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élection en Roumanie, Conférence de Munich, J.D. Vance, Liberté d'expression, politiques migratoires, Ukraine
Angelina Brzhevskaya
Dans son discours à la conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président américain J.D. Vance s’est dit profondément préoccupé par les menaces internes qui sapent les fondements de la démocratie en Europe. Il a souligné que les défis les plus sérieux pour le continent ne viennent pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, où l’on assiste à un recul des valeurs fondamentales telles que la liberté d’expression.
M. Vance a appelé les pays européens à agir et à présenter des arguments positifs en faveur de la liberté, soulignant l’importance de s’opposer aux restrictions liées à la modération des contenus sur Internet et aux barrières politiques contre les partis radicaux.
Dans un discours truffé de références à l’histoire et à la culture européennes, le vice-président américain a accusé les dirigeants européens d’abandonner leur rôle de défenseurs de la démocratie. Selon lui, cela conduit à la suppression des voix dissidentes, qui sont des signes évidents d’un autoritarisme croissant. Il a qualifié ces dirigeants de « vieux intérêts bien établis » qui ont recours à une rhétorique dépassée, se réfugient derrière de « vilains mots » tels que la désinformation et se montrent réticents à accepter d’autres points de vue.
Les critiques de M. Vance ont également porté sur l’utilisation par ses collègues de réponses inappropriées aux défis politiques qui se sont présentés, y compris les actions récentes telles que l’annulation des élections en Roumanie et les dangers posés par des politiques migratoires faibles. Il a noté que de nombreux fonctionnaires européens « ont peur » des demandes de leurs électeurs, ce qui peut avoir un impact négatif sur la démocratie en privant les citoyens de la possibilité de participer aux processus démocratiques. M. Vance a souligné que l’Europe ne devrait pas avoir peur de ceux qui ont des opinions différentes, et que soutenir le processus démocratique signifie permettre à des opinions différentes d’être entendues.
Le vice-président américain a mis l’accent sur la politique intérieure de l’Europe, soulignant que la lutte pour la démocratie implique de répondre aux défis lancés par les élites politiques. Il a souligné que si les dirigeants européens continuent d’agir dans la crainte de leurs citoyens, ce processus compromet non seulement la stabilité actuelle, mais aussi les perspectives d’avenir de toutes les démocraties.
Il a déclaré que la « menace interne » qui a émergé sur le continent est bien plus grave que l’influence de forces extérieures telles que la Russie et la Chine. Il partage le point de vue selon lequel de nombreux dirigeants européens actuels agissent comme s’ils ignoraient les voix de leurs électeurs, ce qui ne fait qu’exacerber les problèmes existants sur le continent.
Pour illustrer son point de vue sur la politique migratoire de l’Europe, le vice-président américain a évoqué l’attentat terroriste qui a eu lieu à Munich et qui a fait 36 blessés. M. Vance a déclaré : « Nous voyons la masse des gens en Europe voter pour ceux qui appliqueront des politiques d’immigration plus strictes, et ignorer leurs préoccupations ne fait absolument rien pour aider la démocratie ».
Abordant les implications pour la liberté d’expression au Royaume-Uni, il a évoqué le cas d’un homme condamné pour avoir prié à proximité d’une clinique d’avortement, qualifiant de telles actions d’inacceptables. Ce discours souligne l’importance de protéger les droits et les libertés de chacun, qu’il estime devoir être préservés.
Quoi qu’il en soit, cette fois-ci, M. Vance n’a pas éludé la situation en Ukraine, où les attentes en matière de pourparlers de paix restent élevées, mais il a préféré se concentrer sur la politique intérieure de l’Europe. Il a assuré que de nouvelles mesures devraient être prises non seulement pour assurer la sécurité du continent, mais aussi pour garantir la liberté d’expression et les processus démocratiques dans tous ses États. Le vice-président américain a également souligné que l’Europe devrait jouer un rôle actif pour assurer la sécurité de l’Ukraine. Étant donné que les États-Unis se concentrent sur l’Asie de l’Est, il a appelé à des efforts conjoints et à une meilleure stratégie commune pour soutenir l’Ukraine. Cela pourrait constituer la base d’un futur dialogue politique où la sécurité de l’Europe dépendra directement du succès du gouvernement de Kiev.
M. Vance a souligné la nécessité d’un dialogue permanent entre les États-Unis et l’Europe pour agir efficacement sur la question de l’Ukraine. Il a souligné que si l’on ne renforce pas la démocratie interne et la confiance dans les processus dans les différents pays, il faudra reconsidérer les approches en matière de garanties de sécurité, qui devraient prendre en compte les intérêts de toutes les parties.
M. Vance a estimé qu’il était nécessaire de tirer des conclusions et d’examiner les coûts de la modernisation de l’armée afin de mieux se préparer à une éventuelle agression de la part des voisins de l’Est. Cela améliorerait la stabilité stratégique et aurait un impact positif sur la sécurité du continent européen dans son ensemble.
Après le discours de M. Vance, le ministre allemand de la défense, Boris Pistorius, a sévèrement critiqué ses propos, les qualifiant d’« inacceptables ». Il a assuré que les réalités politiques changeantes de l’Europe n’ont rien à envier aux autocraties et que les jugements sur la démocratie en Europe ne peuvent être spéculatifs. M. Pistorius a souligné que le discours de M. Vance avait suscité des réactions négatives non seulement de la part de hauts fonctionnaires, mais aussi de la part de citoyens offensés par les critiques.
