Étiquettes

,

JONATHAN TURLEY

Nous avons déjà parlé de Thierry Breton, le commissaire de l’Union européenne qui a été un leader incontesté du mouvement anti-liberté d’expression en Europe. M. Breton a menacé Elon Musk et d’autres personnes en raison de l’absence de censure, notamment en permettant à des candidats comme l’ancien président Donald Trump de s’exprimer librement sur sa plateforme. Pour les défenseurs de la liberté d’expression, la disparition soudaine et inattendue de M. Breton rappelle la scène du Magicien d’Oz. Bien qu’il ait promis de s’occuper de Musk et de sa petite plateforme, Breton a semblé fondre plus vite que Margaret Hamilton après avoir été frappée avec un seau d’eau.

C’est ce qu’on appelle le Bretxit. La démission de M. Breton fait suite à des tensions signalées au sein de l’Union européenne, notamment avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

M. Breton s’en est pris à Mme von der Leyen et à tous les munchkins de l’UE. « Vous avez demandé à la France de retirer mon nom – pour des raisons personnelles dont vous n’avez en aucun cas discuté directement avec moi – et vous avez proposé, en guise de compromis politique, un portefeuille prétendument plus influent pour la France au sein du futur collège.

Selon Deadline, son action unilatérale contre Musk pourrait avoir été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour M. Breton, qui incarnait la pire image d’un bureaucrate européen impérial et arrogant.

Le départ d’une personnalité aussi farouchement opposée à la liberté d’expression est évidemment salué par de nombreux membres de la communauté de la liberté d’expression. Cependant, il ne faut pas se faire d’illusions. L’UE reste attachée à un programme de lutte contre la liberté d’expression et à l’utilisation de la loi sur les services numériques pour imposer une plus grande censure dans le monde entier.

Ursula von der Leyen n’est pas une défenseuse de la liberté d’expression. Nombre de nos adversaires de la liberté d’expression ont trouvé en l’Union européenne un partenaire de choix.

Notamment, après le rachat de Twitter par Musk, Hillary Clinton a demandé aux fonctionnaires européens de l’obliger à censurer les citoyens américains dans le cadre de l’infâme Digital Services Act (DSA). Récemment, des dirigeants démocrates comme Keith Ellison, procureur général du Minnesota, ont félicité le Brésil pour son action visant à empêcher les citoyens d’avoir accès à des sources d’information sans entraves.

Le Bretxit ne mettra pas fin à ce mouvement, pas plus qu’il ne le ralentira. L’Union européenne a été embarrassée par le martèlement public de la poitrine de Breton, mais ce n’est pas parce qu’elle n’était pas d’accord avec son programme de censure. Ils n’étaient tout simplement pas d’accord avec le fait qu’il attire autant l’attention sur leurs efforts de censure.

Quant au défi de Musk, Breton a semblé surpris par sa fonte et on pourrait presque l’entendre dire : « Sale gosse ! Regarde ce que tu as fait ! Je fonds ! Je fonds ! Oh, quel monde, quel monde ! Qui aurait cru qu’un bon petit [PDG] comme toi pouvait détruire ma belle méchanceté ! ».
En effet, le monde est meilleur.

JONATHAN TURLEY