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Crise de l’énergie » Les 200 milliards de plan d’aide de Berlin contre la flambée des prix de l’énergie fait des envieux.
L’annonce par l’Allemagne d’un plan à 200 milliards d’euros pour protéger son économie contre la hausse des prix de l’énergie a suscité hier l’inquiétude de certains partenaires européens qui craignent une concurrence déloyale, faute de pouvoir mobiliser de telles sommes. La première réaction, virulente, est venue de Rome. «Face aux menaces communes de notre époque, nous ne pouvons pas nous diviser en fonction de la marge de manœuvre de nos budgets nationaux», a déclaré le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, dans une critique à peine voilée des annonces de Berlin.
«La crise énergétique requiert de la part de l’Europe une réponse permettant (…) d’éviter des distorsions dangereuses et injustifiées du marché intérieur», a poursuivi M. Draghi, appelant les Européens à se «montrer unis».
Malgré des années d’austérité budgétaire, l’Italie est plombée par une dette publique représentant 150% de son produit intérieur brut (PIB), contre 65% en Allemagne. Elle ne dispose pas des mêmes moyens pour aider ses entreprises.
«La Commission sera vigilante quant à l’impact de cette initiative (de Berlin) sur les conditions de concurrence équitable» dans l’UE, a déclaré de son côté le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. Il a assuré qu’il regarderait le plan allemand «très en détail dans les prochains jours». «Depuis plusieurs mois, j’incite les Etats membres à trouver tous les moyens qui sont à leur disposition pour soutenir leurs industries et leurs entreprises. Mais, je suis très attaché à ce que cet exercice se fasse en grande transparence, en concertation et en totale cohérence européenne», a-t-il précisé.
De son côté, le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck, a réfuté tout cavalier seul.
ATS/AFP