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Par Elijah J. Magnier 

L’on ne devrait pas s’attendre à la conclusion d’un accord sur le nucléaire entre les États-Unis et l’Iran de sitôt, voire à tout jamais. L’histoire ne manque pas de précédents révélateurs. L’accord-cadre de 1994 entre les États-Unis et la Corée du Nord s’est effondré du fait d’un changement de leadership aux États-Unis et d’une méfiance mutuelle, ce qui a conduit Pyongyang à relancer son programme d’armement. De même, l’accord de désarmement de 2003 avec la Libye a conduit à un changement de régime et au chaos. Téhéran craint donc que le désarmement proposé ne soit qu’un prélude à de futures interventions. Ces exemples passés ont valeur d’avertissement et expliquent pourquoi l’Iran exige des garanties infaillibles avant de conclure un nouvel accord.

Il a fallu des années de diplomatie laborieuse pour parvenir à l’accord de 2015 sous Barack Obama, que Donald Trump a déchiré en une seule journée après son entrée en fonction en 2018. Le chemin vers un nouvel accord est parsemé d’embûches non résolues, de méfiance et d’une absence de garanties. Malgré les menaces de guerre et les rameaux d’olivier occasionnels, un accord est loin d’être conclu.

Les États-Unis savent exactement où se trouvent les installations nucléaires, les bases militaires et les grandes villes de l’Iran. De même, l’Iran connaît l’emplacement des bases militaires américaines dans tout le Moyen-Orient, ainsi que des installations militaires et nucléaires israéliennes. Les deux parties sont conscientes des conséquences d’un affrontement à grande échelle. Une guerre risquerait de causer des pertes militaires et humaines considérables et entraîner une escalade régionale incontrôlable. Tout cela crée un climat tendu, où la rhétorique peut s’intensifier, mais où aucune des deux parties ne veut vraiment être celle qui déclencherait un conflit catastrophique.

L’Iran a une fois de plus rejeté la perspective de pourparlers directs avec les États-Unis, malgré la pression croissante et les ouvertures publiques de l’administration Trump. Le président américain, dont le deuxième mandat est bien entamé, semble désireux de résoudre l’une de ses plus anciennes contradictions en matière de politique étrangère : revenir à une version de l’accord sur le nucléaire de 2015 dont il s’est unilatéralement retiré.

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