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TEHRAN, 01 novembre (MNA) – Le chef du Conseil stratégique des relations extérieures de l’Iran, Kamal Kharrazi, affirme que le pays est tout à fait capable de fabriquer des armes nucléaires et que la seule chose qui l’en empêche est la fatwa émise par le Guide.

Dans une interview exclusive accordée à Al Mayadeen, M. Kharrazi a exposé la position de l’Iran sur les tensions régionales, soulignant que le pays était prêt à répondre à toute escalade, tout en exprimant le souhait d’éviter une nouvelle guerre. Il a mis l’accent sur les capacités militaires de l’Iran et sur la possibilité de modifier sa politique nucléaire en réponse aux « menaces existentielles » perçues, inscrivant la discussion dans le contexte plus large de la position géopolitique de l’Iran et de son engagement en faveur de la souveraineté nationale.

Dans ce contexte, M. Kharrazi a souligné que l’Iran avait démontré ses capacités de dissuasion lors de l’opération True Promise II, au cours de laquelle il a lancé des centaines de missiles balistiques sur Israël, notant qu’à l’heure actuelle, tout dépend des sionistes ; s’ils choisissent de poursuivre leurs actions hostiles, l’Iran répondra en conséquence.

En réponse à des questions sur d’éventuels changements dans la doctrine nucléaire iranienne, M. Kharrazi a indiqué que de tels changements étaient possibles, en particulier si l’Iran était confronté à une « menace existentielle ». Il a affirmé que l’Iran avait les capacités techniques de produire des armes nucléaires et qu’il ne rencontrait pas d’obstacles majeurs à cet égard. Toutefois, il a souligné que la fatwa émise par le Guide de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, est la seule contrainte qui empêche l’Iran de chercher à se doter d’un armement nucléaire.

Le responsable iranien a également indiqué que les changements de politique s’appliqueraient aux projectiles. M. Kharrazi a fait remarquer que les capacités de l’Iran en matière de missiles sont bien connues et qu’elles ont été démontrées lors de diverses opérations. Il a déclaré que l’accent était actuellement mis sur la portée des missiles utilisés jusqu’à présent, et qu’ils [les Iraniens] avaient pris en compte les préoccupations des pays occidentaux.

Toutefois, M. Kharrazi a maintenu que si les pays occidentaux ne reconnaissent pas les préoccupations de l’Iran, en particulier en ce qui concerne sa souveraineté et son intégrité territoriale, l’Iran ne tiendra pas compte des préoccupations des pays occidentaux. Il est donc probable que l’Iran développe et étende la portée de ses missiles.

M. Kharrazi a abordé la question de la guerre « inégale » dans la région, déclarant à Al Mayadeen qu’elle est « menée par Israël, qui se livre au nettoyage ethnique et à l’extermination des peuples » et combat ceux qui défendent leur vie, leur existence et leur terre.

Il a exprimé l’espoir que la guerre se termine rapidement, affirmant qu’Israël se livre à un « horrible nettoyage ethnique » tout en croyant à tort qu’il a remporté la victoire. M. Kharrazi a souligné que de telles actions ne peuvent être perçues comme une véritable victoire, mais plutôt comme une profonde violation des droits de l’homme.

Il a également souligné les récentes actions d’Israël qui ont empêché l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) de livrer des fournitures essentielles, déclarant que l’agence « veut fournir de l’eau et de la nourriture à la population assiégée de Gaza, mais qu’elle a été empêchée de le faire ».

Il a souligné que cette décision représentait « l’apogée des valeurs anti-humanitaires ».

Il a appelé la communauté internationale à « se réveiller et à exercer une pression sur Israël », ajoutant : « Malheureusement, nous voyons toujours l’Occident, y compris les pays européens et les États-Unis, continuer à soutenir une entité aussi brutale et criminelle et à défendre ses actions en la finançant et en lui envoyant des armes ».

M. Kharrazi a conclu que les implications de la situation et son résultat final sont évidents : la volonté du peuple et sa résistance ne peuvent être supprimées. Il a affirmé que les Palestiniens et les Libanais sont fermement déterminés à résister, à endurer cette oppression et à faire face à ces atrocités jusqu’à ce que la victoire soit acquise.

Dans le contexte des négociations sur le cessez-le-feu, M. Kharrazi a souligné que l’Iran n’intervenait pas, affirmant que les Libanais et les Palestiniens avaient le droit de négocier et de parvenir à un accord de cessez-le-feu. En outre, il a affirmé le soutien de son pays à toute décision prise par les deux pays.

Le responsable iranien a ajouté que l’Iran restait attaché à ses accords précédents, à condition que l’autre partie respecte également ses engagements. Il s’est dit déçu que la partie adverse n’ait pas respecté ses obligations et qu’au lieu d’engager des négociations, elle continue d’imposer des sanctions à la République islamique d’Iran.

Le responsable iranien a également évoqué les relations irano-russes et la dynamique régionale au sens large, déclarant à Al Mayadeen que la Russie et la Chine « cherchent à construire un nouveau système international pour se libérer de la domination occidentale », un objectif que l’Iran défend.

Il a souligné que les puissances émergentes, dont l’Iran, devraient jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration d’un nouvel ordre mondial qui favorise une gouvernance plus démocratique, loin du colonialisme occidental.

M. Kharrazi a précisé que les mesures prises jusqu’à présent dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai, des BRICS et de la Nouvelle banque de développement s’inscrivent toutes dans cette vision. Il a souligné que l’Iran est membre de ces organisations et qu’il travaille activement à l’établissement d’un nouvel ordre mondial.

Il a également souligné que l’accord entre l’Iran et la Fédération de Russie était prêt et qu’il englobait tous les aspects des relations et de la coopération bilatérales. M. Kharrazi a fait remarquer que l’accord devait à l’origine être signé lors de la récente réunion des BRICS à Kazan, en Russie, mais que les Russes ont préféré le finaliser lors d’une visite bilatérale afin de souligner son importance, ce qui se produira bientôt.

M. Kharrazi a expliqué que tous les pays voisins sont conscients de la politique stratégique de l’Iran et s’orientent actuellement dans cette direction. Il a reconnu que ceux qui ne sont pas satisfaits de cette approche peuvent avoir recours à la diffusion de récits médiatiques biaisés qui ne servent pas les intérêts régionaux.