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L’envoyé américain Amos Hochstein souligne qu’aucun accord avec le Liban n’aurait pu permettre à l’occupant israélien de mettre la main sur une zone tampon dans le sud du pays.

L’envoyé spécial américain Amos Hochstein a défendu le cessez-le-feu récemment négocié entre l’occupant israélien et le Hezbollah, rejetant les affirmations selon lesquelles l’occupant israélien aurait pu obtenir un accord plus favorable, notamment le maintien d’une zone tampon à l’intérieur du Liban.

M. Hochstein a rejeté les critiques formulées par l’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett, qui a affirmé que l’absence de zone tampon dans l’accord permettrait au Hezbollah de reconstruire ses positions près de la frontière et d’organiser potentiellement de futures attaques.

« Oui, il existe des accords fantaisistes où l’on obtient un accord de cessez-le-feu avec une zone de sécurité, mais cela n’arrivera jamais », a déclaré M. Hochstein à la chaîne israélienne Channel 12.

L’envoyé a souligné que le maintien d’une zone tampon exigerait que le régime israélien occupe le territoire libanais, ce qui est inacceptable pour le Liban ou la communauté internationale, car cela constitue une violation flagrante de sa souveraineté. En revanche, l’accord repose sur l’engagement du Hezbollah à cesser les tirs de roquettes et prévoit d’empêcher la reconstruction des infrastructures du mouvement.

L’Occident et ses alliés soutiennent l’armée libanaise

Afin de donner davantage de garanties à l’occupant israélien, M. Hochstein a souligné que les alliés occidentaux et arabes se sont engagés à soutenir l’armée libanaise en lui apportant une aide financière, des équipements et une formation afin de lui permettre de maintenir sa présence dans le sud du pays.

L’accord élargit également un mécanisme d’application existant dans le cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis et la France dirigeant désormais un comité tripartite aux côtés de l’occupant israélien, du Liban et de la FINUL. Ce comité est chargé de traiter les violations en temps réel.

M. Hochstein a souligné les éléments clés de l’accord, notamment le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du Liban pour remplacer les troupes israéliennes pendant deux mois, dans le but d’empêcher le Hezbollah de maintenir une présence armée au sud du fleuve Litani.

Hassan Fadlallah, député du Bloc de la loyauté à la résistance du Hezbollah au Parlement libanais, a déclaré mercredi que le parti travaillait au déploiement de l’armée dans le sud du Liban selon les paramètres d’un cessez-le-feu avec « Israël », affirmant qu’« il n’y aura pas de problème ».

Le Premier ministre Najib Mikati a déclaré que l’armée renforcerait sa présence dans le sud, tandis que l’armée libanaise a révélé qu’elle avait commencé à « renforcer sa présence dans le secteur du sud du Litani et à étendre l’autorité de l’État en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ».

Aucune pression sur « Israël

Par ailleurs, M. Hochstein a également minimisé les allégations de pressions américaines sur l’occupation israélienne, y compris les menaces présumées de retenir des armes ou d’opposer un veto à une résolution de l’ONU. « Il n’y a eu aucune menace… Ces idées n’ont jamais été évoquées au cours des discussions », a affirmé M. Hochstein.

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a quant à lui critiqué M. Hochstein pour avoir qualifié le cessez-le-feu de « permanent », précisant que les combats pourraient reprendre en cas de violation.

Les États-Unis ont rejeté les affirmations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu selon lesquelles les menaces américaines ont forcé l’occupant israélien à accepter un accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, a rapporté Haaretz mercredi. Des récits contradictoires ont émergé du bureau de M. Netanyahu et de Washington concernant l’étendue de l’implication des États-Unis dans la négociation de l’accord.

Des fonctionnaires israéliens ont affirmé que l’administration Biden avait proféré deux menaces importantes : l’arrêt des livraisons d’armes américaines à l’occupant israélien et le retrait de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Ces affirmations ont été catégoriquement démenties par les responsables américains, qui ont qualifié leur rôle de médiation plutôt que de coercition.

Un haut fonctionnaire américain anonyme a déclaré : « À aucun moment, il n’y a eu de menace de refuser le veto au Conseil de sécurité ou de suspendre les livraisons d’armes. Cet accord a été obtenu par le dialogue et non par des ultimatums ».

Rejeter la responsabilité sur les États-Unis

Les collaborateurs de M. Netanyahou auraient informé les journalistes afin d’obtenir le soutien de l’opinion publique en faveur du cessez-le-feu en le présentant comme une décision inévitable imposée par les États-Unis. Les analystes suggèrent que ce discours vise à contrer les critiques des factions de droite de l’occupation israélienne, qui s’opposent à toute concession au Hezbollah et au Liban.

Les responsables américains ont répondu à cette affirmation en soulignant que M. Netanyahou était un partenaire volontaire dans les négociations. « L’idée de menaces américaines est une invention destinée à apaiser les critiques internes », a déclaré un haut responsable de l’administration de Joe Biden.

L’administration Biden souhaite utiliser le cessez-le-feu au Liban comme modèle pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza. Toutefois, cet effort se heurte à une résistance importante au sein de la coalition de M. Netanyahou. Les ministres d’extrême droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich ont prévenu qu’ils pourraient se retirer du gouvernement si un tel accord était conclu.

Les considérations de M. Netanyahou sont également influencées par la transition politique à Washington, Donald Trump devant bientôt accéder à la présidence. Les responsables américains pensent que M. Netanyahou cherche à éviter de tendre les relations avec M. Trump, ce qui pourrait expliquer sa volonté de finaliser l’accord sur le Liban tout en s’opposant à des mesures similaires concernant Gaza.

Al Mayadeen