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L’affrontement par meetings interposés entre l’actuel (dans le Maryland) et l’ancien président (Ohio) conclut une campagne qui a exposé crûment les divisions
AFP
Les Américains s’apprêtent à voter, mardi, pour des élections de mi-mandat cruciales pour l’avenir de Joe Biden et de Donald Trump. Ils sont appelés à renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Toute une série de postes d’élus locaux, qui décident des politiques de leur Etat en matière d’avortement ou de régulation environnementale, notamment, sont également en jeu.
Signe de l’intérêt des Américains pour cette élection: plus de 43 millions d’entre eux avaient déjà voté lundi soir à ces élections, par anticipation ou par correspondance.
La campagne pour cette multitude de scrutins rassemblés sous l’appellation de «midterms» aura jusque dans ces dernières heures pris l’allure d’une deuxième manche du match de 2020. L’affrontement par meetings interposés entre l’actuel et l’ancien président conclut une campagne qui a exposé crûment les divisions de la première puissance mondiale
Dans l’Ohio, le milliardaire promet une «très grande annonce»

L’ex-président américain a promis, lundi soir, lors d’un meeting de campagne dans l’Ohio une «très grande annonce» pour la semaine prochaine à Mar-a-Lago, sa résidence en Floride. Jusqu’au dernier moment, Donald Trump avait fait planer le doute sur une possible candidature annoncée dès lundi soir. Mais il a assuré ne pas vouloir voler la vedette aux candidats qu’il a adoubés.
Face à une marée de casquettes rouges, l’ex-président de 76 ans a dépeint un tableau extrêmement sombre de l’Amérique sous Joe Biden. Un pays où la flambée des prix «étrangle les ménages», où la «criminalité violente est hors de contrôle» et où l’extrême gauche «endoctrine nos enfants».
«Il n’y a qu’une solution pour mettre fin à cette folie», a plaidé le milliardaire américain. «Si vous voulez mettre fin à la destruction de notre pays et sauver le rêve américain, vous devez voter républicain demain.»
Joe Biden appelle à «défendre la démocratie en danger»

Le meeting de Donald Trump venait directement concurrencer celui de Joe Biden, organisé quelques minutes plus tôt dans une université historiquement noire du Maryland, aux portes de Washington, lors duquel le président a exhorté les Américains à «défendre la démocratie».
«Nous savons viscéralement que notre démocratie est en danger», a assuré le dirigeant démocrate de 79 ans, alors que des candidats républicains à ces élections menacent de contester une éventuelle défaite. «Nous serons au rendez-vous. Le pouvoir en Amérique est là où il a toujours été: entre vos mains, les mains du peuple.»
Le camp démocrate a donc, au-delà de ces sujets économiques, cherché jusqu’au bout à peindre le parti républicain comme une menace pour la démocratie et des acquis de société tels que le droit à l’avortement. Reste à savoir si cela aura l’effet espéré. Ou si se vérifiera à nouveau le dicton bien connu d’un conseiller de l’ancien président Bill Clinton, à savoir qu’aux élections, c’est toujours «l’économie qui compte» («It’s the economy, stupid»).
Après son meeting, le président a une nouvelle fois assuré être «optimiste» sur l’issue du scrutin. Il a toutefois concédé que garder le contrôle de la Chambre serait «difficile».
Un référendum sur l’occupant de la Maison-Blanche
Concrètement, les élections de mi-mandat se jouent dans une poignée d’Etats-clés – les mêmes qui étaient déjà en jeu lors de l’élection présidentielle de 2020. Tous les projecteurs sont ainsi braqués sur la Pennsylvanie et la Géorgie.
Organisées deux ans après la présidentielle de 2020, ces élections de mi-mandat sont aussi un référendum sur l’occupant de la Maison-Blanche. Le parti du président n’échappe que très rarement au vote sanction. Face à l’efficacité d’une campagne républicaine centrée sur l’inflation galopante, Joe Biden a eu bien du mal à vanter ses réformes sur le pouvoir d’achat, qui ne se feront sentir que dans plusieurs années.
Les républicains croient pouvoir non seulement prendre la Chambre des représentants, mais aussi arracher à Joe Biden son mince contrôle du puissant Sénat. La perte du contrôle des deux chambres du Congrès serait lourde de conséquences pour le démocrate, qui a jusqu’ici dit avoir l’intention de se représenter en 2024, préfigurant un possible remake du duel de 2020.