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Une mosquée démolie par une explosion avec une foule de gens à proximité
La mosquée se trouve dans un des quartiers les plus sécurisés de la ville.Photo : afp via getty images / ABDUL MAJEED

Agence France-Presse

Des corps continuaient à être retirés des décombres, mardi, au lendemain de l’attentat ayant visé une mosquée située à l’intérieur du quartier général de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. Selon le dernier bilan, l’explosion aurait fait plus de 80 morts et 150 blessés.

L’explosion s’est produite lundi à l’heure de la prière du midi dans ce lieu extrêmement sensible de la ville, située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec l’Afghanistan.

Dans la nuit, au moins neuf corps ont été découverts dans les décombres de la mosquée, dont le toit et un mur se sont écroulés sous le souffle de l’explosion.

Ce matin, nous allons enlever la dernière partie du toit effondré pour pouvoir récupérer plus de corps. Mais nous sommes pessimistes sur nos chances de trouver d’autres survivants, a déclaré à l’AFP Bilal Ahmad Faizi, un porte-parole du numéro d’urgence 1122.

Muhammad Asim Khan, porte-parole de l’hôpital Lady Reading de Peshawar, a indiqué à l’AFP que le bilan était passé à 83 morts, au fur et à mesure de la découverte de nouveaux corps.

La plupart des victimes sont des policiers. Aucun groupe n’a encore revendiqué l’attentat.

Le quartier général de la police à Peshawar est l’une des zones les mieux surveillées de la ville. Il abrite aussi les locaux de différentes agences de renseignement.

La capitale et le reste du pays, notamment à la frontière avec l’Afghanistan, ont été placés sous alerte.

Le Pakistan est confronté depuis quelques mois, en particulier depuis la prise du pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, à une détérioration de la sécurité.

Après plusieurs années d’un calme relatif, les attentats ont repris de plus belle, menés par les talibans pakistanais du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), l’EI-K ou des groupes séparatistes baloutches.

Selon la police, l’explosion est survenue au deuxième rang des fidèles rassemblés pour la prière.

Shahid Ali, un policier de 47 ans qui a survécu à l’attaque, a expliqué à l’AFP que la détonation était survenue quelques secondes après que l’imam a commencé la prière.

J’ai vu une fumée noire s’élever dans le ciel. J’ai couru dehors pour sauver ma vie, a-t-il raconté. Les cris des gens résonnent encore dans ma tête. Ils hurlaient en demandant de l’aide.

La sécurité s’est dégradée depuis quelques mois

Les terroristes veulent créer la panique en ciblant ceux qui remplissent leur devoir consistant à défendre le Pakistan, a déclaré dans un communiqué le premier ministre, Shehbaz Sharif. Ceux qui combattent le Pakistan seront éliminés de la surface de la Terre.

Cet attentat a eu lieu le jour même où le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed Al Nahyan, devait effectuer une visite officielle à Islamabad. Celle-ci a été annulée au dernier moment lundi, officiellement en raison de la météo pluvieuse.

À New York, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé une attaque abjecte contre un lieu de culte.

Peshawar a été ravagée par des attentats quasi quotidiens pendant la première moitié des années 2010, mais la sécurité s’y était grandement améliorée ces dernières années. Elle s’est à nouveau dégradée depuis quelques mois.

En mars 2022, un attentat suicide revendiqué par l’EI-K dans une mosquée chiite de Peshawar avait fait 64 morts. Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière au Pakistan depuis 2018.