuer clairement la responsabilité de Moscou dans la guerre et les crises énergétique et alimentaire mondiales qu’elle a suscitées.
«Ce que nous avons déjà entendu aujourd’hui est un important chœur du monde entier, pas seulement des Etats-Unis pour (…) que l’agression (russe) cesse», a ainsi déclaré à la presse Antony Blinken.
«La Russie a été tellement isolée que Lavrov est parti de la conférence à la mi-journée, après avoir parlé», a déclaré la ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna.
ats/afp