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Ibrahim El Amine

Il peut être étrange pour certains au Liban d’entendre des appels à un retour à la guerre. En effet, certains pensent que le rideau a été tiré sur l’ère de la résistance.
Ceux qui sont de cet avis nous demandent d’attendre notre part de tueries quotidiennes, qu’elles viennent d’Israël directement, ou par l’intermédiaire de ses agents qui mettent le feu à la frontière avec la Syrie, ou peut-être par l’intermédiaire de groupes fous qui se préparent à ouvrir la porte à des vagues de conflits civils au Liban, au milieu d’une mobilisation politique, médiatique, sectaire et confessionnelle à laquelle toutes les forces, menées par les pays d’Al-Jazira, participent ensemble cette fois, puisque le Qatar ne se distingue plus de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis en alimentant les conflits au Levant.
Aujourd’hui, l’Amérique joue son rôle le plus sale dans la région, en aidant Israël à exterminer le peuple palestinien, en imposant des ceintures tampons autour de l’entité au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Égypte, et en créant un chaos sanglant dans tous ces pays encerclés. De plus, les États-Unis se lancent aujourd’hui dans une nouvelle et grande aventure au Yémen, visant à mettre le feu à toute la péninsule arabique, avant de s’attaquer à l’Iran, dans une frappe que l’ennemi considère comme le point culminant de la scène de la guerre des sept fronts.
La patience à l’égard de ce qui se passe autour de nous n’est pas une fatalité
C’est un moment qui passera avant que la table ne soit renversée
avant que les tables ne soient retournées contre tout le monde
A Gaza, l’ennemi a pris des vacances pendant des semaines avant de reprendre les tueries et les assassinats, comme il le fait au Liban depuis l’annonce du cessez-le-feu fin novembre. En Syrie, il ne se limite plus à des incursions qui ont conduit à l’occupation de 415 km2 et à la soumission d’une zone plus vaste par le feu, mais l’ennemi est passé à un autre niveau, en commençant à préparer le terrain pour imposer un État sectaire dans le sud de la Syrie contre la volonté de son peuple.
Les Émirats arabes unis sèment le chaos dans le reste de la Syrie, comme le fait l’Occident au nom de la défense des minorités. Le pire, c’est que tout cela se produit au milieu de la folie qui contrôle la direction des groupes qui ont réalisé le grand coup d’État et renversé le régime Assad. Ces groupes errent à l’aveuglette, unis uniquement par la haine de l’autre, sur fond de sectarisme et de fanatisme politique qui tue l’identité nationale, et dirigés par un chef narcissique qui a conclu, après tout ce qui s’est passé, que les Syriens en ont assez du slogan « Notre chef pour toujours », alors il leur a donné son nouveau slogan : « Notre chef jusqu’à nouvel ordre ».
C’est le feu qui enveloppe tout notre pays et conduit les gens vers une nouvelle étape de colère qui peut être difficile à contrôler avec le temps, au milieu de slogans ennuyeux, y compris les légendes de la Rahabneh qui dominent la scène au Liban, contrôlent le discours des piliers du pouvoir, quels que soient leurs positions, leurs noms et leurs identités, et habitent le discours des forces alliées au nouveau pouvoir, ainsi que les médias des « médias de toutes les époques », alors que le Liban vit sous la pire tutelle américano-saoudienne qui ne laisse rien sans censure, examen et interférence. Elle obéit à une autorité qui nous menace à chaque heure de faire taire les voix discordantes sous prétexte de ne pas compromettre les relations du Liban !
Aujourd’hui encore, les Libanais enregistrent dans le sang une grande partie des brimades et des actes de violence perpétrés par Israël, avec le soutien et le partenariat total des États-Unis et du Royaume-Uni, pour assurer la sécurité d’Israël, même au prix de l’assassinat de tous ceux qui refusent l’occupation et du maintien des personnes déplacées de leurs maisons et de leurs moyens de subsistance.
Mais les Libanais sont également confrontés à une menace plus insidieuse, représentée par des groupes venus de l’Est, avec le slogan « nettoyer la maison des impuretés » et un chœur de fous qui ne savent que jouer du tambour pour le roi régnant.
La Syrie compte des opposants au nouveau régime qui nous montrent chaque jour qu’ils manquent aussi de cervelle, notamment certains Druzes du sud de la Syrie qui promettent la protection éternelle d’Israël, et des Kurdes de l’est de la Syrie qui veulent à tout prix diviser le pays.
Récemment, des voix alaouites de la côte les ont rejoints, justifiant une alliance avec le diable sous le prétexte de survivre au feu, tandis qu’aux murs de Damas se dressent des factions qui ne peuvent être unies par une bande de slogans creux, des factions qui rétablissent leur domination dans des cercles géographiques étroits, croyant que c’est « le temps de Bab al-Hara », tandis que les Syriens errent une fois de plus sur leurs visages, avec une nouvelle vague de déplacements massifs avec une couleur et un titre différents, mais le même destin. Autour de la Syrie, les Irakiens se battent pour une abominable formule de gouvernement sectaire qui n’apportera que destruction et mort au pays, tandis que le roi de Jordanie annonce qu’il est prêt à faire tout ce qu’il faut pour s’assurer le parrainage américain du transfert de son pouvoir à son fils.
Au Liban, nous vivons l’étape d’un coup d’État contre l’accord de Taëf, et chaque phrase dans le discours d’un officiel sur la nécessité d’adhérer à Taëf et à sa mise en œuvre littérale est en fait une invitation à accepter une nouvelle interprétation de l’accord.
Le Président de la République se comporte comme s’il était à l’époque d’avant Taëf, et il bénéficie d’un soutien sans égal des Américains, des Saoudiens et d’autres, tandis que le Premier ministre est plongé dans le casse-tête des meilleures réformes pour un pays qui n’a pas d’eau potable.
Parce que Nawaf Salam n’est pas dans les calculs de construction d’un leadership même à la taille du chef de Beyrouth, il a pratiquement concédé que tout est entre les mains de l’habitant du palais. Depuis la formation du gouvernement, il n’y a pas eu un seul pas qui permette de dire que Salam veut vraiment protéger l’accord de Taëf.
Le pire, c’est qu’il est d’accord avec Aoun pour dire que la stabilisation du gouvernement est une priorité qui passe avant d’autres priorités qui accaparent les Libanais, qu’il s’agisse d’éliminer les effets de la guerre et de l’agression, de stimuler l’économie épuisée, de pourvoir les postes vacants dans l’administration publique et de la rationaliser, au lieu de se préoccuper uniquement de renforcer les effectifs des forces de sécurité et militaires, alors que l’on voit rarement un policier organiser la circulation dans les rues de la capitale.
Cela s’accompagne d’un débat stérile sur la manière de répartir les pertes entre les citoyens, car les voleurs refusent de rendre compte de leurs actes, qu’ils soient dirigeants, propriétaires d’entreprises, banquiers ou détenteurs d’influence au nom de la secte, du quartier et de la commune. Dans le même temps, les « yuppies » renouent avec le luxe de la consommation aveugle, pour s’entendre dire, comme toujours, que les restaurants sont pleins de monde, alors pourquoi se plaindre ?
Mais la calamité ne s’arrête pas aux portes de toutes ces personnes, elle frappe plutôt aux portes de ceux qui sont censés reconsidérer toutes les politiques, les priorités et les mécanismes susmentionnés. Cette catégorie de personnes n’est ni peu nombreuse ni étroitement répartie.
Elle est présente dans tous les coins où l’oppression de l’occupation, la faim, la répression, le meurtre aveugle et la recherche du meilleur sont présents. Alors que nous attendons qu’un jeune émerge parmi nous, l’esprit et les mains libres, nous devons être conscients que la patience à l’égard de ce qui se passe autour de nous n’est pas un destin inévitable, mais plutôt un moment qui passera.
Quand l’heure sonnera, personne n’attendra un décret ou une déclaration numéro zéro, ce sera juste une initiative qui balaiera tout ce qui l’entoure et ouvrira la porte au temps du retour à l’ère de la résistance !