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BRUXELLES (AP) – Le président du Conseil européen Charles Michel a averti vendredi que la guerre entre Israël et le Hamas pourrait créer un afflux de réfugiés en direction de l’Europe, ce qui risquerait de stimuler les forces anti-migrants, d’aggraver les divisions et d’enflammer les tensions entre les partisans d’Israël et ceux des Palestiniens.
« S’il y avait plus de difficultés au niveau régional, nous aurions immédiatement d’énormes difficultés sur le sol européen à cause des réfugiés », a déclaré le président du Conseil de l’UE, M. Michel, lors d’un entretien avec l’Associated Press.
« Nous savons que certains groupes politiques au sein de l’UE peuvent s’en servir pour alimenter des controverses et rendre l’UE plus fragmentée », a-t-il ajouté, précisant que cela pourrait accroître la polarisation sur l’une des questions les plus controversées dans de nombreuses nations européennes.
« Nous savons que dans nos sociétés à travers l’UE, il y a aussi des sentiments et des émotions différents parmi nos citoyens, et il est très important de ne pas importer au sein de l’UE un conflit tragique », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas le moment d’avoir plus de difficultés parce que nous allons importer dans l’UE des conflits.
À une semaine du sommet UE-États-Unis qui se tiendra à Washington en présence du président Biden, les deux partenaires transatlantiques de longue date ont été pris au piège des efforts diplomatiques de plus en plus frénétiques visant à empêcher l’escalade de la guerre.
Vendredi, Israël a demandé aux civils vivant dans la partie nord de Gaza, qui compte plus d’un million d’habitants, de quitter la zone, avant une offensive terrestre attendue de l’armée israélienne, en réponse à une attaque choquante et brutale du Hamas il y a près d’une semaine.
Afin d’avoir un impact immédiat sur l’intensification de la bataille autour de Gaza, M. Michel a appelé à une action immédiate et accrue auprès de pays tels que l’Égypte, qui serait un point d’accueil naturel pour les personnes fuyant la bande de Gaza voisine.
Cela signifierait que l’aide internationale devrait augmenter.
Cependant, l’Égypte affirme qu’elle accueille déjà des millions de réfugiés et a fait part de sa réticence à en accueillir beaucoup plus en provenance de Gaza.
« Vous pouvez imaginer ce que cela signifie pour un pays qui connaît des difficultés financières et économiques. Cela signifie que nous devons nous engager avec ces pays pour voir ce que nous pouvons faire afin de soutenir les initiatives prises par certains dirigeants de la région, par certains membres des Nations Unies pour permettre un couloir, un couloir humanitaire », a-t-il déclaré.
En septembre, les chiffres les plus récents de l’UE indiquaient que 194 269 migrants étaient arrivés par des voies irrégulières en 2023. L’Union est déjà profondément divisée sur la manière de gérer les nouveaux arrivants, entre ceux qui soutiennent les initiatives de Bruxelles visant à répartir les migrants entre les membres dans un acte de solidarité et ceux, comme la Hongrie ou la Pologne, dont les gouvernements d’extrême droite refusent catégoriquement toute responsabilité partagée pour les migrants arrivant dans d’autres États membres.
M. Michel a également appelé les diplomates et les fonctionnaires à se déployer dans toute la région pour tenter de contenir la crise.
« Il est très important de s’engager avec les pays de la région pour s’assurer que, malgré toutes les différences sur de nombreux sujets, nous fassions de notre mieux pour éviter une escalade régionale qui serait une tragédie d’abord pour la région, pour les gens de la région, mais aussi pour le monde. Nous essayons de faire de notre mieux pour nous assurer que nous ne serons pas confrontés à une escalade régionale, ce qui serait une tragédie d’abord pour la région, pour les habitants de la région, mais aussi pour le monde », a-t-il déclaré.
Sur ce point, l’UE veut être en parfait accord avec les États-Unis. Après avoir exprimé son soutien total à Israël après les attaques du Hamas, l’UE appelle désormais Jérusalem à veiller à ce que toute action militaire à l’intérieur et autour de Gaza reste dans les limites du droit international.
« La position commune indique très clairement que nous croyons au droit international. Nous croyons en l’idée que les principes fondamentaux doivent être respectés, y compris lors d’une telle tragédie », a-t-il déclaré.
M. Michel a déclaré qu’il comprenait parfaitement les passions en jeu lorsque des personnes sont victimes d’une attaque comme celle du Hamas. Il a rappelé qu’en tant que premier ministre, la Belgique avait été frappée par des attentats terroristes en 2016, qui avaient fait 33 morts lors d’attaques conjointes contre l’aéroport et le métro.
Il a ajouté que la situation n’était pas différente pour la France à la même époque, lorsqu’elle a également été attaquée par des militants de l’État islamique, faisant plus de 200 morts.
« Je me souviens très bien que c’était extrêmement difficile parce que nous étions choqués, extrêmement choqués. En même temps, j’ai compris très vite qu’il était important de ne jamais oublier que nous sommes un pays démocratique et que nous devons défendre et protéger la sécurité de nos citoyens avec des outils démocratiques », a-t-il déclaré, indiquant qu’Israël est aujourd’hui confronté au même défi.
M. Michel et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aborderont les mêmes questions lors d’un sommet transatlantique qui se tiendra à Washington vendredi prochain et au cours duquel le maintien du soutien à l’Ukraine figurera également en bonne place dans l’ordre du jour.
Certains se demandent si les partenaires transatlantiques, en particulier les États-Unis, seront en mesure de maintenir la même intensité de soutien maintenant qu’Israël est un autre allié dans le besoin.
M. Michel a insisté sur le fait que, pour l’UE, cela ne faisait aucun doute. « Vous pouvez compter sur moi personnellement, mais aussi sur les dirigeants européens pour être très clairs : nous sommes aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra, parce que c’est fondamental pour notre avenir commun.

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