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Allemagne, élections européennes 2024, KO électoral, Olaf Scholz
L’opposition chrétienne-démocrate et l’extrême droite remportent le scrutin européen en Allemagne. La défaite est sans appel pour le chancelier Olaf Scholz.
Delphine Nerbollier

Les gagnants et perdants du scrutin européen en Allemagne sont respectivement au nombre de trois. Parmi ceux qui jubilaient ce dimanche se trouvent les chrétiens-démocrates, actuellement dans l’opposition. Selon les résultats provisoires à 22h15, la CDU/CSU de l’actuelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen arrivait en tête avec 30 % des voix, en légère hausse par rapport à 2019. « C’est un résultat formidable. Vous êtes la force la plus puissante en ces temps difficiles« , a lancé, tout sourire, la tête de liste allemande qui passait la soirée à Bruxelles. La victoire est d’autant plus jubilatoire que les chrétiens-démocrates ont obtenu « le double des voix des sociaux-démocrates« . Un résultat de bon augure pour une formation qui veut reprendre les rênes du pays après les législatives de 2025.
Autre grande gagnante de ce scrutin européen, l’extrême droite se positionne bel et bien comme la deuxième force politique du pays, avec 15,9 % des voix, et cela malgré les multiples scandales des derniers mois, notamment autour de sa tête de liste Maximilian Krah. « La campagne médiatique contre nous n’a pas fonctionné« , s’est félicité le chef du parti Tino Chrupalla. Quant à la troisième formation victorieuse, il s’agit du nouveau parti de gauche conservatrice, Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui dépasse les 5 % pour une première élection.
Un coup dur pour le gouvernement
Les grands perdants se trouvent, en revanche, du côté de la coalition tripartite du chancelier Olaf Scholz. Les sociaux-démocrates (SPD) ne sont plus que la troisième force politique du pays avec 14 % des voix, en recul par rapport à un score déjà historiquement bas en 2019. « C’est un jour amer« , a constaté Katarina Barley, tête de liste, sur la chaîne de télévision ZDF. » Nous n’avons pas pu profiter du mouvement démocratique du début d’année et nous n’avons pas été poussés par la politique nationale« , regrette-t-elle. À ses côtés, la tête de liste des écologistes allemands, Terry Reintke, avait la tête des très mauvais jours. Son parti chute de huit points par rapport à 2019 et trébuche à la quatrième place au niveau national, avec 11,9 % des voix. « L’ambiance est très différente cette année, avec la guerre en Ukraine, l’inflation. Cela a beaucoup influencé le vote« , a tenté d’expliquer la députée européenne. Seuls les libéraux du FDP, troisième partenaire de la coalition gouvernementale, gardaient une mine satisfaite, avec un score stable autour des 5 %.
Même si ce scrutin était avant tout européen, personne n’ose nier la dimension nationale de cette claque électorale, d’autant qu’Olaf Scholz s’est affiché sur toutes les pancartes de son parti. La CDU/CSU et l’AfD l’ont d’ailleurs rappelé hier soir, mettant en cause la « légitimité » d’un gouvernement qui a perdu tous les scrutins des 15 derniers mois. Tiendra-t-il jusqu’à l’automne 2025 ? La question était dans toutes les bouches hier soir, surtout après l’annonce de la dissolution de l’assemblée nationale chez le voisin français.