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Moon Of Alabama

Sous la pression de leurs alliés, le Liban et Israël se sont mis d’accord pour cesser le feu.

Les 13 points de l’accord de cessez-le-feu rétablissent la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Le statu quo ante a donc été rétabli.

Je considère qu’il s’agit d’une pause dans les combats, et non de la fin de la guerre.

Les deux parties ont besoin d’une pause.

Les forces de défense israéliennes dépendent des réservistes. Elles sont organisées pour mener des guerres courtes et de haute intensité. Mais cela fait maintenant plus de 14 mois qu’elles sont sur le terrain. Nombre de ses réservistes ne se présentent tout simplement pas lorsqu’ils sont rappelés pour une nouvelle série de combats. Les lourdes pertes matérielles et humaines subies sur le front au Liban, où les progrès ont été minimes, voire inexistants, ont encore affaibli la force.

Le mouvement de résistance libanais, le Hezbollah, a lui aussi besoin d’un temps d’arrêt. Les attaques israéliennes contre ses dirigeants ont sérieusement affaibli son organisation. Ses combattants locaux ont réussi à résister aux attaques israéliennes sur la ligne de front et ses forces de missiles ont pu frapper Israël là où ça fait mal. Mais la destruction totale causée par les attaques aériennes israéliennes menaçait son soutien au sein de la population libanaise.

Les deux camps affirment avoir gagné la guerre. Le Hezbollah a réussi à résister à un ennemi israélien très compétent, ce qui est en soi une victoire. Israël a réussi à affaiblir le soutien de la résistance à la population de Gaza.

Mais aucune des deux parties n’a atteint ses objectifs. Israël n’a pas réussi à détruire le Hezbollah. Il n’a pas réussi à conquérir de nouvelles terres. Ses colons continueront à refuser de retourner dans le nord. La population du Sud-Liban retournera dans ses villages, mais il lui faudra plusieurs années pour reconstruire tous les lieux qu’Israël a détruits.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies avait permis de maintenir un semblant de paix entre le Liban et Israël depuis 2006. Il est très peu probable que son rétablissement tienne aussi longtemps.

Alors que le conflit au Liban s’apaise, Israël et les États-Unis ont relancé la guerre en Syrie. Il y a eu des signes pendant un certain temps que cela allait se produire. Hier, les combattants du HTS, affiliés à Al-Qaïda, qui ont été reconstruits et financés par la CIA, ont relancé leurs attaques contre les forces gouvernementales syriennes à l’ouest d’Alep. Les attaques des forces aériennes syriennes et russes ont pour l’instant stoppé leur progression. Les forces Rudwan du Hezbollah ne sont pas encore intervenues mais sont déployées pour défendre Alep.

Je ne m’attends pas à ce que la situation en Syrie s’aggrave davantage.

L’Axe de la Résistance avait promis de soutenir Gaza. L’arrêt des tirs au Liban a pour l’instant bloqué un moyen de le faire. Il devra activer de nouveaux vecteurs d’attaques pour empêcher Israël d’achever son génocide à Gaza.

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Les 13 points clés de l’accord de cessez-le-feu

Cessation des hostilités :
La cessation de toutes les opérations militaires des deux parties commence à 4 heures du matin, le 27 novembre 2024. Cela comprend l’arrêt des actions offensives d’Israël et du Hezbollah, dans le but de réduire l’escalade et d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines.

Prévention des activités armées :
Le gouvernement libanais est chargé de veiller à ce qu’aucune activité armée visant Israël ne soit menée à partir de son territoire. De même, Israël accepte de cesser toute action militaire contre le territoire libanais, y compris les sites civils et militaires.

Référence à la résolution 1701 des Nations unies :
L’accord est ancré dans la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, avec un engagement renouvelé des deux parties à mettre en œuvre l’intégralité de ses dispositions, y compris le désarmement de tous les groupes armés non étatiques au Liban.

Reconnaissance des droits à l’autodéfense :
Israël et le Liban conservent le droit à l’autodéfense en vertu du droit international, à condition de ne pas enfreindre les conditions de la cessation des hostilités ou de ne pas compromettre l’accord.

Déploiement des forces armées libanaises (FAL) :
Une force de 10 000 soldats libanais doit être déployée au sud du fleuve Litani. Ce déploiement vise à garantir la souveraineté de l’État et à empêcher toute présence armée non autorisée dans la région.

Autorité exclusive des forces libanaises :
Seules les forces armées libanaises et la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) sont autorisées à opérer au sud du fleuve Litani. Aucune autre entité armée n’est autorisée dans cette zone.

Contrôle des transferts d’armes :
L’accord prévoit un contrôle strict des transferts d’armes vers le Liban. Tous les transferts doivent être gérés exclusivement par le gouvernement libanais, la production et le stockage des armes au Liban étant soumis à un contrôle officiel.

Soutien international à l’armée libanaise :
Des pays tels que les États-Unis et la France fourniront un soutien technique, logistique et financier à l’armée libanaise, afin de lui permettre de remplir ses obligations au titre de l’accord.

Un mécanisme de contrôle international conjoint, impliquant les Nations unies, les forces armées libanaises, les forces de défense israéliennes et des représentants des États-Unis et de la France, surveillera le respect des conditions du cessez-le-feu.

Retrait israélien :
Les forces israéliennes doivent se retirer du Sud-Liban dans un délai de 60 jours, sous réserve du déploiement complet des forces armées libanaises dans les zones libérées.

Redéploiement du Hezbollah :
Le Hezbollah doit déplacer son personnel armé et ses infrastructures au nord du fleuve Litani, en veillant à ce que la zone située au sud du fleuve soit libre de tout groupe armé non étatique.

Assistance humanitaire et reconstruction :
L’accord souligne la nécessité d’une aide humanitaire et d’une reconstruction dans les zones touchées par la guerre. Les deux parties, avec la collaboration de la communauté internationale, s’efforceront de faciliter le retour des personnes déplacées et de reconstruire les infrastructures détruites.

Engagement en faveur d’un cessez-le-feu à long terme :
Les deux parties s’engagent à progresser vers un cessez-le-feu permanent et un cadre de paix plus large, en abordant les questions non résolues afin de favoriser la stabilité à long terme dans la région.

MOA