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Chine, Etats-Unis, Gaza, Irak, Israël, menaces américaune, mer Rouge, retrait de syrie
Edouard Husson – Libres Propos
Hier 28 janvier une base américaine (non connue officiellement) à la frontière de la Syrie et de la Jordanie a été touchée par un drone.
La Résistance irakienne a revendiqué l’attaque.
Il y a déjà eu plus de 150 frappes sur des bases américaines en Syrie ou en Irak depuis le 7 octobre. Pourtant, ce n’est qu’hier que la machine de propagande politique et médiatique états-unienne s’est mise en branle pour crier vengeance et annoncer des représailles contre l’Iran!
Comment l’expliquer? Certains médias disent que ce sont les 3 morts américains. En réalité, ce sont les premières pertes militaires déclarées. Des évaluations officieuses ont évoqué des morts lors d’attaques précédentes de points d’appuis américains en Irak ou en Syrie.
L’explication est à chercher ailleurs.
Vendredi 26 et samedi 27 janvier, le conseiller américain à la Sécurité Nationale a rencontré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi pour demander à la Chine de demander à l’Iran de faire pression sur le Yémen Libre (Ansarallah).
Mercredi 24 et jeudi 25 janvier, Iraniens, Turcs et Russes se sont retrouvés au Kazakhstan pour préparer l’après USA en Syrie.
Dans la même journée de mercredi, on annonçait officieusement un retrait américain de Syrie. Et officiellement la tenue de négociations avec le gouvernement de Bagdad pour le retrait militaire américain
Si l’on ajoute (1) l’incapacité à maîtriser les attaques d’Ansarallah contre la flotte américaine. (2) Le retrait piteux de l’armée israélienne de Gaza.(3) L’envie suicidaire de Netanyahu d’en découdre avec le Hezbollah. (4) Le verdict de la CIJ défavorable à Israël,
voilà un tableau général qui puisse expliquer une bouffée de violence, un bluff de Washington tentant désespérément d’impressionner Téhéran.
Comme le conclut Emmanuel Todd dans son ouvrage sur la « Défaite de l’Occident », on ne peut malheureusement rien exclure de Washington.
Un coup de folie est possible. La pression est forte.
Un refus poli de Wang Yi de demander quoi que ce soit aux Iraniens tant que Washington ne fera pas pression sur Tel-Aviv; s’ajoutant à cela la pression insistante des Israéliens radicaux voulant en découdre avec le Hezbollah; les humiliations à répétition que subit l’armée américaine depuis le retrait d’Afghanistan; enfin, la capacité du Pakistan et de l’Iran à éviter le conflit dans lequel la CIA essayait de les plonger….
Tout cela fait beaucoup (trop).
Il n’est pas exclu que le gouvernement américain pratique la politique du pire plutôt que de voir le Proche-Orient se réorganiser sans eux (et pacifiquement). Avec des frappes censément « limitées » sur l’Iran. En fait le déclenchement d’une guerre d’envergure.