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Des émeutes ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi dans de nombreuses communes de banlieue parisienne, les violences urbaines se propageant dans d’autres villes de France comme Toulouse et Lyon, après la mort à Nanterre de Nahel, adolescent de 17 ans tué par un policier après un refus d’obtempérer.
AFP
Plutôt calme en début de soirée, la situation s’est ensuite particulièrement tendue dans le chef-lieu des Hauts-de-Seine, déjà théâtre d’affrontements entre habitants et forces de l’ordre la nuit dernière.
Plus d’une dizaine de voitures et des poubelles ont été incendiées, et des barrières ont été placées sur la route, ont constaté des journalistes de l’AFP. Sur la façade d’un immeuble, les murs ont été tagués des mots « Justice pour Nahel » et « Police tue ». Des affrontements se sont poursuivis jusqu’en milieu de nuit dans la cité Pablo Picasso, avec des jets de pavés auxquels les forces de l’ordre ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.
Le poste de sécurité de l’entrée du domaine de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) a été attaqué au mortier d’artifice par des émeutiers, a appris l’AFP de source policière. « Ils n’ont pas pénétré dans l’enceinte de la prison. Les forces de l’ordre ont vite été appelées », a précisé cette source.
150 interpellations en France
Une vingtaine de communes de Seine-Saint-Denis ont recensé des incidents, selon une source policière, parfois dans des villes plutôt tranquilles comme Dugny. D’après cette source, il y avait à chaque fois sur place des groupes de moins d’une centaine de personnes très mobiles. La préfecture de police a fait état de 77 interpellations peu avant 2h00.
« Cela va durer une semaine », ont promis deux jeunes, le visage masqué alors qu’ils poussaient des poubelles. « Nous en avons assez d’être traités de la sorte. C’est pour Nahel, nous sommes Nahel », ont-ils lancé. Devant la porte d’un immeuble voisin, Fatou, une mère qui n’a donné que son prénom, a supplié les autres jeunes de rentrer chez eux, tout en redoutant que tout cela ne soit « probablement qu’un début ».
La situation de la Seine-Saint-Denis a particulièrement marqué les observateurs, avec de nombreuses exactions commises par des groupes d’émeutiers très mobiles.
Des sources policières ont fait état auprès de l’AFP de feux multiples de voitures et magasins, de pillages, de commissariats attaqués, de mairies dégradées, d’une médiathèque incendiée… Presque toutes les communes du département ont été touchées.
Dans l’Essonne, un groupe de personnes a détruit par le feu un bus vers 21h00, après avoir fait descendre les passagers à Viry-Châtillon, a-t-on appris de source policière. Des incidents ont été déplorés également dans plusieurs villes des Hauts-de-Seine. A Clamart, une rame de tramway a été incendiée, selon une source policière.
Des heurts ont aussi éclaté peu après 20h00 dans le quartier du Mirail à Toulouse, où plusieurs véhicules ont été incendiés et des policiers et pompiers ont reçu des jets de projectiles, selon une source policière.
Dans plusieurs quartiers de Dijon, les autorités ont fait état de containers de poubelles incendiés et de tirs de fusées d’artifice.
A Lyon et dans son agglomération, comme à Vénissieux, Bron et Villeurbanne, les forces de l’ordre ont été visées par des mortiers d’artifice. A Vaulx-en-Velin, le commissariat a été pris pour cible.
Ailleurs, des tensions ont été recensées à Roubaix, Amiens et Nice, selon une source policière.
Certains incidents, comme à Saint-Etienne, à Lille et à Rennes, ont eu lieu en marge de rassemblements de soutien aux Soulèvements de la Terre, mouvement écologiste récemment dissous.
Un total de 150 personnes ont été interpellées dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté Gérald Darmanin, qui a dénoncé des violences « insupportables contre des symboles de la République ». « Des mairies, écoles et commissariats » ont été « incendiés ou attaqués », a écrit le ministre de l’Intérieur sur son compte Twitter. « Honte à ceux qui n’ont pas appelé au calme », a-t-il ajouté.