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Coupable, Lafarge, organisations terroristes, sanction financière, Syrie
AFP

Le groupe cimentier Lafarge, désormais sous la houlette de la multinationale suisse Holcim, a annoncé, mardi 18 octobre, avoir accepté de payer une sanction financière de 778 millions de dollars (790,9 millions d’euros) aux Etats-Unis et de plaider coupable pour avoir aidé des organisations terroristes en Syrie, dont l’organisation Etat islamique (EI), entre 2013 et 2014.
L’entreprise française a « accepté la responsabilité des actions des dirigeants individuels impliqués, dont le comportement était en violation flagrante des codes de conduite », a déclaré Lafarge dans un communiqué, ajoutant « regretter profondément » ces actes.
Le groupe cimentier souligne que le ministère de la justice américain a reconnu que l’entreprise avait mis en place des procédures de contrôle appropriées pour désormais détecter, et éviter, toute conduite de cette nature, et avait en conséquence estimé qu’il n’était « pas nécessaire » de nommer un contrôleur indépendant.
Lafarge ajoute par ailleurs qu’il continue à coopérer pleinement avec les autorités françaises sur le même sujet, mais se dit aussi prêt à « se défendre contre toute action judiciaire qu’il considère comme injustifiée ». En mai, la cour d’appel de Paris a confirmé la mise en examen de Lafarge pour « complicité de crimes contre l’humanité ».
L’entreprise française a fait le « choix impensable » de collaborer avec l’EI, « l’une des organisations terroristes les plus barbares au monde, afin de continuer à vendre du ciment », a déclaré mardi le procureur fédéral de Brooklyn, Breon Peace.
Selon un document daté de 2011 lié à Lafarge, il est prouvé que des millions de dollars ont été versés au PKK sous couvert d’aides volontaires ou d’impôts. Des courriers électroniques liés aux dirigeants de l’entreprise montrent que Lafarge a versé chaque mois des dizaines de milliers d’euros à Daech entre 2013 et 2014 pour permettre à l’entreprise française de continuer à opérer en Syrie. La correspondance montre également que Lafarge a acheté pour des millions de dollars de pétrole brut à Daech en Syrie.
Selon ce documentaire, la France était au courant de ces relations suspectes et le ministre français des Affaires étrangères de l’époque Laurent Fabius aurait dit au vice-président de Lafarge qu’il était nécessaire que le cimentier reste en Syrie.