Des sondages récents montrent qu’au moins 80 % des Palestiniens vivant en Cisjordanie occupée désapprouvent l’Autorité palestinienne et ses dirigeants.
L’Autorité palestinienne (AP) a établi une liste de conditions pour soutenir un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, y compris un plus grand contrôle sur certaines zones de la Cisjordanie occupée et la réouverture du consulat américain à Jérusalem, ont révélé des responsables américains et israéliens à Axios.
Ramallah demande également un changement de « statut de certaines parties de la zone C en Cisjordanie occupée, où Israël exerce actuellement un contrôle total, en zone B, où l’Autorité palestinienne exerce un contrôle civil et où Israël maintient un contrôle de sécurité ».
La liste a été remise par le conseiller principal de l’AP, Hussein al-Sheikh, au conseiller saoudien à la sécurité nationale, Musaed bin Mohammed al-Aiban, il y a trois mois, lors d’une réunion à Riyad.
M. Sheikh a rencontré Barbara Leaf, haut fonctionnaire du département d’État, en Jordanie cette semaine. Le chef des services de renseignement palestiniens, Majed Faraj, et le conseiller en politique étrangère, Majdi al-Khaledi, ont également participé à la réunion.
Parmi les autres demandes formulées par l’Autorité palestinienne figurent l’ouverture par l’Arabie saoudite d’un consulat à Jérusalem occupée, la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État membre des Nations unies, la reprise de l’aide saoudienne à l’Autorité palestinienne et la garantie qu’Israël « acceptera au moins certaines de ces mesures dès le départ et acceptera de reprendre les négociations israélo-palestiniennes sur le statut final au cours de plusieurs années, selon un calendrier précis ».
Selon Axios, Washington est au courant de ces exigences.
Les médias occidentaux ont rapporté mardi que l’Arabie saoudite avait déjà proposé de reprendre l’aide financière à l’AP à court d’argent, qui avait été entièrement supprimée en 2021 en raison de « l’incompétence et de la corruption » des dirigeants de l’AP.
Une délégation de haut rang de Ramallah doit se rendre dans le royaume la semaine prochaine pour discuter de ce que Riyad peut faire de plus pour obtenir le soutien de l’Autorité palestinienne en faveur d’une normalisation avec Israël.
Mais même si l’Autorité palestinienne acceptait les conditions fixées par l’Arabie saoudite et Israël, son soutien à la normalisation n’aurait que peu ou pas d’influence sur la population palestinienne de la Cisjordanie occupée, puisque seuls 17 % d’entre eux soutiennent l’Autorité palestinienne et son dirigeant, Mahmoud Abbas.
Les États-Unis et Israël travaillent en tandem pour convaincre l’Arabie saoudite d’adhérer aux accords d’Abraham, ce qui constituerait un coup d’éclat pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu et pour le président américain Joe Biden, à l’approche de la saison électorale américaine.
La normalisation par l’Arabie saoudite ferait partie d’un « méga-accord », qui prévoit également un pacte de défense avec Washington, l’accès à des armes plus perfectionnées pour les Saoudiens et l’aide des États-Unis pour développer un programme nucléaire civil qui comprendrait l’enrichissement de l’uranium sur le sol saoudien.