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discours, Gaza, Hasan Nasrallah, Israël, la Résistance, le Hezbollah Libanais, les menaces israéliens, Les messages de la diplomatie occidentales, Liban
Lors d’un discours à l’occasion de la double célébration de la Journée du mutilé et du blessé de la résistance et de la Journée du détenu de la résistance, Nasrallah a évoqué la situation sur le front libanais, promettant de parler du front de Gaza dans son prochain discours, prévu le vendredi prochain, à l’occasion de la Journée des chefs de la résistance.
Selon lui, sur le front libanais, « l’ennemi combat en s’imposant des restrictions bien précises ».
Depuis le lendemain de l’opération du Hamas dans l’enveloppe de Gaza, la Résistance islamique a entrepris de bombarder les positions israéliennes frontalières, afin d’exercer une pression sur l’armée israélienne et de l’empêcher d’investir toutes ses forces contre les palestiniens de la bande de Gaza.
« Le front du sud est un front de pression, de soutien, et de participation pour infliger une défaite à l’ennemi pour l’affaiblir jusqu’à ce qu’il soit persuadé qu’il doit arrêter son offensive sur Gaza », a-t-il souligné.
« Devant ce qui se passe à Gaza, l’intérêt national de tous les pays de la région réside dans la défaite d’Israël, avant même l’intérêt national des Palestiniens », avait-il signalé.
Évoquant les visite des délégations occidentales au Liban avec pour objectif de faire appliquer la résolution onusienne 1701, en éloignant la résistance de la frontière avec la Palestine occupée, il a révélé que « leur principal objectif est de garantir la sécurité d’Israël ».
Il a suggéré aux autorités libanaises d’introduire des conditions supplémentaires à cette résolution leur assurant que le Liban est en position de force.
Nasrallah a mis en garde contre la guerre psychologique de l’ennemi propagée sur les réseaux sociaux et destinée à faire peur aux Libanais. Il a aussi averti que les téléphones mobiles et les caméras de rues connectées sur internet sont « des agents gratuits pour Israël ».
Il a conclu son discours en déclarant : « A celui qui nous menace d’élargir la guerre, je lui dis que nous allons l’élargir aussi. Si l’ennemi exécute ses menaces contre nous, il doit savoir que les cent mille (colons) qui ont quitté le nord n’y reviendront plus jamais ».
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Les idées principales du discours
« Aujourd’hui, depuis 129 jours, de nouveaux blessés, des hommes et des femmes, ont rejoint le convoi des mutilés et blessés, en raison du front de soutien ouvert depuis le 8 octobre… Ce qui incombe de nouvelles responsabilités à leur famille. Mais ces mutilations et blessures seront votre munition pour le Jour du Jugement dernier », a-t-il ajouté.
« Frères et sœurs, ces mutilations, ces blessures, ces douleurs ont façonné une victoire, et des résultats dans la vie ici-bas et dans l’Au-delà. Les résultats dans l’Au-delà des souffrances, de la détention et des prisons, du sang qui a coulé pour les martyrs et de la patience, leur résultat dans l’Au-delà est le Pardon, des échelons, des paradis et la Satisfaction divine »…
« Dans la vie ici-bas, ce sang, ces blessures cette souffrance ont réalisé beaucoup d’exploits manifestes… Notre responsabilité nous incombe de préserver ces exploits, dans les deux mondes, ce qui est plus difficile que leur réalisation… On les préserve en obéissant à Dieu, en évitant ses interdits et tout ce qui élimine nos bonnes actions… Dans la vie ici-bas, on préserve ces exploits par la présence continue par le soutien permanent, via le jihad continu, le soutien à la résistance, à ses hommes.
Les ex-détenus, les mutilés et les blessés devraient être les lus concernés pour cette tache de préserver ces exploits parce qu’ils en sont les partenaires, avec leur sang, leur jihad, leur blessures et mutilations. La résistance fait partie intégrante de leur vie, de leur amé, de leur dignité, de leur survie ».
130 jours d’horreur… de persévérance légendaire…de fiasco
(( Aujourd’hui, ce qui préoccupe notre région et le monde entier est ce qu’il se passe en Palestine dans la bande de Gaza et ce qui en a découlé de l’ouverture de plusieurs fronts de soutien.
130 jours d’agression d’horreurs, et de massacres sionistes contre les grands, les petits et les vieux, les femmes et les hommes, contre les humains et les pierres et en Cisjordanie. 130 jours de persévérance légendaire et d’héroïsme des résistants qui pourraient relever du miracle. 130 jours de patience sans précèdent dans le monde ni dans l’Histoire de la part des habitants de Gaza qui vivent ces jours-ci les pires conditions de vie. Et 130 jours d’impuissance israélienne et de fiasco israélien dans la réalisation des objectifs. De sorte que l’on ne voit de cette entité que l’image de la vengeance féroce contre les civils et les innocents. Et 129 jours, parce que nous avons commencé le lendemain, le 8 octobre, de soutien, de solidarité, à commencer par le front du Liban qui a été le premier, et jusqu’au Yémen, en passant par l’Irak, la Syrie, l’Iran et de nombreux peuples du monde. Ces fronts sont toujours en action en parallèle avec la continuation de l’offensive qui fait face à une résistance à Gaza…
J’ai partagé les sujets que je vais aborder, entre aujourd’hui et le vendredi , si nous restons vivants, à l’occasion de la commémoration de nos chefs commandants… dans le discours d’aujourd’hui, je vais mettre l’accent sur le front libanais, et le vendredi je parlerai des évolutions en Palestine et dans notre région…
Depuis mon précedent discours et jusqu’à aujourd’hui, des martyrs sont tombés parmi nos frères au Hezbollah et de nos frères du mouvement Amal, du parti National, des brigades al-Qods il y a deux jours, des martyrs civils aussi , des forces de sécurité intérieure, … nous adressons aux familles de tous les martyrs nos félicitations pour le martyre de leurs fils et de leurs chers êtres, pour avoir remporté cette médaille, et nous leurs présentons nos condoléances pour la perte de ces êtres chers …Ceci est le cas pour les martyrs de la Palestine, du Yémen, de l’Irak, de la Syrie, de l’Iran, et de tous les fronts de la résistance. Nous prions pour le prompt rétablissement des blessés…
Le monde entier est concerné et responsable
Le premier point: ce que nous faisons au Liban sur notre front, depuis 129 jours, et ce que font les frères sur les autres fronts, relève de notre devoir sincère de responsabilité morale, de foi et de religion qui incombe à chacun de nous.
Ce qu’il se passe aux gens dans la bande de Gaza, -deux millions deux cents milles qui vivent dans des circonstances pénibles, féroces, dans la terreur de jour comme de nuit, des raids qui visent les maisons, les mosquées, les écoles, les tentes en nylon même-, ce qui leur arrive, chaque jour, à chaque moment, devrait ébranler la conscience de tout humain dans ce monde, et il devrait en ressentir la responsabilité et se demander ce qu’il devrait faire dans cette offensive et cette catastrophe humanitaire. Mais l’essentiel, mes frères et sœurs, est la responsabilité devant Dieu soit-Il exalté. Dans la vie ici-bas, les choses pourraient passer sans rendre de compte et les gens pourraient oublier. Et la vie est éphémère.
Mais l’essentiel et le plus gravissime, est la responsabilité le Jour du Jugement dernier. Lorsque nous serons devant Dieu et que chacun d’entre nous sera interrogé sur cet évènement amer et douloureux. Oui nous allons être interrogés. Selon les règles de la foi et de la doctrine, quiconque a pu entendre de par le monde, pas seulement, le Libanais, le Palestinien, mais hormis les limites géographiques, le Jordanien, l’Egyptien, le yéménite, tout humain sur le globe terrestre qui a connu, a entendu ou a vu ce qu’il se passe pour les gens de Gaza. Dieu soit-Il Exalté demandera des comptes aux individus, aux groupes et aux nations, les peuples, sur ce que nous avons fait…
Dieu ne demande pas de comptes aux humains sur des choses qui sont par-dessus leurs capacités. D’aucun pourrait Lui dire mon Dieu je ne pouvais rien leur faire mais j’ai souffert pour leur souffrance, et lorsque Dieu les a secourus, j’ai partagé leur joie. Ce n’est pas comme certains qui n’en ont cure, qui continuent les saisons de danse, de chants, de fêtes et de divertissements… Que veut dire le verset que les croyants sont comme un seul corps, si l’un de ses membres se plaint, tous les autres membres restent éveillés et enfiévrés. Les autres membres, dans le strict minimum se doivent de souffrir, de s’attrister. Ils doivent s’affecter, mais ne font pas comme si de rien n’était. C’est le strict minimum à faire. D’aucun dira Mon Dieu je ne pouvais que prier pour eux, en plus de ma souffrance. D’autres peuvent dire un mot, écrire une phrase, sur les réseaux sociaux, participer à une manifestation, participer à un sit-in, écrire un article, crier, élever la voix. Un autre dira qu’il pouvait leur offrir de l’argent ; un autre qu’il pouvait combattre à leur côté. Chacun selon ses capacités sera interrogé le Jour du Jugement dernier. Personne ne sera épargné de ce questionnement le jour du Jugement dernier. Ni les dirigeants, ni les oulémas, ni les poètes, ni les écrivains, ni les riches, ni les pauvres…
Notre réponse au Liban
Nous en vérité, sur notre front libanais, comme c’est le cas dans les autres fronts, nous sommes en harmonie avec notre humanité, avec nos valeurs morales et notre responsabilité religieuse à la base de laquelle nous serons interrogés le Jour du Jugement dernier et nous devons préparer notre réponse. Sur cette question, nous ne serons point intimidés par les réprimandes des réprobateurs. Il ne l’est pas permis. A chaque instant que nous devons agir, nous ne devons à aucun moment hésiter. Ni prendre en compte ceux qui pourraient critiquer, protester ou se fâcher…Nous sommes concernés en premier lieu d’avoir les mains remplies le Jour du Jugement dernier, avec une réponse qui nous rend fiers…
Notre réponse aujourd’hui est nos martyrs, notre sang, nos blessés, nos maisons détruites au sud, les familles qui ont été déplacées, les souffrances, l’endurance, faire face aux dangers et aux défis, faire face à toutes les éventualités, les familles des martyrs, les exploits, les héroïsmes, la présence des combattants sur les fronts dans les conditions les plus difficiles… ceux qui portent leur vie dans leur main… ce sera notre réponse le Jour du Jugement dernier.
Israël doit sortir affaibli dans l’intérêt de toute la région
Le deuxième point. Ce que nous faisons sur le front libanais relève de notre responsabilité nationale. Mes frères et sœurs, nous ne devons oublier à aucun moment qu’à l’origine, la création de cette entité usurpatrice est la cause de toutes les catastrophes, les crises, les guerres avant même 1948, pas seulement pour le peuple palestinien, mais pour le peuple Libanais et tous les peuples de la région.
Certain n’ont jamais lu l’Histoire du Liban, sauf s’ils considèrent que le sud du Liban ne fait pas partie du Liban.
En dépit de cela, toute l’histoire du Liban depuis 1948, c’est les agressions et les horreurs israéliennes, les tueries et les convoitises israéliennes, les menaces israéliennes. La présence d’Israël dans la région est à l’origine une catastrophe pour tous les peuples de la région. Mais tant qu’il est encore présent jusqu’au jour ou il sera éliminé, un Israël puissant représente un danger pour la région. Quant a un Israël faible, un Israël dissuadé, un Israël qui a peur sera moins dangereux et nuisible pour la région.
Concernant le Liban, un Israël puissant qui pensait pouvoir occuper le Liban a l’aide d’un orchestre musical est un danger pour le Liban. Un Israël dissuadé, comme après l’an 2000 et 2006, l’on peut circonscrire sa dangerosité sur le Liban. C’est une règle qui vaut aussi pour les peuples et les Etats de la région.
Nous, en tant que peuple libanais, en tant qu’Etat au Liban, en tant que patrie libanaise, notre intérêt, lorsqu’un ennemi usurpateur et agresseur se trouve dans notre voisinage, notre intérêt réside dans le fait qu’il ne soit pas puissant, mais qu’il soit en crise, défait, affaibli et dissuadé. Ceci devrait une règle…
Devant ce qui se passe à Gaza, l’intérêt national du Liban, de la Syrie Jordanie égyptienne avant celui de la Palestine est qu’Israël sorte de cette guerre défait et affaibli.
Le fait qu’il remporte une victoire n’est pas seulement un danger pour le peuple palestinien, mais aussi pour tous les peuples et Etats et en premier lieu pour le Liban raison pour laquelle il fallait ouvrir ce front pour contribuer pour empêcher Israël de remporter une victoire, pour lui infliger une défaite et ceci est notre responsabilité nationale.
Pas besoin de discuter avec ceux qui ont des préjugés
Troisièmement : sur le front libanais, depuis le 8 octobre, et le lancement de la bataille, nous entendons des propos sur cette bataille. Non pas sur son utilité… D’aucuns pourraient nous interroger à quel point ce que vous faites sur le front libanais est utile, à quel point il embarrasse l’ennemi, l’affaiblit, lui inflige une défaite, y contribue ou exerce des pressions sur lui…Il est compréhensible de discuter de cette question, c’est le droit de chacun de s’interroger. Et nous avons des réponses à tout, des chiffres et des indices, sur ce qui est infligé a l’ennemi, sur tous les plans, au Liban, à Gaza, au Yémen, l’Irak, la Syrie, et tous les fronts. Sur le plan de l’usure humaine, des pertes qui sont infligées à l’ennemi, sur les blessés, les cas de maladies psychologiques, les pertes économiques, les déplacés, l’impasse politique, etc…et les pertes stratégiques que nous avons évoquées et que l’on pourrait rappeler le vendredi prochain.
Nous avons un discours logique, des indices, et des preuves… Nous n’avons aucun problème si quelqu’un nous demande de mener une discussion sur cet aspect.
Le problème vient de ceux qui considèrent qu’elle (la bataille) est sans utilité et que ce que nous faisons sur le front libanais est une catastrophe, une erreur, nuisible pour le Liban, ne sert pas la cause palestinienne, ni Gaza ni la cause palestinienne. C’est un scandale. Ils expriment cette position de plusieurs manières et parfois avec des termes insultants, pour les martyrs et les blessés, pour leurs sacrifices, pour les déplacés, nos gens au sud et tous les résistants au Liban
Ce que je voudrais dire, surtout que nous avons de nouvelles générations qui n’ont pas connu les années 80 ni les années 90, je voudrais m’adresser aux nouvelles générations, et plus en général…Cette divergence dans la région est ancienne depuis les années 80.
Certains ont des préjugés préconçus, et quelque soient les exploits réalisés, quand bien même éclatants, visibles, manifestes, ils persistent à décrire ce qu’il se passe comme un exploit illusoire.
A l’instar de ce qui se passait avec les prophètes. Ils leur réalisaient des miracles, lui envoyaient des livres célestes, leur accordaient des bénédictions, d’aucuns persistaient toujours à dire que Dieu n’existe pas et dénigraient leur prophétie.
Il y a donc une catégorie de gens qui ont des préjugés, et qui sont catégoriquement hostiles comme les sourds-muets-aveugles. Quoique tu lui dises, il ne t’écoute pas ; tu lui montres, il ne veut pas voir ; et il n’est pas prêt à reconnaitre.
Il pourrait, dans les réunions internes, reconnaitre qu’il s’agit bien d’exploits, mais en public, il refuse de le reconnaitre.
Cette catégorie, cela ne sert à rien de débattre avec elle.
Cette controverse perdure depuis 1982, sur l’utilité de la résistance, son action et ses résultats. En 1985, la résistance a défait l’armée invincible et l’a obligée à se retirer de Beyrouth, des banlieues, du Mont Liban, de Saida, Tyr, Nabatiyeh, la Bekaa occidentale, et Rachaya. Et il nous discute sur l’utilité de la résistance.
En l’an 2000. Elle l’a sorti de la bande frontalière, il conteste toujours et dit qu’Israël a exécuté la résolution 425.
En 2006, il te dit qui a dit que vous avez gagné la guerre ?
Entre 2006 et le début des évènements, la sécurité sur les frontières et aucune tentative israélienne à agresser le Liban, cet exploit de la protection sécuritaire basée sur l’équilibre de dissuasion, il te dit qu’Israël n’a aucun problème avec le Liban.
Cette catégorie de gens, cela ne sert à rien de déployer des efforts pour la persuader.
Je voudrais dire à la génération des jeunes qui s’efforce de leur changer d’avis, qui sont agacés, en colère et s’irritent et sur les réseaux sociaux ils expriment parfois de façon parfois très dure, contre ces gens. Je leur dis à ces jeunes, cette catégorie-là, rien ne peut lui changer d’avis. Aucune discussion, aucune protestation, aucune attaque, aucune critique, rien n’y fait. C’est leur position jusqu’au jour du Jugement dernier. Quand bien une victoire descend du ciel et qu’ils la voient de leur propres yeux, ils diront ce n’est pas un exploit. Et cette résistance n’a aucune utilité. Et ce qui nous protège est la résolution internationale (avec un sourire). C’est la résolution internationale qui nous protège (avec ironie). La résolution 1701 est celle qui protège le Liban. Depuis 2006 et jusqu’à aujourd’hui, des milliers de violations (israéliennes) ont été perpétrées, selon le recensement de l’armée libanaise, sans aucune protection.
Ce qui a protégé le Liban est cette équation réalisée par la résistance, l’armée et le peuple.
Cette catégorie-là, il ne faut pas compter sur elle. Ne vous attristez-pas, ne vous irritez-pas si elle ne change pas d’avis. Laisser passer.
Il ne faut pas que la controverse devienne communautaire
Je voudrais recommander deux choses sur cette question.
La première chose, il y a une catégorie qui est assez importante au sein de la société libanaise et ailleurs, qui pourrait être impactée par cette logique (ce discours). Nous devrions avoir de la considération pour cette catégorie, qui n’est pas sourd-muette-aveugle, qui n’a pas de préjugé, qui n’a pas tranché sa position, qui pourrait très bien accepter les justifications logiques et les preuves mais qui pourrait être influencée par les discours falsificateurs. Nous devrions concentrer notre discours sur cette catégorie, surtout parmi les jeunes générations. Quand bien même cette catégorie pourrait être influencée par cette caste, nous ne devrions pas la laisser. Et nous devrions toujours s’adresser à elle, lui expliquer et tenter de la convaincre et de l’inviter à prendre une position juste qui est dans l’intérêt du Liban et de la région.
Le deuxième point dans ce contexte, nous devons veiller pour que cette controverse n’aboutisse pas à des conflits sectaires (communautaires) car ceci est dans l’intérêt d’Israël, de l’autre projet, ce n’est pas dans l’intérêt du pays, ni de la résistance, ni de la dignité nationale, ni du projet de victoire, que le sujet devienne un conflit entre musulman et chrétien ou intercommunautaire. Ceci est faux de juger la personne qui s’exprime selon le critère qu’elle est soit musulmane soit chrétienne. Il ne faut pas transformer les positions politiques en position religieuse et les imputer à une communauté entière.
Cette scission au Liban perdure depuis 1982 concernant la position sur Israël. Voire même depuis 1948, depuis l’établissement de cette entité. Il y a toujours eu des musulmans et des chrétiens qui sont hostiles à Israël, qui ont résisté à Israël, et qui ont donné des martyrs, des musulmans et chrétiens, des mutilés musulmans et des mutilés chrétiens. Dans le camp d’al-Khiyam, il y avait des musulmans et des chrétiens parmi les détenus.
Parmi ceux qui se sont alliés à Israël, qui ont collaboré avec lui, ont trahi, il y avait des musulmans et des chrétiens, parmi les bandes collaborateurs, au sein de l’armée d’Antoine Lahad (Armée du Liban du sud), il y avait des musulmans et des chrétiens de toutes les communautés, et des sunnites, chiites, et des druzes.
Et il y a des gens neutres parmi les musulmans et les chrétiens. Dans les sondages, ils disent ne pas avoir d’avis.
Ce n’est pas parce qu’un religieux d’une telle communauté, qu’un journaliste, qu’une organisation, qu’une association, d’une certaine couleur communautaire, prenne une position hostile pour transformer le problème en problème communautaire.
La question devrait rester cantonnée dans le cercle de ceux qui expriment leurs positions.
Nous appelons toujours en faveur d’une position nationale et nous avons de l’estime pour toutes les positions nationales. Il y a des positions honorables dans toutes les communautés, de la part de personnalités, de références, de jeunes hommes et femmes, d’étudiants et d’étudiantes, parmi les élites, nous les voyons, nous les écoutons, et ce sont des personnages réels sur les réseaux sociaux,
Je vais être franc, certains chrétiens qui adoptent une position hostile à la résistance, lorsqu’ils voient des noms de chrétiens sur les réseaux sociaux, qui soutiennent la résistance, ils disent que ce sont des noms fictifs. Et ceux qui parlent pour les télévisions ? sont-ils fictifs ? (En riant) eux qui écrivent pour les journaux de leur nom…
Dans le milieu islamique, dans le milieu chrétien, chez toutes les communautés, c’est la réalité des choses. Et c’est un atout de force que nous ne devons pas perdre en raison des (visions) claniques, ou la colère…
Ceux qui supportent le plus lourd fardeau sont les gens du sud
Quatrièmement, ceux qui supportent le plus grand fardeau aujourd’hui sur le front libanais sont nos gens au sud du Liban, dans les villages sur les premières lignes du front. Et le Liban qui est solidaire avec eux. certes des frères viennent de la Bekaa au sud et tombent en martyrs. Mais ceux qui portent le fardeau le plus lourd maintenant, depuis 129 jours ce sont les habitants des villages de la première ligne du front et du sud, parce que la confrontation se déroule là-bas, les combats, les opérations. Les gens qui ont été déplacés de leurs maisons sont de là-bas et ceux dont les maisons, les magasins, les terres sont pilonnés sont de là-bas. Ce sont ceux qui combattent et qui donnent leurs fils pour la résistance. Il y a un grand nombre de martyrs qui sont originaires des villages de première ligne. De Aita, Blida, Mays, Yaroune, al-Khiyam…
Cette position illustre la volonté des habitants des villages frontaliers, leur volonté réelle, dans leur écrasante majorité, nous ne prétendons pas qu’il y a un consensus parfait autour de cette position. Au Liban, il est difficile d’avoir un consensus. Il est normal qu’il y ait des gens qui ont un avis différent.
Et cette position de la majorité écrasante vient de toutes les communautés, pas seulement des chiites. Mais aussi des chrétiens, des druzes, des sunnites, des nationalistes.
Cette majorité ne se contente pas de soutenir la résistance et ce choix. Elle l’exerce, par sa participation à l’action de la résistance, avec le sang, avec les blessures, avec l’espoir, avec les peurs, à travers les sacrifices. Et il faut par conséquent respecter sa volonté.
Cette position n’est pas émotionnelle ni par enthousiasme. On parle ici de combat. Ceci exprime la conscience et la sagacité des habitants des villages frontaliers de première ligne. Parce que ce sont les gens qui ont le plus souffert de l’existence de cette entité usurpatrice depuis 1948, via les agressions qui ont ciblé leurs villages, les tueries, les enlèvements les massacres, les pilonnages, les déplacements, …
Les habitants des villages du sud, et compte tenu de cette expérience depuis 1948, ont vu de leurs propres yeux que ce qui restitue leurs terres est la résistance, que ce qui protège leur dignité, leur sang, leur fils, leurs biens, est la résistance, que ce qui les ramène chez eux est la résistance… et que ce qui met un terme aux menaces et au danger israéliens est la résistance … C’est pour cela, ils ont été eux la résistance. C’est pour cela qu’ils embrassent cette résistance. Et ils expriment leur soutien ils envoient leurs fils au combat même les pères et mères qui n’ont qu’un seul fils.
On m’a raconté l’histoire d’un martyr, qui était un fils unique, il a raconté que la première chose qu’il avait dite à sa mère, étant petit, et il était son fils unique, que ‘lorsque je serai grand, je voudrais que tu me donnes une lettre que tu me permettes d’aller au front’. Ce sont les familles des martyrs (d’une voix basse).
Vous voulez savoir la volonté des habitants des villages frontaliers et du sud et tous ceux qui les soutiennent, écoutez les familles des martyrs, leur mère, leur père, leur épouse, leurs enfants, Ils s’expriment en toute sincérité, en toute générosité, prêts à tous les sacrifices … Ils disent prenez nos maisons tout en sachant que lorsque les résistants vont s’y abriter, elles seront détruites. Inchallah, elles seront reconstruites et plus belles qu’avant.
Ils donnent les clés des maisons, ils donnent leurs fils, et font preuve de patience face aux souffrances, au déplacement, a l’inquiétude, a la peur, c’est normal avec les raids aériens, des gens, des civils, des femmes et des enfants… et ils expriment leur soutien ouvertement…
L’insistance des gens du sud d’enterrer leurs martyrs dans les villages frontaliers, et de célébrer et de participer en grand nombre aux obsèques de leurs fils martyrs dans les villages frontaliers et sous les regards des positions sionistes occupées, est l’expression de leur volonté et de l’attachement à l’option de la résistance. C’est ce qu’il faut respecter.
Dans les occasions politiques, populaires, électorales, dans leur écrasante majorité, ils expriment cette position en faveur de la résistance.
La force de la résistance réside avant tout dans l’embrassement populaire fidèle
En vérité aujourd’hui, la force de la résistance, dans toutes ses factions, Hezbollah, mouvement Amal, le parti nationaliste, et les autres partis qui participent ne réside pas seulement dans sa force organisationnelle, militaire, et d’armements mais dans cet embrassement populaire, sincère, véridique, fidèle, pour elle. C’est l’atout de force premier, suivi des autres atouts de force.
Nous somme soutenus par ces montagnes amarrées de volontés fermes, de fermeté puissante d’hommes, de femmes, d’enfants et d’adultes. Ce n’est pas nouveau de la part de nos gens dans le sud, de la Bekaa du Liban. Nous l’avons palpé tout au long de l’histoire de la résistance dans la confrontation avec l’occupation et plus précisément durant la guerre 2006.
En vérité, cette résistance, via les sacrifices de ces gens et leur persévérance sont ceux qui défendent tout le Liban. Sans eux, les Israéliens auraient tout usurpé au Liban.
Souvenez-vous avant 1982, lorsque l’une des factions palestiniennes ou de la résistance nationale, réalisait une opération, tirait un Katioucha ou un obus d’artillerie, les avions israéliens bombardaient la capitale et abattaient des bâtiments…
L’ennemi combat selon des restrictions
Aujourd’hui, le front est ouvert depuis 129 jours, des opérations quotidiennes contre les sites de l’ennemi, sur ses attroupements, sur ses véhicules, avec des missiles de calibre lourd, et de qualité, et les pertes qui en découlent, mais l’ennemi combat en s’imposant des restrictions précises. Il menace d’élargir parfois le champ d’action, je vais en parler.
Cette expérience consolide l’un des exploits de la bataille sur le front libanais, celui de l’équilibre de dissuasion et confirme que le Liban dispose d’une réelle force de dissuasion. Ce petit Liban qui était toujours traité comme un impuissant, occupé dont la capitale était bombardée, envers lequel l’Israélien prend mille précautions. Je ne dis pas qu’il ne va rien faire du tout. Mais jusqu’à présent, compte tenu des indices, depuis quatre mois, il continue de prendre mille précautions lorsqu’il veut élargir le champ de ses attaques, c’est l’un exploits de cette bataille. C’est ce qui valorise le Liban.
Si d’aucuns aux Etats-Unis, s’interrogent sur le Liban, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, dans l’Union européenne, dans le monde arabe, et je ne sais ou, c’est à cause de ce front libanais et de cette résistance.
Le front du Liban, un front de pression et de soutien
Les visites de délégations occidentales au Liban ont un seul but : protéger « Israël » et ramener les colons au nord. Elles n’évoquent nullement ce qu’il se passe à Gaza comme offensives et crimes.
Les délégations occidentales veulent imposer les mesures qu’elles veulent. Elles refusent de parler des territoires libanais occupés, des agressions israéliennes ou d’autres choses. Elles insistent sur la sécurité d’Israël seulement.
Certaines délégations relaient les déclarations israéliennes pour dramatiser la situation. Certains disent des choses que mêmes les dirigeants israéliens ne disent pas.
Le front du sud est un front de pression, de soutien, et de participation pour infliger une défaite à l’ennemi, afin de l’affaiblir, jusqu’à ce qu’il soit persuadé qu’il doit arrêter son offensive sur Gaza.
Poursuivez votre dramatisation tant que vous voulez. Rien ne pourra nous affecter. Même le déclenchement d’une guerre ne nous arrêtera pas. L’Israélien est coincé. Il n’est pas en position d’imposer ses conditions.
J’invite la position officielle libanaise à introduire de nouvelles conditions supplémentaires à la résolution onusienne 1701 et non pas à son application seulement.
Le Liban est en position de force et de l’initiative et il peut imposer ses conditions.
Il y a une atmosphère de dramatisation au Liban à laquelle participent certains homme politiques et personnalités, avec un niveau de décadence morale et de bassesse. Ils exercent une dramatisation sur les gens du sud qu’une guerre est sur le point de se déclencher. Ceci est de la bassesse.
Il faut faire attention à la guerre psychologique menée par l’ennemi et il faut faire attention à ce qui est propagé sur les réseaux sociaux afin de faire peur aux gens et d’altérer leur volonté et leur position.
Les téléphones mobiles et les caméras, des agents d’espionnage
Certains réseaux sociaux fournissent des informations gratuites à l’ennemi. L’ennemi a renoncé depuis un certain temps aux collaborateurs. Les équipements d’écoute sur les téléphones mobiles entre vos mains transmettent tout et localisent votre endroit.
Mes frères et sœurs, les téléphones mobiles entre vos mains sont des agents tueurs. Je vous demande d’y renoncer. Les israéliens n’ont pas besoin d’implanter des collaborateurs. Dans les rues, les caméras installées et connectées sur internet servent leurs intérêts et ils peuvent tout voir.
Coupez la connexion des caméras sur internet. C’est un devoir religieux. Il ne faut pas être indulgent car ceci coûte davantage de martyrs.
Nous suivons de près toutes les évolutions dans la région et toutes les éventualités sont ouvertes. Nous combattons au sud et notre regard est fixé sur Gaza. Le ministre de la guerre israélien a dit qu’il va continuer la guerre. Il sera bienvenu. Et nous allons continuer au sud.
Lorsque l’offensive de l’ennemi sur Gaza s’arrêtera, nous arrêterons. Et si l’ennemi fait alors quelque chose, nous riposterons à la lumière des règles et des équations et notre riposte sera proportionnelle et efficace comme elle l’a toujours été.
A celui qui nous menace d’élargir la guerre, je lui dis que nous allons l’élargir aussi. Celui qui s’imagine un instant que la résistance ressent de la peur ou est confuse se trompe.
Si l’ennemi exécute ses menaces contre nous, il doit savoir que les cent mille (colons) qui ont quitté le nord n’y reviendront jamais.
La résistance aujourd’hui est certainement plus puissante et plus persévérante que jamais à tous les niveaux de la confrontation.