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Le commissaire chargé du marché intérieur doit informer les ministres de l’UE de ce plan lors d’une réunion à Stockholm.

Le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, envisage de transformer l’initiative en un instrument de première ligne pour permettre aux fabricants européens de répondre aux besoins de production en temps de guerre.
Par Suzanne Lynch
Thierry Breton, le champion du marché unique de l’UE, affirme qu’il a le plan pour stimuler la capacité de production d’armes de l’Europe : il s’agit de donner un coup de fouet à un programme peu connu qui encourage les investissements défensifs nationaux.
À l’heure actuelle, le programme EDIRPA (European Defense Industry Reinforcement Through Common Procurement Act) ne dispose que de 500 millions d’euros. Toutefois, M. Breton envisage de transformer cette initiative, qui n’a été lancée que l’année dernière, en un instrument de première ligne pour permettre aux fabricants européens de répondre aux besoins de production en temps de guerre.
Une autre partie du plan consiste à mobiliser le financement du secteur financier : Mobiliser des fonds du secteur financier, notamment de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la récente initiative de l’UE visant à acheter conjointement des munitions et à augmenter la production locale. La guerre menée par la Russie en Ukraine a propulsé le sujet en tête de l’agenda de l’UE, poussant Bruxelles à une plus grande coopération sur les questions militaires, traditionnellement laissées à la discrétion de l’OTAN.
« Je pense qu’il est temps que l’industrie européenne de la défense passe à un modèle d’économie de guerre pour répondre à nos besoins en matière de production de défense « , a déclaré M. Breton, commissaire européen au marché intérieur, à POLITICO lundi. « Je suis pleinement déterminé à soutenir la montée en puissance de la production de l’industrie européenne de la défense pour faire face aux réalités d’un conflit de haute intensité, en commençant par la question des munitions.
Les remarques de M. Breton interviennent alors qu’il se rend à Stockholm pour une réunion des ministres de la défense de l’UE mardi et mercredi. C’est la première fois que les ministres de la défense discuteront de leurs objectifs communs en matière d’achat de munitions. Les responsables souhaitent trouver un moyen de reconstituer les stocks militaires européens, qui s’amenuisent à long terme, tout en veillant à ce que l’Europe puisse rapidement approvisionner l’Ukraine en munitions pour lutter contre la Russie à court terme.
M. Breton, qui a notamment pour mission d’encourager la collaboration européenne en matière de défense, devrait informer les ministres des projets de la Commission lors du dîner de mardi et de la réunion officielle de mercredi.
Pour M. Breton, cette initiative sera l’occasion de défendre son idée d' »autonomie stratégique », qui consiste à rendre l’Europe plus autosuffisante dans les domaines militaire et économique. Le commissaire français a fait du prosélytisme sur la nécessité d’une stratégie collective de l’UE en matière de production de défense bien avant la guerre de la Russie en Ukraine.
Cette semaine, son message sera axé sur la manière de rendre EDIRPA plus musclé à mesure qu’il évolue vers sa prochaine itération – le programme d’investissement dans la défense européenne, ou EDIP. Ce programme encouragera la collaboration entre les États membres de l’UE en matière d’achats de matériel de défense.
La Commission s’efforcera également d’obtenir le soutien d’institutions telles que la Banque européenne d’investissement. Cette institution luxembourgeoise est en fait le bras financier de l’UE, offrant des dizaines de milliards d’euros de financement chaque année.
Toutefois, les actionnaires de la banque devraient approuver toute décision de financement, ce qui pourrait être politiquement sensible. Bien que la BEI ait adopté une nouvelle stratégie de soutien aux technologies de sécurité et de défense à double usage l’année dernière, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il lui est interdit de financer des munitions et des armes.
Un certain nombre de pays de l’UE ont déjà indiqué qu’ils ne participeraient pas aux projets de l’UE visant à acheter conjointement des munitions et des armes, y compris des pays non membres de l’OTAN comme l’Irlande et l’Autriche. La Hongrie est également réticente à l’idée d’envoyer des armes à l’Ukraine par l’intermédiaire d’un fonds européen.
Pour M. Breton, cette initiative sera l’occasion de défendre son idée d' »autonomie stratégique », qui consiste à rendre l’Europe plus autosuffisante dans les domaines militaire et économique.
La Commission étudie également les organisations qui pourraient contribuer aux efforts de passation de marchés conjoints. Deux options sont envisagées : l’Agence européenne de défense, qui regroupe la quasi-totalité des États membres de l’UE, et l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement, spécialisée dans les programmes d’armement conjoints et regroupant plusieurs États membres de l’UE ainsi que le Royaume-Uni.
L’UE aide déjà ses membres à fournir des armes à l’Ukraine par l’intermédiaire d’un fonds distinct appelé « Facilité européenne de soutien à la paix ». Ce fonds sert à rembourser les pays qui donnent des armes à l’Ukraine. Jusqu’à présent, la facilité a déboursé 3,6 milliards d’euros en remboursements, et les pays de l’UE ont accepté d’y injecter 2 milliards d’euros supplémentaires cette année.
Toutefois, la Commission et certains États membres craignent que le FPE ne devienne obsolète, d’autant plus qu’il a été conçu à l’origine pour soutenir l’ensemble des partenaires de l’UE, et pas seulement l’Ukraine.
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