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Juan Cole

Le porte-parole iranien du ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanani, a condamné Israël samedi sur « X » pour avoir pratiqué des « formes médiévales de torture » au centre de détention pour Palestiniens de Sde Teiman, où il a été révélé cette semaine que des policiers militaires voyous s’étaient livrés à des viols collectifs et à de graves tortures sur des détenus, envoyant l’un d’entre eux à l’hôpital dans un état critique pour des blessures au rectum et entraînant prétendument la mort d’autres personnes. Il a comparé la torture pratiquée dans ce pays à celle pratiquée par les États-Unis à Abu Ghrayb en Irak et à Guantanamo Bay.

Nasser a écrit :

Le rapport publié dans le Washington Post le 29 juillet 2024, concernant les formes médiévales de torture contre les détenus palestiniens dans les prisons du régime israélien, ne révèle que la partie émergée de l’iceberg.

Des rapports divulgués sur certaines des méthodes de torture et des crimes commis dans la prison de la base militaire de Sde_Teiman dans le désert du Néguev, à 30 kilomètres de la bande de #Gaza près de la ville de Beersheba, indiquent que le régime sioniste a établi un nouveau record par rapport à Guantanamo et Abou Ghraib.

Les organismes internationaux et les militants des droits de l’homme doivent assumer leurs responsabilités juridiques et humanitaires.

Le patron de Nasser, le ministre des Affaires étrangères par intérim Ali Baqeri Kani, avait appelé vendredi le responsable de la politique étrangère européenne Josep Borrell, exhortant l’Union européenne, « conformément à sa responsabilité de maintenir la paix et la sécurité internationales », à faire pression sur Israël afin de l’empêcher de poursuivre ses crimes. Il a insisté sur le fait que si « la partie européenne ne prend pas de mesures sérieuses pour freiner le régime sioniste », cela « encouragera la bande criminelle au pouvoir à Tel-Aviv à déclencher une guerre et à mettre en danger la paix, la stabilité et la sécurité régionales et internationales ».

Pour sa part, M. Borrell a reconnu que l’Iran avait le droit de se défendre contre une attaque. Les Américains n’ont pas l’habitude d’entendre cela, car dans notre société, le droit international est une arme à utiliser contre nos ennemis, mais ne peut jamais être invoqué par eux.

Baqeri Kani a toutefois ajouté que l’Iran invoquerait son droit inhérent à punir Israël pour son crime (l’assassinat d’un dirigeant politique civil sur le sol iranien). Il a ajouté que « la violation de l’intégrité territoriale de la République islamique d’Iran et la violation de la souveraineté nationale de l’Iran ont mis en danger la paix et la stabilité régionales et internationales, et l’Iran utilisera certainement son droit inhérent et légitime de punir » Israël.

Pendant ce temps, le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf a accusé Israël d’essayer de détourner l’attention de ses crimes à Gaza en assassinant ce qu’il appelle des chefs de la résistance, ce qui montre, selon lui, à quel point le gouvernement israélien est « barbare ».

Pour sa part, le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, le général de division Hossein Salami, a envoyé un message de condoléances à Sayyid Hassan Nasrullah, le chef du Hezbollah au Liban, pour l’assassinat par Israël d’un haut responsable du Hezbollah, Abu Muhsin Fuad Shukr. M. Salami a déclaré que ces hommes aspirent à l’union avec le bien-aimé divin et qu’ils ne peuvent donc pas être blessés. Il a ajouté : « Les ennemis de la nation islamique, en particulier les gangs sionistes criminels, meurtriers et terroristes responsables du meurtre des femmes, des enfants et des hommes innocents de Gaza, doivent s’attendre, avec leurs partisans, à la colère sacrée [de Dieu], à la vengeance sévère et inévitable et à la soif de sang des combattants fidèles, déterminés et résolus des différents contingents de la résistance musulmane ».

Il semble évident que l’Iran est déterminé à rétablir la dissuasion dans ses relations avec Israël, puisque les Israéliens ont franchi à plusieurs reprises la ligne rouge de la violation de la souveraineté iranienne. Au printemps dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a bombardé l’ambassade d’Israël à Damas, considérée comme un territoire iranien, tuant un haut responsable des Gardiens de la révolution iraniens, l’équivalent de la Garde nationale du pays. À cette occasion, l’Iran a bombardé Israël avec un barrage de missiles et de drones, qui ont été interceptés par l’armée américaine dans la région, à l’exception de quelques-uns qui ont franchi la défense antimissile d’Israël.

L’Iran a fourni à son allié au Liban, le Hezbollah, un important stock de roquettes, de missiles et de drones. L’Iran avait auparavant fait pression sur le Hezbollah pour qu’il évite une confrontation majeure avec Israël, malgré le génocide israélien en cours contre les Palestiniens de Gaza. Certains observateurs pensent que l’Iran va maintenant retirer cette pression et demander au Hezbollah de soumettre Israël à un barrage de missiles plus concerté, qui serait calibré de manière à ne pas déclencher une guerre israélo-libanaise de l’ampleur de celle de 2006.

C’est pourquoi les États-Unis et les autres grandes ambassades à Beyrouth invitent leurs ressortissants à quitter le pays dans la mesure du possible et le plus rapidement possible.

Times of India: “‘Unpredictable Strike’: Iran’s Eerie Silence Spooks Israel & U.S; Tehran Insider Reveals Details”

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