Étiquettes

, ,

Ibrahim El Amine

(AFP)

Dix jours après l’annonce du retrait total de l’ennemi du territoire libanais, le cessez-le-feu est censé être considéré comme réellement global. Cela signifie que l’ennemi doit cesser toute violation terrestre, aérienne et maritime, en échange de quoi l’armée libanaise, accompagnée des forces de la FINUL, se déploie au sud du fleuve Litani et s’assure qu’il n’y a pas d’armes ou d’hommes armés en dehors des forces militaires libanaises.

Les Américains sont confiants, comme ils l’affirment, qu’Israël respectera l’accord et se retirera complètement dimanche soir 26 de ce mois. Israël n’aurait pas dû faire ce qu’il a fait depuis le 27 novembre, que Washington justifie comme une « opération de nettoyage » dans la zone frontalière et dans le cadre d’un accord parallèle avec Israël pour garantir sa liberté de vérifier l’absence d’infrastructures du Hezbollah et permettre à l’ennemi de lancer des frappes contre le parti à l’intérieur du Liban, et c’est ce qui s’est réellement passé. Ce n’est qu’à la veille de l’élection du général Joseph Aoun à la présidence qu’Israël a pris des mesures pour mettre en œuvre l’accord, en évacuant la majeure partie du secteur occidental, mais sans permettre aux habitants de ces villages d’y retourner avant l’expiration du délai de soixante jours.

Entre-temps, les données provenant des territoires occupés indiquent que les colons des colonies frontalières avec le Liban ont commencé à vérifier leurs maisons, et que certains y sont retournés. Malgré la date officielle du 1er mars pour leur retour, environ 35 % des colons travaillent à la réhabilitation de maisons habitables ou ont repris le travail dans des ateliers agricoles et d’industrie légère, tandis que les différends se poursuivent entre les conseils locaux et le gouvernement au sujet des compensations financières.

Cependant, existe-t-il une possibilité de manœuvre de la part de l’ennemi ?
La possibilité est très élevée et l’on s’inquiète également du maintien de l’occupation de certains points par l’ennemi. On peut également s’inquiéter de l’occupation continue de certains points par l’ennemi et de sa tentative d’imposer une nouvelle négociation et de proposer une prolongation du délai de 60 jours. En outre, rien ne garantit que l’ennemi ne mènera pas des actions militaires ou sécuritaires, non seulement dans la zone frontalière, mais dans tout le sud et même à Beyrouth, à Dahiya et dans la Bekaa, ce qui rallumerait le front, une option qui semble souhaitable pour les dirigeants ennemis, et personne ne sait si l’administration du président américain Donald Trump exercera suffisamment de pression pour empêcher Israël de rallumer le front avec le Liban.
Malgré la nécessité de scruter les intentions de l’ennemi et de s’interroger sur le rôle américain, la discussion sur ces questions semble absente au Liban, qui est entré dans une nouvelle phase après l’élection du général Aoun à la présidence et la nomination du juge Nawaf Salam pour former le gouvernement, un dossier assombri par une « crise de confiance » entre les composantes politiques, en raison du manque de clarté sur la façon dont le nouveau gouvernement travaillera à l’application de la résolution sur le cessez-le-feu.

La Résistance ne restera pas silencieuse si le délai de 60 jours passe sans qu’un résultat complet soit obtenu

En ce sens, les adversaires de la Résistance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, peuvent affirmer qu’elle porte la responsabilité de l’accord qu’elle a signé et qu’elle n’a pas le droit d’exiger ce qui n’est pas inclus dans les termes et les garanties. Cependant, même si les observations sur l’accord sont très réalistes, notamment celles présentées par le député Jamil al-Sayyed après sa rencontre avec le Premier ministre désigné, la question ne s’adresse pas seulement à la Résistance, mais aussi au président Aoun, qui sait que la tentative de l’ennemi de perturber l’accord ou de manœuvrer autour de celui-ci sera dirigée contre son règne. Par conséquent, le président Aoun, ainsi que le président désigné, doivent prendre des contacts urgents et rapides avec les États-Unis et la France pour s’assurer de l’engagement de l’ennemi à mettre en œuvre l’accord, et considérer cette tâche comme une priorité avant même la formation du nouveau gouvernement. Toute tentative d’accaparement interne de la résistance ne contribue pas à résoudre le problème, qui resurgira, d’autant plus que toute tentative de l’ennemi d’agir à sa guise constituera une invitation explicite à la résistance à lancer un programme d’action directe pour contraindre l’ennemi à mettre en œuvre l’accord. Cette tâche aura un impact majeur sur la stabilité intérieure et ses dimensions liées à ce qui se passe en Syrie, d’autant plus que l’ennemi a procédé à un vaste déploiement militaire dans les zones syriennes adjacentes à la frontière, ce qui constitue une menace directe pour le Liban, ce qui signifie que la résistance doit être prête à y faire face et à ne pas attendre d’actions de sa part.

L’inquiétude provient également de ce qui prévaut dans les cercles ennemis, et même chez les Américains, à savoir que la dernière guerre n’a pas suffi à déclarer la défaite de la résistance au Liban. Dans ces milieux, on parle beaucoup du fait que le Hezbollah a reconstruit des structures humaines et militaires pour la résistance dans plus d’une région libanaise au cours des dernières semaines. Il s’agit généralement d’un prélude à une action militaire ou sécuritaire. Si Washington et Paris ne prennent pas des mesures concrètes en vue d’un arrêt effectif de la guerre, celle-ci ne se poursuivra pas nécessairement sous la forme que nous connaissons depuis le 27 novembre, car il est naïf de croire que la résistance restera les bras croisés face à une telle agression. À ce moment-là, il n’y aura plus de place pour une discussion sur les options diplomatiques qui n’existent qu’aujourd’hui. Après tout ce qui s’est passé, il est illogique de croire que la résistance libanaise est incapable de poursuivre la guerre, ou que les Libanais croiront que la diplomatie rétablira un droit volé, comme c’est le cas pour les Arabes depuis la création de cette abominable entité.

Al Akhbar