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Armes nucléaires, F. Kishida, Hiroshima, Japon, propagande, Russie
1448-12-07-2022
Nous avons pris note des récents commentaires hostiles à la Russie du Premier ministre japonais Kishida, notamment ses remarques tendancieuses sur les armes nucléaires. Leur orientation et leur ton sont déconcertants. Il a notamment justifié son choix d’Hiroshima comme lieu du sommet du G-7 en disant qu’il n’y avait pas de meilleure alternative que cette ville alors que l’ordre mondial est déstabilisé et que l’utilisation et la menace d’armes nucléaires par la Russie « sont devenues une réalité ».
Le cynisme avec lequel on a tenté de replacer les critiques sans fondement à l’encontre de notre pays dans le contexte de la tragédie d’Hiroshima est frappant. Il serait logique de supposer qu’à l’approche du prochain anniversaire des événements tragiques au cours desquels des armes nucléaires ont été utilisées contre le Japon, le pathos accusateur de Tokyo sera dirigé vers le pays qui a commis le bombardement atomique criminel des villes japonaises en août 1945. Malgré la rhétorique servile des États-Unis et les autorités japonaises qui ont beaucoup fait pour éroder la mémoire historique de leur peuple, Hiroshima et Nagasaki ne peuvent que se souvenir que l’ordre barbare est venu de Washington.
Les tentatives, à des fins de propagande, de déformer la logique de la dissuasion, sur laquelle se fonde le commentaire officiel russe sur les questions nucléaires, et de nous dépeindre comme un pays menaçant de se doter d’armes nucléaires sont absolument inacceptables. Cela est d’autant plus critiquable que les principaux risques nucléaires sont actuellement générés de manière intensive par le protecteur du Japon, les États-Unis, sous le parapluie nucléaire desquels les commentaires provocateurs de Tokyo sont faits. En provoquant une escalade de la crise ukrainienne et en déclenchant une confrontation hybride féroce avec la Russie, Washington et ses alliés se trouvent dangereusement au bord d’une confrontation militaire ouverte avec notre pays, ce qui signifie un conflit armé direct entre puissances nucléaires. Il est évident qu’un tel affrontement serait lourd d’une escalade nucléaire. Mais l’administration japonaise préfère ne pas remarquer une telle trajectoire déstabilisante de son suzerain américain.
Quant à la volonté délibérée de Tokyo de réduire le risque nucléaire et d’avancer vers un monde sans nucléaire, elle laisse un sentiment de manque de sincérité. Cela contredit directement les révélations selon lesquelles le Japon a périodiquement exhorté les États-Unis à renforcer leurs capacités nucléaires dans la région Asie-Pacifique. Cela s’est manifesté, en particulier, par le fait que Tokyo a vivement critiqué l’abandon par l’administration Obama des missiles de croisière maritimes (SLCM) nucléaires et a activement salué le programme de l’administration Trump visant à construire des armes nucléaires à faible rendement, y compris la reconstitution de SLCM à capacité nucléaire. Il ne faut pas non plus négliger le débat lancé par des personnalités influentes sur l’opportunité de déployer des armes nucléaires américaines et d’introduire la pratique des « missions nucléaires conjointes », similaires à celles de l’OTAN, en violation des exigences du traité de 1968 sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Entre-temps, l’accord américano-japonais autorisant le retour des armes nucléaires américaines à Okinawa reste en vigueur.
Dans ce contexte, on peut raisonnablement penser que Tokyo cherche à utiliser de tels mouvements sur la question nucléaire pour occulter le rôle historique du militarisme japonais dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et pour justifier son abandon délibéré d’une politique d’autolimitation dans la sphère militaire.
Ministère russe des Affaires étrangères