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Peu de temps après son appel avec le président russe, Donald Trump contacte plusieurs dirigeants européens. Au cours de cette discussion, le chef d’Etat américain tient un discours qui dénote avec toutes ses récentes prises de position.

Marie Rigot

US President Donald Trump looks on as he meets with South African President Cyril Ramaphosa in the Oval Office of the White House in Washington, DC, on May 21, 2025. South African President Cyril Ramaphosa meets Donald Trump on Wednesday amid tensions over Washington's resettlement of white Afrikaners that the US president claims are the victims of "genocide." (Photo by Jim WATSON / AFP)
Donald Trump a reconnu pour la première fois que Vladimir Poutine ne voulait pas la paix.

Les jours passent et se ressemblent du côté des négociations russo-ukrainiennes. Au grand dam du président américain. Donald Trump, qui s’était engagé durant la campagne à régler le conflit en Ukraine en 24 heures, a dû reconnaître que les discussions étaient dans une impasse. Les pourparlers organisés à Istanbul n’ont pas permis de déboucher à un cessez-le-feu. Les deux parties se sont quittées sans même l’ombre d’un accord. Mais le président américain n’avait pas dit son dernier mot.

Pour tenter de pousser Ukrainiens et Russes à se remettre à table rapidement, le locataire de la Maison-Blanche a directement échangé avec Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. Les coups de fil, organisés l’un après l’autre ce lundi 19 mai, ont été très « instructifs« , selon les dires du chef d’Etat républicain. Il s’est d’ailleurs montré très optimiste quant à la suite : « La Russie et l’Ukraine vont immédiatement entamer des négociations en vue d’un cessez-le-feu et, plus important encore, de la fin de la guerre.« 

Mais, en privé, le ton était bien différent. Comme le dévoile le Wall Street Journal, le président américain a contacté dans la foulée de ces appels plusieurs leaders européens, dont Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni. Il a également convié le chef d’Etat ukrainien aux discussions. « Le deuxième appel était plus long et d’une nature différente du premier », a confié Volodymyr Zelensky.

Le président américain reconnait (enfin) que Vladimir Poutine ne veut pas la paix

Trois sources anonymes ont détaillé la teneur des échanges au Wall Street Journal. Et, selon celles-ci, les propos tenus par Donald Trump auprès des dirigeants européens ne correspondent pas au discours qu’il a prononcé face à la presse. Ainsi, le locataire de la Maison-Blanche aurait clairement indiqué que Vladimir Poutine n’avait nullement l’intention de mettre fin à la guerre « parce qu’il est persuadé qu’il est en train de gagner ». Le milliardaire avait dit tout le contraire pourtant à plusieurs reprises, le jour même, face caméra. Et il est allé plus loin encore puisqu’il a reconnu avoir également l’intime conviction que Moscou avait le dessus.

Le Financial Times, qui a rapporté des informations similaires, précise que les leaders européens étaient « stupéfaits » par cet échange avec Donald Trump. En effet, si aucun d’entre eux n’était dupe quant aux intentions du président russe, ils n’avaient jamais entendu le chef d’Etat américain s’exprimer ainsi au sujet de Vladimir Poutine. « C’était la première fois qu’ils l’entendaient directement de la bouche de Trump », écrit le Wall Street Journal. « Cela contredit également les déclarations antérieures du président américain selon lesquelles Poutine souhaite réellement la paix. »

« Donald Trump se fait balader »

Interrogé par La Libre sur le fameux appel entre Trump et Poutine, Tanguy Struye, professeur en Relations internationales à l’UCLouvain, a estimé que le président américain « se faisait balader » sur la question ukrainienne. « Il faut une nouvelle fois regretter que les Américains n’ont absolument rien obtenu des Russes. En fait, ce qu’ils ont obtenu, c’est simplement qu’on va renégocier encore une fois – pour la dixième fois peut-être – un cessez-le-feu. Mais cela dure depuis trois mois et on tourne en rond. »

L’expert voit également une tentative du républicain de déjà se dédouaner en vue d’un futur échec des négociations: « C’est typique du président Trump, la responsabilité sera portée vers quelqu’un d’autre. Que ce soit en politique intérieure ou extérieure, c’est toujours la faute de quelqu’un d’autre. Mais dans le cadre de ce dossier ukrainien, j’insiste sur le fait qu’il s’agit d’un échec total de l’administration Trump. »

La Libre