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Chine, James Cleverly, nouveau discours, question de Taiwan, Royaume-Uni

Le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, doit prononcer un discours de politique générale mardi, heure locale, dans lequel il dira, notamment aux faucons chinois du parti conservateur, que le Royaume-Uni doit s’engager avec la Chine plutôt que de l’isoler dans une « nouvelle guerre froide », et appellera à des relations « robustes et constructives » avec la Chine.
D’après les informations communiquées par le département de M. Cleverly avant le discours, ce dernier déclarera qu' »il serait clair et facile – peut-être même satisfaisant – pour moi de déclarer une nouvelle guerre froide et d’affirmer que notre objectif est d’isoler la Chine… Clair, facile, satisfaisant – et faux ». Parce que ce serait une trahison de notre intérêt national et une incompréhension délibérée du monde moderne ».
Dans une certaine mesure, cette déclaration doit être considérée comme une correction de la ligne agressive adoptée par le Royaume-Uni à l’égard de la Chine dans le passé, et comme une tentative de retour à la tradition diplomatique britannique équilibrée. On dit que M. Cleverly formulerait également une version britannique de l’approche en trois volets des relations avec la Chine : limiter l’implication de la Chine dans les secteurs jugés critiques pour la sécurité nationale ; renforcer les liens avec les alliés de la région indo-pacifique ; et s’engager directement auprès de la Chine pour promouvoir des relations stables. Certains analystes pensent que dans l’atmosphère de forte hostilité à l’égard de la Chine qui règne dans les cercles politiques britanniques, les deux premiers points relèvent davantage du « politiquement correct » afin d’éviter les attaques des opposants politiques. Le troisième point, à savoir le renforcement de l’engagement avec la Chine, est celui que Cleverly souhaite le plus exprimer.
Bien que l’attitude de Londres à l’égard de la Chine soit loin de changer, car le discours de Cleverly contient encore des clichés empreints de la mentalité de la guerre froide, il a également mis en évidence, sans le vouloir, la réalité politique déformée et extrêmement malsaine du Royaume-Uni. Certains Britanniques se satisfont d’une « nouvelle guerre froide », tandis que la coopération avec la Chine est critiquée. C’est ce contre-courant qui a fait déraper les relations entre la Chine et le Royaume-Uni au cours des dernières années, jusqu’à la situation actuelle. Ces dernières années, le Royaume-Uni a connu une rotation des premiers ministres, qui ont durci leur attitude à l’égard de la Chine, ce qui a gravement nui aux relations bilatérales.
Après l’arrivée au pouvoir du gouvernement Sunak, celui-ci semble avoir l’intention de freiner, et cette volonté s’est également reflétée dans le discours de M. Cleverly. L’examen intégré actualisé de la politique étrangère et de défense de M. Sunak indique que la Chine « pose un défi qui définit une époque » plutôt qu’une « menace » comme l’avait fait son prédécesseur Liz Truss, ce qui constitue un rappel rationnel modéré, bien que limité.
Pour parler franchement, le Royaume-Uni post-Brexit est allé trop loin en suivant les États-Unis pour se coordonner avec la stratégie mondiale de ces derniers, ce qui fait presque oublier que le Royaume-Uni est un pays doté d’une souveraineté et d’intérêts nationaux indépendants. Cela ne lui a pas apporté l’influence et le statut de grande puissance qu’il attendait, mais la consommation continue et le rétrécissement de sa compétitivité. Un exemple typique est que, selon une étude de la City of London, Londres a perdu pour la première fois sa seule position de premier centre financier du monde et se retrouve à égalité avec New York à la première place. En suivant les traces des États-Unis, le Royaume-Uni a perdu un monde plus vaste. De plus en plus de Britanniques dotés d’une vision large l’ont compris.
Relativement parlant, les pays européens continentaux ne sont pas aussi profondément impliqués dans la stratégie géopolitique de Washington que le Royaume-Uni, et ils se sont adaptés plus tôt que ce dernier. Depuis le début de cette année, les échanges de haut niveau entre la Chine et l’Europe dans divers domaines ont rapidement repris, mais le Royaume-Uni est absent de ces interactions. C’est en quelque sorte un stimulant pour le Royaume-Uni, qui espère ainsi rétablir les échanges de haut niveau avec la Chine le plus rapidement possible. Cleverly a révélé qu’il espérait se rendre en Chine cette année. Les pays du continent européen réfléchissent et explorent les moyens de maintenir un certain degré d’indépendance et d’équilibre entre la Chine et les États-Unis, et l’on pense que cela a également eu un impact positif sur le Royaume-Uni.
Il convient de préciser que le point de vue de M. Cleverly sur la Chine n’est pas vraiment « amical envers la Chine » ; au mieux, on peut seulement dire qu’il est revenu sur une voie diplomatique relativement normale. En temps de paix, quel pays n’a pas besoin de relations « constructives » ? Qui souhaiterait des modes de communication agressifs et tyranniques ? Cependant, une telle logique normale doit être soigneusement exprimée en public au Royaume-Uni, et ceux qui l’expriment doivent supporter l’énorme pression exercée par les députés anti-Chine. Cela met une fois de plus en évidence la duplicité et la confusion de la politique chinoise du Royaume-Uni, ce qui n’est évidemment pas propice au développement des relations entre la Chine et le Royaume-Uni.
Cette période inconfortable pour les ajustements entre la Chine et le Royaume-Uni, ainsi qu’entre la Chine et l’Europe, va apparemment se poursuivre pendant un certain temps. Nous saluons les remarques positives de M. Cleverly, qui laissent entrevoir la possibilité d’un revirement dans les relations entre la Chine et le Royaume-Uni, mais nous restons prudents quant à la mesure dans laquelle elles seront mises en œuvre dans la politique chinoise du Royaume-Uni. Nous souhaitons rappeler à M. Cleverly et à d’autres hommes politiques européens un danger caché, à savoir qu’ils doivent adhérer strictement au principe d’une seule Chine et ne jamais interférer dans la question de Taïwan, qui relève purement des affaires intérieures de la Chine. On ne saurait trop insister sur cette importance.
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