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Elijah J Magnier

Au lieu de faire pression sur Tel-Aviv pour qu’il mette fin au blocus de Gaza et aux hostilités, les USA ont sollicité l’aide de la Chine pour faire cesser les attaques d’Ansar Allah (Houthis) contre les navires à destination d’Israël ou transportant des marchandises israéliennes qui tentent de traverser le Bab el-Mandeb. Cette approche semble privilégier l’entrée en scène de partenaires internationaux pour aborder des aspects particuliers du conflit plutôt que de s’attaquer directement aux questions sous-jacentes à la guerre israélienne contre les Palestiniens, qui constituent le véritable problème à résoudre. En réponse, la Chine a appelé les USA à stopper la guerre israélienne et à cesser leurs bombardements au Yémen.

La poursuite du transit des navires chinois, russes et d’autres pays par la mer Rouge malgré ces tensions souligne l’importance mondiale de cette voie maritime. La réticence de nombreux pays à interrompre leur commerce vital, malgré les risques, souligne le rôle crucial de la mer Rouge en tant qu’artère du commerce international, en particulier pour le transport de marchandises de l’Asie vers le Moyen-Orient et l’Europe.

Le rôle de l’Iran est ressorti lorsqu’il a assuré la Chine qu’il garantira l’approvisionnement des marchandises asiatiques passant par la mer Rouge tout en s’engageant à ne pas cibler les navires chinois, ce qui souligne la nature multidimensionnelle du conflit. L’implication de l’Iran traduit son intérêt stratégique à maintenir la stabilité régionale et les routes commerciales tout en soutenant ses alliés du Yémen. Cela s’inscrit dans la stratégie régionale de l’Iran, qui cherche à trouver un équilibre entre son appui à Ansar Allah et le maintien de relations favorables avec des partenaires commerciaux clés comme la Chine.

Ces développements brossent un tableau complexe d’intérêts géopolitiques, où chaque paysnavigue à travers les écueils que pose le conflit de la mer Rouge en fonction de ses priorités stratégiques. Les USA semblent se concentrer sur les préoccupations immédiates d’Israël en matière de sécurité, la Chine sur la sécurisation de ses routes commerciales et l’Iran sur l’équilibre à maintenir entre les alliances régionales, les intérêts économiques et le soutien à ses alliés à Gaza, au Yémen, en Irak et au Liban.

La mer Rouge devient de plus en plus un point de convergence des tensions géopolitiques, en se transformant en une zone de contentieux et de combat lourde de conséquences, en particulier pour l’Europe. La question cruciale qui se pose est la suivante : « Cui bono? » ou « À qui cela profite-t-il? »

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